Jacques Loiseau
peintre
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Jacques Loiseau, né le à Cérilly et mort le à Aix-en-Provence, est un peintre français, renommé pour ses marines, ses natures mortes et ses paysages provençaux.
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Ingénieur puis dirigeant d'entreprise, il peint épisodiquement pendant sa période d'activité professionnelle.
Il prend sa retraite en 1986 à Aix-en-Provence, où il s'installe avec son épouse Claudie. En 1989, elle tombe malade, il lui consacre son temps, écrit un livre pour partager cet engagement.
Il reprend son activité de peintre, inspiré par la Provence, et trouve son style.
Il peindra plus de mille tableaux entre 1992 et 2008.
Biographie
Jacques Loiseau est le fils d'un couple d'instituteurs du Bourbonnais. Son enfance est campagnarde dans une fratrie de 6 enfants, dont les naissances s'étalent sur 22 ans. Très jeune, il dessine les amis comme les membres de la famille.
Il fait des classes préparatoires scientifiques au lycée du Parc à Lyon, puis rentre à l' École des mines de Saint-Étienne.
Il rencontre Claudie Ravachol, institutrice, en à Saint-Étienne, et l'épouse en août.
Il est ingénieur dans les mines de charbon, emmène sa famille en Sarre (Allemagne) pour devenir directeur de mines à Reden, Sulzbach.
La transformation de la Zone d'occupation française en Sarre en un État sous protectorat français (Constitution du ) soulève de profonds désaccords avec les autorités de la République Fédérale d'Allemagne. Attiré par le Midi, le couple achète un terrain et fait construire une maison sur les hauteurs de Golfe-Juan (Alpes-Maritimes). Elle servira de lieu de vacances (Claudie a 4 enfants et ne travaille plus dans l'enseignement) et de repli face aux aléas d'une carrière d'expatrié. Elle devient un refuge, et un point d'ancrage pour le futur peintre du Midi et de la Méditerranée.
Par le référendum du , les Sarrois rejettent le statut européen. En 1957, Jacques Loiseau et sa famille quittent la Sarre pour la Région parisienne.
En 1959, il prend un poste de secrétaire général à la CFPA (Compagnie française des pétroles Algérie) à Alger. En , le couple et leurs enfants rentrent en métropole, d'abord à Golfe-Juan, pour finir l'année scolaire, puis à Paris.
Il est cadre dirigeant de la Société Soletanche (maintenant Soletanche-Bachy) puis PDG de la Compagnie des métaux précieux, une société industrielle fournissant la bijouterie et l'industrie en produits semi-transformés, à base d'or, argent, palladium, etc. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le . Il est ensuite consultant chez Total.
Il est président du Conseil national des ingénieurs français en 1982. Jean D. Lebel lui succède ; il écrira la préface de son livre De jour comme de nuit[1].
À sa retraite, il quitte la région parisienne et s'installe à Aix-en-Provence avec son épouse, Claudie. La maison est située avenue Paul-Cézanne, à quelques mètres d'un terrain où Paul Cézanne venait poser son chevalet (Vue des Lauves). À cette date, Jacques Loiseau a peint environ 400 tableaux.
En 1989, Claudie subit un AVC. Il l'entoure. Elle meurt en 1994[2].
En 1996, il publie Naissance d'une culture / Essai sur la culture industrielle : il veut partager son expérience de décideur et sa vision des mutations de la Société[3].
En 1999, il publie Scherzo pour l'emploi. Sous la forme d'un roman, c'est une critique des politiques publiques de relance de l'emploi[4].
De 1997 à 2009, il produit trois ouvrages de contes parodiques et de poèmes, illustrés de ses tableaux : Contes en Provence (1997), Poèmes en Provence (2006), puis Jardins en Provence (2009).
En puis , il se rend à Okayama, entre Kyoto et Hiroshima, pour une exposition de ses tableaux.
En , il est hospitalisé. Ses quatre enfants l'entourent. Il meurt le [5].
Il est inhumé, avec son épouse, au cimetière du Grand Saint Jean, sur les hauteurs d'Aix-en-Provence.
