Jacques-Louis de La Hamayde de Saint-Ange est né le et baptisé le à l'église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris. Son père est Chrestien-Louis de La Hamayde de Saint-Ange, un bourgeois qui exerce des professions variées entre 1780 et 1793, parmi lesquelles "écuyer", commis et employé à la Trésorerie[1]. Sa mère est Louise Coursière. Jacques-Louis de La Hamayde de Saint-Ange a une soeur, Marie-Louise, née en 1781, et un frère, Antoine-Jean, né en 1782[1].
Il épouse Désirée-Alexandrine Adenis de la Rozerie (1789-1858) le à Paris. Celle-ci décède en 1858 à leur domicile du 38 rue des Petites-Écuries, dans la même ville[2].
Formation et débuts
Les dates exactes du début de son intérêt et sa formation en architecture ne sont pas connues; cette dernière est relatée dans une note autobiographique à destination du Mobilier de la Couronne, que Saint-Ange rédige a posteriori, en 1823[1]. Il se serait ainsi formé à l'architecture auprès d'Antoine Vaudoyer, avant de rejoindre les architectes Charles Percier et Pierre Fontaine. Il aurait étudié l'architecture à l’École des beaux-arts de Paris (alors dite "École spéciale d'architecture"), et été employé par Alexandre de Gisors et Louis-Pierre Baltard, assistant ce dernier dans la rédaction de son livre consacré aux monuments parisiens. Il aurait également travaillé pour la Commission d’Égypte[1]. À l'âge de vingt ans, en 1800, il serait rentré au service d'Alexandre-Théodore Brongniart[3].
Carrière de dessinateur
Dessin de Saint-Ange pour le tapis de chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Sous l'Empire
En 1806, Alexandre-Théodore Brongniart, inspecteur du Mobilier impérial, le charge de «faire des dessins pour les différentes manufactures dépendant de cette administration»[1],[3]. Deux ans plus tard, en 1808, Brongniart le charge de la sous-inspection des travaux du palais de la Bourse[3].
Il débute ainsi sa longue carrière de peintre, délivrant des dessins de style néoclassique, modèles pour la fabrication de tapisserie et de tapis au sein des manufactures impériales puis royales. En début de carrière, il réalise un petit nombre de dessins pour la manufacture de Sèvres, notamment pour le Service olympique, très influencé par Brongniart[1],[3].
Il collabore dès cette période avec le manufacturier Jean Sallandrouze, sieur de Lamornaix (1760-1826)[4], dont il réalise plus tard le dessin de la pierre tombale pour le cimetière du Père Lachaise[5].
Sous la Restauration
Saint-Ange est nommé dessinateur au Garde-meuble de la Couronne en 1816 aux côtés de Jean-Démosthène Dugourc[2], et en reçoit le brevet le . Il y est rémunéré à hauteur de 600 francs par an, auxquels s'ajoute le paiement de chaque dessin qu'il fournit[2]. Il produit de nombreux dessins pour le Garde-Meuble, dont celui d'un tapis pour le salon du Conseil du château de Versailles. Cette maquette très remarquée contribue à sa promotion au titre de dessinateur de la chambre de Monsieur, futur Charles X, le [3]. À ce poste il réalise, entre autres, les dessins pour le tapis de chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, commandés le [2]. De style néo-gothique, ce dernier fait figure d'exception dans son œuvre, qui reste marquée par les formes inspirées de l'Antiquité[3].
Il dessine également les maquettes pour le mobilier de la chambre du Roi au palais des Tuileries, commandé par Louis XVIII en 1817[6], ainsi que des modèles de tapisserie, tapis et garnitures de sièges pour d'autres résidences royales.
L'influence de Saint-Ange sur la production des manufactures royales décroît sous la Monarchie de Juillet, et les manufactures de Beauvais et la Savonnerie commandent fréquemment des modèles auprès d'autres artistes. Le dernier dessin connu qu'il réalise pour les manufactures royales est daté de 1844. Il prend sa retraite en 1847, alors âgé de 67 ans[2].
Décès et postérité
Saint-Ange meurt le , à son domicile parisien du 19, cour du Commerce, où il avait déménagé après la mort de sa femme et pour se rapprocher de son neveu Paul Flamant, fils de sa sœur Marie-Louise et qui exerce la profession d'architecte[2],[8].
Un grand nombre des dessins qu'il a réalisés dans le cadre de ses fonctions officielles auprès du Garde-Meuble sont aujourd'hui conservés dans les collections d'arts graphiques du Mobilier national[2].
↑Ruth Fiori, «FLAMENT , Paul Antoine Louis», sur Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
Chantal Gastinel-Coural, Les tapis du pouvoir: la Manufacture de la Savonnerie dans la première moitié du XIXe siècle, Dijon, Faton, édition établie par Jean-Pierre Samoyault, , 461p. (ISBN978-2-87844-279-3)
Jean-François Luneau (dir.), Sallandrouze de Lamornaix 1801-1878: histoire d'une manufacture d'exception, Milan, Cinisello Balsamo, , 655p. (ISBN978-88-366-4874-0)
Isabelle Pébay-Clottes, «Le berceau en son décor», Bulletin de la Société des Amis du château de Pau, no145, , p.92-93.
Sylvain Cordier, «Deux projets pour le fauteuil du trône de Louis XVIII par Dugourc et Saint-Ange», Revue de l'art, no160, , p.69-71.