Jacques Eggermont

auteur belge de bande dessinée et animateur From Wikipedia, the free encyclopedia

Jacques Eggermont, né le à Leignon (province de Namur) et mort le à Profondeville, est un peintre, sculpteur, dessinateur de presse et auteur de bande dessinée belge. Connu également sous le nom de plume Jack et le nom de plume commun Jackeddy.

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Jacques Eggermont
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Biographie

Château de Leignon

Formation

Jacques Eggermont naît le au château de Leignon[1],[2],[3], un château acquis par le photographe Isidore Jacques Eggermont.

Eggermont suit sa formation artistique à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles et à l'Institut Saint-Luc de Bruxelles[1], situé à Saint-Gilles. Avec Eddy Paape, il s'inscrit en section Arts et Décoration, se destinant d'abord à une carrière de peintre. Déçus par le programme — les travaux artistiques, principalement religieux, ne correspondant pas à leurs ambitions novatrices — Eggermont et Paape se tournent vers l'animation. Carlo Queeckers est l'un de leurs professeurs. Pour leurs examens, ils réalisent le court métrage d'animation Peinture animée, traitant de l'évolution d'un paysage au fil des saisons. Diplômés, Eggermont et Paape proposent leurs services à l'animateur français Jean Image, mais essuient un refus[4],[1].

Début de carrière dans l'animation

Le film de fin d'études de Paape et Eggermont est remarqué par Paul Nagant (1911-1967), propriétaire de la Compagnie belge d'actualités (CBA), un petit studio d'animation basé à Liège. Nagant fonde sa société en 1937 pour réaliser des films d'actualités destinés au cinéma, mais il se tourne vers l'animation en 1940 après la prise de contrôle des médias par les nazis. À la fin de sa première collaboration avec l'animateur belge Albert Fromenteau, Nagant engage Eggermont et Paape. En duo, ils travaillent ensuite sur divers projets pendant la guerre sous le pseudonyme commun et anglicisé de Jackeddy. Si pour Eggermont, l'animation est une véritable passion ; pour Paape, il s'agit plutôt d'un travail alimentaire afin de perfectionner ses compétences en peinture. Ainsi, dans leur collaboration, Eggermont apporte la direction artistique, tandis que Paape assure un rythme de production régulier. Après leur premier film, Zazou chez les Nègres (1943), l'équipe de la CBA travaille sur la suite, Zazou gardien de phare, lorsqu'un incendie ravage le studio d'origine. Pendant qu'Eddy Paape est hospitalisé, Jacques Eggermont reprend son travail et anime les chansons populaires Un mètre vingt… une brute !, La petite brosse à Rimmel et Il y a des zazous dans le quartier pour le film Image par image. Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, la CBA s'installe à Bruxelles, où l'équipe est rejointe par de jeunes artistes comme Franquin, Morris et Georges Salmon. Ils commencent à travailler sur Il était une fois, un autre film inspiré de chansons enfantines, notamment Il était un petit navire et Le Chat de la mère Michel[4],[1].

Pour compléter leurs revenus, les jeunes artistes réalisent également des courts métrages pour la lanterne magique. En , Jacques Eggermont quitte la CBA pour effectuer son service militaire en Irlande ; il est remplacé par le jeune animateur Pierre Culliford, connu plus tard comme créateur des Schtroumpfs sous le nom de Peyo[4],[1].

En bande dessinée

Lorsque la C.B.A. cesse ses activités peu après la guerre, la plupart des anciens collègues de Jacques Eggermont deviennent auteurs de bande dessinée publiant dans Spirou de la maison d'édition Dupuis. Cependant, Eggermont n'apprécie guère ce médium. Sous le pseudonyme de Jack, il réalise néanmoins quelques bandes dessinées pour gagner sa vie. La plupart paraissent dans Feu sacré, un hebdomadaire, organe de la Croisade eucharistique et de la Fédération des Cadets. Entre le et le , Feu sacré publie en feuilleton la bande dessinée d'Eggermont Les Aventures de Kaatje et Klopje : Le Palais de glace. Dans cette histoire féérique, les héros s'amusent à la glissade sur un canal gelé et découvrent un palais de glace dans un univers onirique[5],[4]. Le lieu est gardé par des sentinelles à l'attitude variable à l'instar de celle de la reine vis-à-vis des visiteurs. Un second récit intitulé Le Bateau de Klopje, publié du au [1], conte les déboires rencontrés lorsque l'on construit un esquif soi-même en amateur[5],[4]. Cette série est également publiée dans la revue sœur à destination des jeunes filles Route Fière en 1947[6]. Il réalise, également, sous son propre nom, l'adaptation en bande dessinée, du roman de Charles De Coster La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs, mettant en scène le personnage folklorique de Thyl Ulenspiegel[7]. La publication commence le dans Feu sacré, pour s'achever le [1].

