Jacques Collot
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Neurey-lès-la-Demie
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 80 ans) Neurey-lès-la-Demie |
| Nom de naissance |
Jacques Lucien Marguerite Collot |
| Nationalité | |
| Activité |
garagiste, spéléologue, pilote de moto vitesse |
| Père |
Lucien Charles Auguste Collot (Vesoul 1890 - Vesoul 1975) |
| Mère |
Marie Jeanne Boisson (Montbozon 1893 - Vesoul 1983) |
| Fratrie |
Jean Jules Eugène Collot (Navenne 1917 - Béthune 1940) |
| Cheveux |
blonds |
|---|---|
| Yeux |
bleus |
| Sport |
Jacques Collot, né le et mort le , est un pilote de vitesse moto français.

Jacques Collot est né le à Vesoul. Il fut apprenti mécanicien chez le constructeur de motos Terrot (Dijon), résistant, policier militaire[1], archéologue et spéléologue au sein du Spéléo-Club de Vesoul (SCV) et de l’Association Spéléologique de l'Est (ASE), plongeur, garagiste, amateur d'antiquités.
Il est connu pour sa carrière de pilote motocycliste privé entre 1947 et 1959, sur Terrot, Gilera et surtout Norton Manx. Il fut sacré 2 fois Champion de France Inters dans la catégorie 350 cm3 (1956 et 1958) et surtout six fois Champion de France Inters dans la catégorie 500 cm3 (1952, 1953, 1954, 1955, 1957 et 1958).
Ses parents Lucien et Marie Collot, mariés en 1916, ont eu un premier fils prénommé Jean en 1917. Ils avaient ouvert une épicerie puis un garage Terrot et Shell au boulevard de Besançon à Vesoul. En plus des travaux à l'atelier, Lucien Collot travaillait au dépôt ferroviaire de la Compagnie de l'Est.
État-major FFI départemental
Jean Collot, son frère aîné, est mobilisé en 1939 au 2e escadron du 11e Chasseurs de Vesoul avec le grade de maréchal-des-logis[2] . Il est affecté au 4e GRDI (Chef d'Escadrons de Moustier) et passe chef. Blessé au guidon de son side-car le à Verlinghem (Nord) en tentant de forcer les lignes ennemies, il meurt des suites de ses blessures à l'hôpital militaire Saint-Vaast de Béthune le [3]. Cela détermine en bonne partie l'engagement de Jacques Collot dans la Résistance.
La collecte de renseignements
La nuit, Jacques Collot décroche les affiches de propagande pour le STO ; il collecte aussi des renseignements (qui seront acheminés ensuite à Paris ou en Suisse) pour le Service de Renseignements (SR)[4]. Ainsi, il participe à la prise de films du camp d'aviation allemand de Luxeuil, grâce à une caméra cachée dans un tonneau attaché sur le toit d'un véhicule entre des valises. Avec le photographe vésulien René Larcher, il filme également des convois de véhicules et de troupes ennemis. Il connaît bien aussi certains membres d'autres réseaux présents à Vesoul, comme Défense de la France, Marco Polo devenu Béarn en 1943, Lorraine ou encore Libé-Nord qui font le même travail et prennent en charge des évadés, cache des réfractaires au STO etc.
Le groupe Bir-Hakeim
Devenus réfractaires au STO, Jacques Collot et quelques amis vésuliens eux aussi en contact avec différents réseaux de renseignements (Pierre Clave, Roger Raymond et Jean Dené) établissent une modeste cache d’armes à la grotte d’Échenoz, constituée de matériel et de munitions récupérées çà et là. Ils s'y réunissent de temps à autre, et bientôt, Ils décident de constituer un maquis baptisé Bir Hakeim établi à la date du au lieu-dit La Côte aux Bornes, dans une ferme abandonnée depuis des décennies. Jacques Collot avait reconnu l'endroit lors d'une fouille du SCV en . Ils connaissent les difficultés du ravitaillement en temps de pénuries : les repas se limitent alors à bien peu de choses : des sardines, du sucre, etc. Ils sont d'abord équipés de 13 fusils mousquetons apportés par M. Arranz, un habitant du Magnoray qui les avait récupérés vraisemblablement après la débâcle de 1940.
