Jacques Latomus
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Alard d'Amsterdam (en) (épistolier) |
Jacques Masson, connu sous le nom de Jacques Latomus ou dans les textes latins de Iacobus Latomus, est un théologien et inquisiteur des anciens Pays-Bas, né dans l'État bourguignon, à Cambron (comté de Hainaut, actuellement en France, département de la Somme) vers 1475 et mort à Louvain en 1544.
Latomus effectua ses études au Collège de Montaigu de l'université de Paris, où il fut reçu Maître ès-arts puis docteur en théologie (1519). La même année, il obtint un poste de répétiteur à l'université de Louvain et publia là son premier libelle, contre l’enseignement du grec et de l'hébreu dans cet établissement, et l'influence d'Érasme[1]. Il devint président du Collège de Standonck à Louvain.
Il obtint la chaire de théologie (1534) puis devint en 1537 recteur de l'ancienne université de Louvain[2].
Polémiste, il s'attaqua violemment à Luther et à Érasme, et surtout obtint en tant qu'inquisiteur la condamnation à mort de Tyndale.
Nicholas Crane décrit Latomus comme un homme sombre et froid, de petite taille, aux lèvres fines, aux yeux cernés et affecté d'une claudication[3]. Faisant plaisamment allusion à cette infirmité, Érasme l'a d'ailleurs surnommé Héphaïstos dans ses écrits polémiques[3].
Chanoine de Saint-Pierre de Louvain et inquisiteur épiscopal, Latomus fut pendant vingt ans l'un des adversaires les plus acharnés d’Érasme, qu'il ne parvint toutefois pas à mener au bûcher. Malgré sa réputation d'inquisiteur redoutable[4], ses réfutations de William Tyndale étaient précises et courtoises[5] : ses contemporains l'avaient surnommé « le plus grand traqueur d'hérésie de l'Europe[6]. »
Œuvres
Homme du Moyen Âge hostile à l'humanisme, il a peu publié, et surtout contre Luther.
- Articulorum doctrinæ fratris M. Lutheri per theologos Lovanienses damnatorum ratio ex sacris literis et veteribus tractatoribus (Anvers, 1521) ; cet ouvrage est une apologie des théologiens de Louvain contre Melanchthon et les Lutheriens[7].
- De primatus pontificis adversus Lutherum[7] (1525) ; poursuit avec Luther le débat engagé en 1521.
- De confessione secreta (Anvers, 1525) est un pamphlet contre Oecolampade et Beatus Rhenanus[7].
- Confutationum adversus Guililmum Tindalum[8] (1542)
- Duæ epistolæ, una in libellum de ecclesia, Philippo Melanchthoni adscripta; altera contra orationem factiosorum in comitiis Ratisbonensibus habitam[7] (Anvers, 1544)
Son traité Quotlibetica porte un titre en vogue aux siècles précédents. Ses œuvres complètes, Iacobi Latomi opera, ont été publiées à Louvain en 1550 par son neveu Jacques Latomus.