Il retourne au Chili en 1994 et continue à participer au débat public, en tant qu'intellectuel critique du système néolibéral, consulté par des organisations altermondialistes.
Diplômé d'agronomie en 1949, il travaille ensuite comme administrateur du domaine Los Silos de Pirque. Il accède à une bourse de l'Université de Paris et obtient un doctorat en viticulture, en plus d'étudier les sciences politiques.
De retour au Chili, il travaille au Ministère des Terres et de la Colonisation. Il est affecté à un projet d'étude et d'exploitation dans la région d'Aysén et de l'Archipel de Chiloé. Ensuite, il travaille à la Direction de l'économie agricole du ministère de l'Agriculture. Il repart à l'étranger, grâce à une bourse des Nations unies, il étudie l'économie à Londres , en se concentrant sur les problèmes liés à l'agriculture. Il a fréquemment travaillé pour la FAO et la CORFO , ce qui l'amène à fréquemment voyager à l'étranger.
Il dirige l'ensemble du processus de réforme agraire, participant à l'élaboration d'une loi. En 1965, il se rend au nom du gouvernement à une réunion de la FAO qui s'est tenue à Rome .
Pendant son mandat à l'Institut de développement agricole, le Parti démocrate-chrétien adopte en 1967 au Congrès une réforme agraire, basée sur un mode de production capitaliste, souhaitant améliorer la productivité des paysans[2]. La loi a permis une expropriation des terres rendues à des familles, la participation des paysans aux décisions et l'augmentation considérable des organisations syndicales paysannes[2].
Néanmoins, en tant que l'un des idéologues de la voie non capitaliste du développement agricole, qui cherchait à transformer les agglomérations rurales en «bien commun», opposé à l'amélioration des conditions de la bourgeoisie paysanne[2]. Il entre en conflit avec la position modérée d'Eduardo Frei Montalva, qui le conduit à s'éloigner de la position du gouvernement. En 1969, il démissionne de ses fonctions de vice-président.
Le courant favorable aux discussions à gauche l'emporte et Jacques Chonchol est nommé Secrétaire général du parti et ensuite désigné par le parti comme candidat à la présidence de la République pour l'élection de 1970. Lors d'une réunion des partis de l'Unité populaire qui doit définir le candidat de la gauche, il retire sa candidature en , qui facilite la candidature unique de Salvador Allende.
Ministre de l'Agriculture et mise en place de la réforme agraire (1970 - 1972)
Lorsque Salvador Allende est élu président, le , Jacques Chonchol est nommé ministre de l'Agriculture. Il est notamment chargé d'approfondir la réforme agraire, notamment d'accélérer les expropriations et transformer les terres en coopératives régionales[3]. L'autre objectif du gouvernement d'Allende fut également d'augmenter le niveau de vie des paysans pauvres, avec un programme d'investissement étatique[2]. Pendant la mise en place de la réforme, de nombreuses propriétés sont expropriées, par l'intermédiaire du rachat par la Corporation de la réforme agraire(es) ou par la pression avec la saisie de fonds.
Néanmoins, par la promesse de l'Unité populaire de ne mener aucune action de répression envers les paysans, il y a eu une forme de radicalisation par la base. Les paysans, parfois partisans de l'Unité populaire, ont déclenché des occupations de terres et d'usines, pour lutter contre la bourgeoisie paysanne et les grands propriétaires terriens. L'objectif est une expropriation populaire, certains jugeant l'action du gouvernement trop lente[2]. Ces différentes occupations et actions paysannes ont provoqué de nombreux morts.
Création de la Gauche chrétienne, parti influencé par la théologie de la libération
Tandis que Jacques Chonchol est ministre de l'Agriculture au sein du gouvernement de Salvador Allende et s'attache à mettre en place la réforme agraire portée par l'Unité populaire, il participe à la création du nouveau parti de la Gauche chrétienne(es) en . Il démissionne du Mouvement d'action populaire unitaire le mois suivant, en août[4],[5].
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Durant son exil en France, Jacques Chonchol sera hébergé à Paris, rue de la Verrerie avec son épouse Maria, qui travaillait pour l'UNICEF, et leur fils Diego.
Régis Debray soutenait la famille.
Jacques Chonchol a participé aux travaux de solidarité avec le peuple chilien, via l'association des Amitiés Franco-Chiliennes, que la mouvance catho progressiste "Vie Nouvelle" soutenait.
Durant cette période, il a régulièrement témoigné de son travail au ministère de l'agriculture et a publié de nombreux ouvrages dont "CHILI: DE L'ECHEC A L'ESPOIR aux Éditions Cerf[6].
On retrouve son parcours dans l'ouvrage " Un chrétien révolutionnaire dans la politique chilienne du XXeme siècle."
↑Claudio Robles Ortiz, «Affronter l’État: Mobilisation et conflits autour de la réforme agraire au sud du Chili sous le gouvernement de l’Unité populaire», dans Terre, États et communautés en Amérique latine: Droits de propriété et construction politique dans la longue durée, Presses universitaires de Franche-Comté, coll.«Les Cahiers de la MSHE Ledoux», (ISBN978-2-38549-171-0, lire en ligne), p.253–278
↑(es) Patricio Dooner, Cronica de una democracia cansada: El Partido Democrata Cristiano durante el Gobierno de Allende, Instituto Chileno de Estudios Humanísticos, , 199p., p.47
↑Jacques Chonchol et Claudio Robles Ortiz, Jacques Chonchol: un cristiano revolucionario en la política chilena del siglo XX: conversaciones con Claudio Robles Ortíz, Ediciones Universidad Finis Terrae, coll.«Diálogos contemporáneos», (ISBN978-956-7757-73-2)