Retour à l'animation

La véritable passion de Jacques Eggermont est l'animation. En 1948, il fonde son propre studio, l'Institut photographique de Belgique. Parmi ses apprentis figure le futur directeur de la photographie Willy Kurant. Avec son assistant Julien Bal, Eggermont réalise des films publicitaires, mais il nourrit l'ambition de créer des films d'animation de fiction. Il propose à ses anciens collègues de la CBA de le rejoindre, mais ceux-ci préfèrent conserver leur emploi stable chez Dupuis. Après deux années difficiles, les studios d'Eggermont ferment leurs portes en 1950[4],[1].

Finalement, Eggermont décide d'écrire à Walt Disney, en joignant un carnet de croquis inspirés du film Blanche-Neige et les Sept Nains. Il y place son dernier espoir et espère recevoir de Disney conseils professionnels ou une opportunité de travail. En réponse, la société Disney lui écrit une lettre de menaces de poursuites judiciaires pour plagiat. Profondément affecté de cette réaction Eggermont finit par quitter le secteur[4],[1].

Dessinateur de presse

Ensuite, Eggermont dessine des caricatures et des illustrations pour la une pour l'hebdomadaire satirique Pourquoi pas ?[1]. Il s'y emploie pendant 8 ans[3].

Dernières années

Ayant hérité de la fortune paternelle, il quitte le magazine et s'installe dans le Midi de la France, où il vit dans une caravane au sein d'un camp de nudistes. Jacques Eggermont finit par revenir en Belgique pour travailler comme accordeur de pianos et se tourne vers la peinture[1].

Peintre

Comme peintre, il se spécialise dans les portraits et les paysages[1]. « Après de nombreux voyages, il a consacré son talent à la beauté des femmes et des enfants. Jamais de vulgarité, ni d'agressivité dans ses nombreuses toiles. Tout respire une fraicheur saine et juvénile. Ses nus ne choquent pas, tant par la perfection du dessin, que la douceur des tons et l'harmonie des poses[3]. »

« Musicien dans l'âme, il a fréquenté les foyers d'opéra et son pinceau a figé sur toile la grâce juvénile des danseuses en tutu. Les danses Watusis sont là, en pleine frénésie et les Balinaises avec leurs mouvements mystiques. Les œuvres de Jacques Eggermont apportent une certaine paix de vivre, dans la douceur, la grâce et la beauté[3]. »

Il expose dans différentes galeries de Belgique et de France. Ses œuvres font partie de collections au Brésil, au Canada, aux États-Unis et aux Pays-Bas.

Mort

Il meurt le à Profondeville, à l'âge de 80 ans[1],[2],[8].

Œuvre

Peintures

  • Les Ballerines[Note 1],[9], huile sur toile,
  • Les Masques[8]
  • Nature morte aux fleurs[8], daté 1954
  • Nu à la jarre[10]
  • Jeune Femme nue assise près d'une source[11], huile sur toile 70 × 50 cm, signé en bas à droite J. Eggermont, 1965
  • Portrait d'homme[12], peinture, daté 1953 signé Eggermont J. (Jacques) (1919, 1998) 50 × 40 cm

Publications en revues et journaux

Feu sacré

  • Les Aventures de Kaatje et Klopje (en noir et blanc) :
    • Le Palais de glace, dans Feu sacré nos 10-36 du et le [13],[1] ;
  • Le Bateau de Klopje, dans Feu sacré du au [13],[1].
  • Thyl Ulenspiegel, dans Feu sacré, 19e année, no 1 du au [1].

Expositions

  • Exposition personnelle à la Galerie des Tilleuls (Andenne) en 1981[3].

Notes et références

Annexes

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