Puis ils obtiennent enfin du matériel anglais (des PM Sten notamment) provenant peut-être du parachutage effectué le sur le terrain Brahms, et récupéré à l'époque par l'équipe Tinchant[5]. Quelques jours plus tard, le groupe Bir Hakeim part et construit une baraque au lieu-dit La Côte, un campement moins sommaire et plus fonctionnel. Quelques armes françaises ont été récupérées, notamment un FM 24/29 sans culasse découvert dans la tour du château de Rupt-sur-Saône et rafistolé par le serrurier vésulien Choffel. D’autres résistants les rejoignent : les frères Rousselle, Jacques Delaval, Roger Vilminot, Marcel Péronniat… Le groupe s’installe près de Vellefaux, tantôt dans l’ancienne mine, tantôt dans les bois, en attendant l’achèvement d’une nouvelle baraque. Des grenades dégoupillées sont suspendues dans les buissons environnants, afin de prévenir toute incursion de patrouilles ennemies. D'autre part, pour échapper à un éventuel repérage ou une dénonciation, une nouvelle baraque en bois est construite au lieu-dit Le Ronvaux par Jacques Collot et Vogt. Peu après, le groupe Bir-Hakeim change encore de localisation : il trouve refuge au village abandonné des Evêques, près d’Andelarre.
Le Groupe de protection de l'état-major FFI
Le , l’État-Major FFI départemental dominé par Défense de la France prend officiellement le maquis à Dampierre-sur-Linotte au lieu-dit La Ferme des Roussey. Du coup, l’époque héroïque du Groupe Bir Hakeim s’achève car il est officiellement désigné comme Groupe ou section de protection de l’État-Major FFI, renforcé par huit résistants supplémentaires et confié à la responsabilité de Marcel Péronniat (adjoint : Marcel Rouselle). Jacques Collot reçoit le pseudonyme Paillasse et le grade de sergent FFI.
À la fin du mois de , l’État-Major déménage à Filain, plus précisément au lieu-dit La Ferme des Monnins, avec l'accord de son exploitant Albert Py. Courant juillet, l'État-Major part de la ferme des Monnins pour s'installer au moulin Jean Bart, à Quenoche. Jacques Collot, en moto, traversera quelquefois des secteurs dangereux afin de porter des messages. Début août, l'État-Major déménage à Loulans-les-Forges, dans une maison située dans le parc des Grîmes. À la fin du mois, il retourne aux Monnins. Jacques Collot participe évidemment aux actions du groupe de protection de l'été 1944 : quelques sabotages, des attaques de convois par embuscades sur l'axe Vesoul-Besançon (RN 57), aux alentours de Rioz et Authoison. Le , l'État-Major, attaqué par un détachement allemand, se replie précipitamment à la ferme des Goichots; tandis que le Commandant Guépratte, Jacques Delaval, Roger Poirot et Jacques Collot tentent de défendre l'accès au bâtiment, qui sera finalement incendié par l'ennemi. Revenus sur place le lendemain, les maquisards rencontrent les premiers éléments de la 3e DI américaine. Jacques Collot fait partie de ceux qui vont monter sur les chars Sherman afin de les guider vers Vesoul; il sera présent au défilé des FFI le à Vesoul, entouré de ses amis Roger Poirot et Pierre Clave. Avec la mise en place du préfet Thomassin et le retour d'un pouvoir légal civil, l'ex-État-Major s'installe de fait à l'Hôtel Mercédès et ses anciens maquisards sont affectés quelque temps à des missions de police[1]. Jacques Collot (matricule no 5821), reconnu comme ayant servi dans les FFI d' au , sera décoré de la Croix de guerre avec étoile de vermeil[6]. Il a contracté un engagement volontaire " pour la durée de la guerre au titre du Bataillon de Marche de la Haute-Saône " jusqu'au de la même année. Ensuite, il est affecté à la Sécurité Militaire Territoriale (2e Bureau), placée sous les ordres du Colonel Lefait, du au . Puis, il est employé par le 5e Bureau de la Subdivision Militaire de la Haute-Saône à Vesoul; il sera promu sergent-chef et démobilisé le [7].
Archéologie
Explorations archéologiques à Champdamoy (Quincey, Haute-Saône) en 1942
Au début de l'année 1942[8], sur une intuition, Jacques Collot, alors jeune chef du matériel du SCV, mène de nouvelles recherches dans la grotte de Champdamoy (Quincey). L’Est Républicain expliquera qu’il s’était mis « à étudier seul, et sérieusement, une épaisse documentation et se plongea dans la lecture de traités de spéléologie et d’archéologie ». Force est de constater qu’« au début les résultats furent décevants et les recherches furent provisoirement abandonnées ». Cet arrêt provisoire de l’exploration était dû essentiellement à d’importants blocs rocheux qui empêchaient toute progression. Une sortie récréative du SCV est planifiée le pour voir l’avancée des travaux et un dîner est même organisé sur place en présence du président spéléo belfortain Sahler. Jacques Collot reçoit les encouragements du SCV et du pharmacien vésulien Georges Garret : « Il y a encore de beaux jours pour le Spéléo-Club de Vésulien, d’autant plus qu’il voudra s’attaquer à cette question de l’homme préhistorique si passionnante et qui jusqu’ici n’a été qu’ébauchée »[9]. Jacques Collot met au jour des restes de poterie d'époque néolithique et des traces de foyers sous des coulées stalagmitiques ; mais rien de bien probant, en vérité.
