Jacques Du Lorens
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Jacques Du Lorens, né à Tillières-sur-Avre en 1580 et mort le , est un poète satirique français et amateur d'art.
Avocat au Parlement de Paris, puis de Chartres, la verve satirique de Jacques Du Lorens lui suscita des inimitiés qui le forcèrent à quitter cette ville en 1613 pour Châteauneuf-en-Thymerais où il occupa la charge de bailli puis de lieutenant-général.
Lié à Rotrou, il est l’auteur d’un cinquantaine de satires (1633) au ton moins acerbe que celui de Régnier ou de Boileau. Il est également l’auteur d’œuvres juridiques et d’un Discours à monseigneur le duc de Nevers sur son joyeux retour d’Italie (1613).
- Souvent je considere et souvent j’examine
- Pourquoy les plus méchans ont la meilleure mine.
- Il suffit maintenant d’avoir bonne façon ;
- La mere aime la fille, et, luy faisant leçon,
- Luy dit : "ma fille, il faut, si tu veux estre belle,
- Prendre des lavemens pour aller à la selle,
- Boire du laict d’asnesse et manger des œufs frais"
Jacques du Lorens fut également un amateur d'art et rassembla sa vie durant une collection d'œuvres d'art. Son intérêt pour les arts se retrouve dès son premier recueil de Satires, publié en 1624, ou il célèbre alors le palais du Luxembourg et les peintures à peine achevées de Rubens. Un document portant sur l'état des tableaux de la collection de Du Lorens donne à voir que cette collection était constitué de 57 tableaux dont une quarantaine sont attribuées[1]. Composée principalement de tableaux vénitiens, la collection comporte aussi une grande Madeleine de Titien pour laquelle Jacques Du Lorens déboursa une importante somme, un Crucifix de Tintoret, une Vénus avec un satyre et l'Amour de Véronèse, ainsi que plusieurs œuvres de Jacopo Bassano. Dans son cabinet, on trouvait également sept autres œuvres de Jacopo Bassano, deux œuvres de Titien, un autre tableau de Tintoret. Deux œuvres de Léonard de Vinci sont citées, l'une à la "manière de Léonard de Vinci" et une autre décrite comme une œuvre originale. La liste comporte également d'autres noms comme le Corrège, Nicolò dell'Abbate avec trois tableaux, le Cavalier d'Arpin, Caravage (une tête ou portrait), Guido Reni, Martin Fréminet, Paul Bril, Pieter Brueghel l'Ancien, Grégoire Huret etc. Du Lorens lui-même aurait estimé l'ensemble de son cabinet à 12 000 livres, non sans souligner l'importante somme qu'il déboursa pour la Madeleine de Titien[2].