Décoration
Chevalier de la Légion d'honneur (décret du 23 mars 1978)
Expositions
- Galerie Montgrand, Marseille , 1993[6]
- Galerie Julien, Le Castellet, 1996
- Musée du Taurentum, Saint-Cyr-sur-Mer, 1997
- Galerie Marie-Louise, Grenoble,
- Palais des Congrès, Okayama, Japon,
- Galerie Accord, Marseille, 1999
- Palais des Congrès, Okayama, Japon,
- Galerie 4, Aix-en-Provence, 2003
- Institut américain universitaire, Aix-en-Provence, 2007
Influences
Picasso
À Golfe-Juan, Picasso travaillait dans la commune de Vallauris. Loiseau admire la liberté de son style et sa simplicité.
Il écrit[7] :
« A cette époque-là, Golfe-Juan était calme.
La foule des étés, et le triste amalgame
Entre les gens du cru et tous les vacanciers,
N'avait pas envahi, et nous laissait souffler.
Et si on évitait la route nationale
On atteignait sans peine aux plages familiales.
Du village voisin qu'alors il habitait,
De son cher Vallauris, Picasso descendait
Pour venir se baigner sur la plage publique,
Il travaillait alors aux belles céramiques.
Dans le Musée d'Antibes on peut les voir encore,
Vieux château des remparts qui de maître s'honore.
Assis tout bonnement sur un simple pliant
On voyait aisément son regard perçant
Posé sur les baigneurs sans le moindre ostracisme.
Il en ferait plus tard ses grands et beaux graphismes
De nymphes et de faunes que l'on y voit aussi,
Évocation osée de la mythologie. »
Cézanne
Loiseau a acheté une bastide au 49, avenue Paul-Cézanne, à moins d'un kilomètre de l'Atelier des Lauves, et à quelques mètres d'une vigne où Cézanne venait peindre. En 2004, le terrain est aménagé en promenade pédagogique sous le nom : « Le Terrain des Peintres ».
Jacques Loiseau écrit[8] :
« Paul Cézanne
Grimpant la colline, le vieil homme soufflait
En épongeant son front de son grand mouchoir blanc.
Dès l'heure du matin, la chaleur accablait
Mais le temps le pressait, il était impatient.
Il avait quitté tôt le nouvel atelier
Qu'il avait projeté dans le chemin des Lauves,
Et dont la construction venait de s'achever,
Havre, refuge qui de son tourment le sauve
.. Peignant sur le motif, il lui fallait rejoindre
Le lieu privilégié tout en haut de la route,
Qu'il avait adopté, car il aimait y peindre
Cette Montagne aimée dont la beauté envoûte.
En ce lieu bien choisi, situé au milieu des vignes,
Il voulait la revoir, admirer sa splendeur,
Profil impressionnant, majestueuse insigne,
Changeant pour le combler sans cesse de couleur. »
En dehors d'eux, Jacques Loiseau ne reconnaît aucun maître.
Il fait cohabiter la thématique méditerranéenne et des essais dans des styles très divers. Il cultive la caricature et la dérision dans les portraits. De nombreux marchés provençaux, terrasses de café, jeux de boules mettent en scène une humanité qu'il juge sévèrement. Ces compositions évoluent vers un modèle où la plupart des personnages sont privés de visage, comme les Baigneurs et Baigneuses de Cézanne.
Composition
Comme Cézanne, il juxtapose les couleurs et évite de les « fondre » ou d'en casser la tonalité avec du noir. À partir de 1991, il travaille sur une toile préalablement peinte en noir. Il obtient ainsi deux effets qui structurent toute son œuvre pendant des années : éviter de juxtaposer deux couleurs franches et ainsi limiter les effets perceptifs décrits par Michel-Eugène Chevreul ; et permettre d'ajouter des nuances en laissant ressortir la trame noire du fond tout en gardant des couleurs très vives.
Il découvre cette technique en 1988. Il réalise un tableau abstrait, plein de coulures bleues et rouges très vives, et veut le donner à un de ses enfants. Celui-ci n'est pas enthousiasmé, Jacques le rapporte le tableau. Quelque temps plus tard, il repeint par dessus une Sainte-Victoire (voir photo), où le bleu et le rouge du fond sont mis à profit.
Jacques Loiseau ne se préoccupe pas de perspective réaliste. Il peint une série de plans qui se juxtaposent. La taille des objets et des personnages permet au spectateur de reconstituer la perspective.
Jusqu'en 1998, il peint principalement à l'acrylique, car il ne veut pas être contraint par le temps de séchage du médium. À partir de 1999, il trouve une peinture à l'huile qui sèche vite et l'adopte progressivement puis totalement.