Reprise des travaux et découvertes en 1944
Les travaux d’excavation se poursuivent au début de l’année 1944 avec l’aide précieuse des frères Jean et Robert Vautrain et en dépit des convocations du STO pour aller travailler en Allemagne. Jacques Collot déclare : « À Champdamoy où des fouilles furent entreprises depuis quelque temps, des résultats ont déjà été acquis : à 2,40 m de profondeur beaucoup de fragments de vase furent découverts et un foyer préhistorique fut mis au jour, sous une couche pure de 30 cm de stalagmite, cela nous montre bien que la grotte fut habitée depuis les temps les plus reculés et que les hommes préhistoriques se disputaient cette demeure à cause de l’eau proche et aussi au grand avantage qu’elle présente d’être tournée au soleil. Beaucoup de travaux sont encore à faire, pour trouver quelque chose d’intéressant, mais le travail est dur et la main-d’œuvre manque »[10]. Ces efforts sont fructueux au printemps, mais la participation active de Jacques Collot au sein du Groupe de protection de l’état-major FFI départemental va retarder la progression des recherches. Après la Libération de Vesoul (), les opérations d’excavation reprennent grâce à quelques prisonniers de guerre mis à la disposition du SCV pour plusieurs mois.
- La découverte d’une chambre funéraire ()
Jacques Collot rappelle qu’un squelette portant un bracelet en or avait déjà été mis au jour dans cette grotte autrefois. Des traces des occupants néolithiques du secteur sont finalement mises au jour peu à la fin de l’été 1945, et plus particulièrement le : l’existence d’une chambre funéraire contenant des vases de l’âge du bronze est révélée. Cet événement archéologique confirme de façon indéniable la présence de l’humain dans le secteur de Quincey, de Frotey-lès-Vesoul et sur les hauteurs du Sabot, au moins depuis l’époque néolithique. Le SCV avoue attendre « le rapport de M. Collot, sur les fouilles préhistoriques qu’il a menées aux grottes de Quincey, et au cours desquelles il a découvert de nombreux fragments de poteries néolithiques, et des restes de foyers dissimulés sous des coulées stalagmitiques »[11]. Sa courte synthèse sur les fouilles archéologiques de la grotte de Champdamoy paraîtra dans le bulletin n° 2 de l’ASE () et dans le Bulletin de la Société préhistorique de France[12], puis dans une brochure du SCV[13].
Spéléologie
La catastrophe de Blamont (Doubs)
Le [14],[15], sept spéléologues de Lure et Belfort sont victimes d'une violente crue survenue dans le Trou de la Creuse, à Blamont (Doubs). Six d'entre eux meurent par noyade, et seul le docteur André Mairey survivra en se réfugiant dans une partie émergée[16]. Alerté, le président de l'ASE Roger Pelletier arrive rapidement en voiture avec Jacques Collot qui « ... à peine arrivé, ... se dévêtait et, la lampe au front, n’écoutant que son courage, ... s’est engouffré dans l’eau et dans la grotte pour s’efforcer de pénétrer jusqu’aux spéléologues prisonniers de cette eau. Roulé par le flot écumant, sortant avec une violence inouïe de cet étroit goulet, meurtri, blessé contre les aspérités du roc, glacé mais volontaire, il poussa jusqu’à l’extrême limite de ses forces, mais l’eau, à ce moment, interdisait tout passage. Il dut revenir au jour. Trois fois, il essayait de vaincre ; le flot terrible était trop fort, trop gros, trop brutal. Aucun passage n’était possible »[17]. Un scaphandrier doit même renoncer, sa tenue étant déchirée par les rochers. L'eau, sortant violemment de la cavité, expulse du matériel puis les corps de Jacques Durupt, Antonio Salvador et Raoul Simonin : « Hélas ! Quand à neuf heures du matin, Collot, un spéléologue de Vesoul, parvient à pénétrer dans la grotte et à parcourir une vingtaine de mètres, c’est pour retrouver le corps de Raoul Simonin. Il porte encore ses lunettes et sa lampe est restée allumée »[18].
Roger Pelletier et Jacques Collot proposent de faire une brèche dans la barre rocheuse qui empêche l'eau de s’évacuer correctement. Avec la baisse du débit, on retrouve les corps de Maurice Roth, Michel Mozer et Claude Vien. Le , le comité de l’ASE évoque « une terrible catastrophe spéléologique [qui] s’est abattue sur l’ASE » et salue l’action de Jacques Collot lors des opérations de sauvetage.




