Jacques-Marie-Joseph Baillès
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| Jacques-Marie-Joseph Baillès | ||||||||
La plaque commémorative du caveau des évêques dans le déambulatoire nord de la cathédrale de Luçon. | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Naissance | Toulouse |
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| Ordination sacerdotale | ||||||||
| Décès | (à 75 ans) Rome |
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| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Ordination épiscopale | par Césaire Mathieu | |||||||
| Dernier titre ou fonction | Évêque émérite de Luçon | |||||||
| Évêque de Luçon | ||||||||
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| Monstra te matrem | ||||||||
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Jacques-Marie-Joseph Baillès, né le à Toulouse (Haute-Garonne) et mort le à Rome (Italie), est un prélat catholique français, évêque de Luçon de 1845 à 1856. Son épiscopat est marqué par de nombreux conflits, en particulier avec le gouvernement impérial. Poussé à la démission par le pape Pie IX en 1856, il est appelé à Rome en tant que consulteur à la Congrégation de l'Index, où il entreprend la censure de la littérature française de son époque[1].
Prêtre
Jacques-Marie-Joseph Baillès naît le à Toulouse, dans une famille religieuse. Il effectue ses études au séminaire de son diocèse puis est ordonné prêtre à 23 ans par Anne-Antoine-Jules de Clermont-Tonnerre[2].
Remarqué par Étienne-Bruno-Marie d'Arbou (eu) pour sa science, il suit ce dernier comme secrétaire à l'évêché de Verdun en 1823 puis comme vicaire général à celui de Bayonne en 1830. Il devient par la suite vicaire général du diocèse de Toulouse, jusqu'à son élévation à l'épiscopat. Il se fait peu à peu remarquer pour son ultramontanisme, son zèle et son caractère intraitable[1].
Évêque de Luçon
Nommé évêque de Luçon le , préconisé le , puis sacré à Paris le de l’année suivante[2], Jacques Baillès prend possession de son diocèse le . Dès son arrivée, si sa science et sa piété sont reconnues, son intransigeance, son rigorisme et ses maladresses lui suscitent de vives rancœurs. Son épiscopat est marqué par plusieurs crises. La révocation sans procès canonique de l'abbé Pierre Piveteau, curé de Rocheservière, six mois après son arrivée, fait scandale. Et déjà, dans le contexte concordataire de l'époque, les suites de cette affaire sont l'occasion de conflits entre l'évêque et le préfet. Puis en , Jacques Baillès réagit vivement à la nomination au lycée de Napoléon-Vendée d'un professeur de philosophie israélite, Isidore Cahen. Après une vive polémique, le professeur est remplacé.
Il relaie avec zèle dans son diocèse les publications de l'Index, augmentant même la liste des livres interdits, et encourage les curés à contrôler les lectures de leurs paroissiens[1].
Enfin, il manifeste à plusieurs reprises son opposition au Second Empire. Son appel à l'abstention lors du plébiscite de 1851 sera suivi par 42 % des électeurs vendéens. Par la suite, lors du rétablissement de l'Empire, il est le seul évêque de France à refuser de chanter un Te Deum en l'honneur du nouvel empereur[3]. Il refuse également la consigne de faire chanter Domine salvum fac Ludovicum Napoleonem à la fin des messes. Son attachement actif et permanent au légitimisme est connu et , à tel point qu'en 1855, il figure en tête d'une liste de 10 personnes considérées comme dangereuses envoyée par le préfet au gouvernement. Jacques Baillès y est décrit ainsi : « Homme d'action, chef du parti légitimiste exalté en Vendée, ne reculant devant aucun moyen pour exciter un soulèvement en faveur de la branche aînée des Bourbons. »[4].
Sur intervention du gouvernement français, le pape Pie IX lui demande plusieurs fois de démissionner, ce qu'il finit par accepter en .
À Rome
Reçu à Rome par le pape, il entre dans la Congrégation de l'Index comme consulteur le . Là, il va s'attacher à examiner la littérature française de son époque pour évaluer ce qui mérite d'être censuré. Et comme dans son diocèse, il se montre particulièrement zélé. On lui doit la mise à l'index des Misérables d'Hugo ainsi que des œuvres de George Sand, Flaubert, Zola, Balzac et de nombreuses autres grandes figures contemporaines.
Il participe au premier concile du Vatican[2].
Il meurt à Rome à l'âge de 75 ans le . Ses restes sont rapatriés le pour être inhumés dans le caveau des évêques sous le chœur de la cathédrale de Luçon.