Œuvres : La Période de recherche
De 1954 à 1962, Jacques Loiseau peint épisodiquement, principalement à Golfe-Juan ; il s'essaye à plusieurs styles. Peu à peu, il s'affirme comme coloriste plutôt que comme dessinateur. Ses toiles, abstraites ou figuratives, sont solidement architecturées. De cette période, une douzaine d’œuvres sont connues, données à des amis ou conservées dans la famille.
- Période de Golfe-Juan
- Claudie lisant son journal à Sulzbach (1954).(57 × 33 cm)
- Le Port de Golfe-Juan (1957).(53 × 78 cm)
- St-Tropez (1957).(50 × 77 cm)
- Le port de pêche de Tipaza (1960).(52 × 78 cm)
- l'Orchestre (1958).(36 × 52 cm)
- Golfe-Juan (1960).(53 × 77 cm)
Œuvres : La période d'Aix-en-Provence
Sainte-Victoire
Il peint la Sainte-Victoire au moins 25 fois, depuis la terrasse de sa maison, sous des angles divers, et en toutes saisons.
- La Ste-Victoire
- Ste-Victoire (1988).(60 × 81 cm)
- La Brêche aux Moines (1992).(50 × 61 cm)
- La Ste-Victoire (1992).(54 × 73 cm)
- Tout Droit vers Elle (1993).(33 × 46 cm)
La Provence vue par elle-même
Il met en scène le bien-vivre méditerranéen : le jardin foisonnant de fleurs, la Bastide et ses terrasses, où on peut boire l'apéritif, manger au frais[9].
- La Provence vue par elle-même
- Vacances (1993).(38 × 46 cm
- Le Jardin d'Hiver (1993).(60 × 73 cm)
Natures mortes
En continuité de la thématique précédente, il peint tous les objets de la cuisine, les fruits et légumes, les poissons frais[9],[10],[11].
- Natures Mortes
- La Vieille (1993).(46 × 61 cm)
- Pichet et Poires (1994).(33 × 41 cm)
- Composition 4 (1997).(46 × 55 cm)
Paysages
L'abondance de paysages, de collines, de falaises, de champs de lavande, de golfes clairs structure ses années de peinture[9],[10].
- Paysages
- Les Genêts (1999).(27 × 35 cm)
- La Jarre (2000).(60 × 73 cm)
Marines
Depuis Golfe-Juan, il est amoureux des ports : Martigues, Cassis, Saint-Tropez ou Port-Cros. Il peint des marines pendant toute sa carrière[9].
- Marines
- Martigues 2 (1994).(65 × 54 cm)
- Bleus à Cassis (1996).(54 × 65 cm)
Compositions urbaines
Dans les scènes de marché, il met en scène les gens qui travaillent et les activités indispensables. À l'inverse, les scènes de terrasses de café peuvent montrer une humanité criarde et jacassante. Plus tard, les personnages s'épurent et deviennent des corps schématisés. La scène devient prétexte à des compositions géométriques.
- Compositions Urbaines
- Marché en Provence (1995).(54 × 65 cm)
- Le Marché aux Herbes (1996).(65 × 54 cm)
- Minuit devant Sénéquier (1996).(54 × 65 cm)
Théâtre et Sculpture
Il représente des objets d'arts, des sculptures, pour percer le mur entre le réel et l'imaginaire.
- Théatre et Sculptures
- Le vase bleu (1993).(60 × 73 cm)
- La coupe rouge (1994).(46 × 55 cm)
- Hommage à Roger Chapelain-Midy (1995).(73 × 60 cm)
Abstraits
De 1992 à 1994, il produit environ 20 grands tableaux abstraits.
- Abstraits
- Passion de jeunesse (1994).(73 × 92 cm)
Scènes de genre
Tout au long de sa période aixoise, il tente de nombreuses scènes de genre : thématiques variées des gens au travail, le repos bien gagné, les forains, les comédiens, les manadiers et les commerçants, les enfants en train de s'amuser ou de lire, et les animaux.
- Scènes de genre
- La Roulotte (1993).(33 × 46 cm)
- Arlequin saluant (1995).(46 × 38 cm)
- Camargue sauvage (1996).(54 × 65 cm)
Portraits
Le thème du portrait est présent au début de sa période aixoise, de 1992 à 2000. Le trait n'est pas toujours tendre, il se libère de la ressemblance. En 2002, il réalise son autoportrait.
- Portraits
- Hélène B. (1995).(81 × 65 cm)
