Jacques de Choudens
écrivain, poète et scénariste français
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Jacques de Choudens, né le à Binic dans les Côtes-d'Armor et mort pour la France à Neuville Saint-Vaast dans le département du Pas-de-Calais, le , est un écrivain, poète et scénariste de cinéma français du début du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Biographie
Jeunesse et formation
Jacques Robert de Choudens, est né de parents inconnus le à Binic[1]. Ce n'est qu'en octobre 1895 que sa mère, l'actrice Berthe Cerny (1868-1940), de son vrai nom Berthe de Choudens, le reconnait officiellement[2],[3].
Pendant son enfance, il est confié à la pension de M. Declercq située à Asnières[1]. Le journal Le Matin relate en avril 1899 dans un article intulé Le Petit Jacques l'épisode au cours duquel sa mère le retire du pensionnat, sans préavis, pour le scolariser en septembre 1897 à l'école Jean-Baptiste Say, plus proche de son domicile[4]. En 1903, il entre à l'École nationale d'arts et métiers de Lille et en sort diplômé en 1905[1],[5].
Ingénieur diplômé devenu marin au long cours puis scénariste et poète
Charles Torquet rapporte qu'avide de découvrir le monde, « il embarqua comme troisième lieutenant sur les paquebots des Messageries Maritimes et parcourut les mers difficiles de l'Extrême-Orient »[1]. Il prépare en 1907 les examens du brevet supérieur de capitaine au long cours dans la marine marchande[6].
Rentré en France, il se voue à l'écriture et écrit pour des journaux de Paris, comme Gil Blas et de nombreux romans pour enfants dans les petits journaux des publications Offenstadt : L'Épatant, L'Intrépride, Cri-Cri, Fillette, La Culotte rouge, Le Régiment[1].
En 1910, il écrit le scénario de deux films muets, Les Deux portraits et La Bouteille de lait, et collabore ensuite avec Charles Torquet pour les scénarios de plusieurs courts-métrages muets ayant pour héros Rigadin.
Incorporé au 103e régiment d'infanterie à Paris pour faire son service militaire à partir d'octobre 1910, il est nommé caporal en février 1911, élève-officier de réserve en octobre et promu sous-lieutenant au 36e régiment d'infanterie en mars 1912, avant d'être libéré de ses obligations en septembre de la même année[7].
Sous-lieutenant d'infanterie mort pendant la Première Guerre mondiale
Mobilisé le 2 août 1914, il part au front avec le 236e régiment d'infanterie. Le , pendant la bataille des Deux-Morin dans la zone d'Escardes - Bouchy-Saint-Genest, il est grièvement blessé d'une balle de schrapnel à la poitrine[8],[9],[7]. Il est évacué et soigné à Issy-les-Moulineaux[10].
Il continue à écrire des poèmes et des récits de guerre pour Pages de gloire, Le Régiment et La Croix d'honneur[1].
Début juin 1915, de retour au front, il est à la tête de la 22e compagnie lorsque son régiment est envoyé dans les tranchées du secteur du labyrinthe près de Neuville-Sain-Vaast[11]. C'est dans cette zone de Notre-Dame-de-Lorette que Jacques de Choudens est tué par un obus le [12],[13].
La citation qui accompagne sa distinction dans l'ordre de la Légion d'honneur en précise les circonstances : « sous-lieutenant (réserve) à la 22e compagnie du 236e rég. d'infanterie : officier très brave. Blessé très grièvement au mois d'août. A été tué le 13 juin pendant que, sous un violent bombardement, il cherchait un cheminement pour conduire sa compagnie à l'endroit qui lui avait été désigné. A été cité »[14].
D'abord inhumé dans le petit cimetière d'Étrun[12], sa sépulture a été transférée à la nécropole nationale de la Targette (tombe 6926)[15].
Ses poèmes de guerre sont publiés dans une plaquette en 1916[16].
Œuvres principales
Scénariste
- Les Deux portraits, film, joué par Paul Capellani, Madeleine Carlier et Marthe Mellot, 1910
- La Bouteille de lait, film réalisé par Albert Capellani, joué par Henri Etiévant, Albert Dieudonné, 1910
- La Mauvaise intention, film, joué par Charles Mosnier, Georges Le Roy et Renée Sylvaire, 1911
- Le Portrait de Rigadin, film, écrit avec Charles Torquet, joué par Charles Prince, 1912
- Rigadin aux Balkans, film, écrit avec Charles Torquet, joué par Charles Prince, 1912
- Rigadin veut faire du cinéma, film, écrit avec Charles Torquet, joué par Charles Prince, 1913
- La Natte de Rigadin, film, écrit avec Charles Torquet, joué par Charles Prince, 1913
- Rigadin flirte et sa femme fait la même chose, film, écrit avec Charles Torquet, joué par Charles Prince, 1913
Publications dans des revues et journaux
- « Comédiens pour cinématographe », Gil Blas, no 10362, , p. 1 (lire en ligne)
- « Feuillets de route : Légionnaire », Gil Blas, no 10495, , p. 1 (lire en ligne)
- « Premier baiser », Comœdia, no 554, , p. 3 (lire en ligne)
- « L'art et la manière d"écrire un Scénario », Le Journal, no 7754, , p. 7 (lire en ligne)
- « Le Scénario renversable », Le Journal, no 7957, , p. 7 (lire en ligne)
- « Lettre trouvée sur le cœur d'un soldat tué à X. en Belgique le 1er janvier 1915 », Pages de gloire, , p. 10 (lire en ligne)
- « N'oublions pas », Pages de gloire, , p. 3 (lire en ligne)
- « La Chanson des balles », Pages de gloire, , p. 14 (lire en ligne)
- « Ses Vieux », Pages de gloire, , p. 10-11 (lire en ligne)
- « Petit-Pierre » (Un acte, en prose), La Femme de France, , p. 4 (lire en ligne)
- « Prières », Pages de gloire, , p. 11 (lire en ligne)
- « Mon Sabre », Le Régiment, , p. 15 (lire en ligne)
- « Sa Loute », Le Régiment, , p. 14 (lire en ligne)
- « Réponse à un envoi », Le Régiment, , p. 15 (lire en ligne)
Épitaphe
Avant de mourir il avait composé son épitaphe[17] :
Ami femme, vieillard, enfant, celui qui passe
Viens près de mon tombeau, sans bruit, t’agenouiller.
Réchauffe de tes mains le marbre qui me glace,
Pieusement, très doucement, sans m'éveiller
Et si tu la connais, dis-lui que rien n'efface
Le souvenir si beau de son beau corps ployé.
Dis-lui qu'en mon cœur froid chaude encore est sa trace
Et si tu la connais, dis-lui de m'oublier
Il est des maux cruels que le temps accentue,
Mais, de tous, le moins âpre est celui qui me tue
Et laisse s'endormir enfin mes rêves las.
Enfants, apportez-moi de tendres violettes,
Chantez des airs berceurs avec vos voix fluettes
Et secouez sur moi les thyrses des lilas.
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur, à titre posthume, arrêté du [18]
Hommages
- Le nom de Jacques de Choudens est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[19].
- Son nom figure sur la plaque commémorative 1914-1918 de l'École nationale supérieure des arts et métiers à Lille et sur le Monument aux Parisiens morts pendant la Première Guerre[20].
Bibliographie
- Charles Torquet, Anthologie des Écrivains Morts à la Guerre - 1914-1918, t. 1, Amiens, Edgar Malfère, coll. « Bibliothèque du Hérisson », , « Jacques de Choudens 1887-1915 », p. 167-172