Jacques de Malenfant
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Jacques de Malenfant, seigneur de Preyssac, est un parlementaire, lettré et bibliophile du XVIe siècle, né vers 1530 et mort après 1603, actif à Toulouse et à Paris.

Issu d’une famille parlementaire toulousaine, il est fils de Pierre de Malenfant (1506-1554), sieur de Preyssac [Pressac], conseiller au Parlement de Toulouse, et de Catherine de Minut, mariés le [1]. Il serait donc né vers 1530, sans doute l’aîné puisqu’il sera à son tour seigneur de Preyssac. En 1546, il est aumônier de Marguerite d’Angoulême, qui lui remet 50 écus sol pour s’entretenir à Paris où il part continuer ses études[2]. On perd ensuite sa trace quelques années.
Il est ensuite repéré à Paris en 1565 lorsqu’il publie quelques vers néo-latins sur le trépas d’Adrien Turnèbe[3], qui avait causé scandale pour avoir, paraît-il, renié sa foi catholique sur son lit de mort, refusé l’extrême-onction et demandé des obsèques sans aucune cérémonie[4]. Cette proximité avec Turnèbe, distingué lecteur au Collège royal, laisse supposer que Malenfant avait quitté le sud pour suivre Turnèbe, qui fut professeur de lettres à l’université de Toulouse de 1545 à 1547 avant de remonter à Paris en 1547 pour devenir lecteur royal pour le Grec[5]. L’année suivante, en 1566, on sait que Malenfant achète plusieurs livres et leur donne des reliures coûteuses, citées plus bas.
En 1570, il est de retour à Toulouse et vit dans l’hôtel particulier de son père, sis dans la rue des Nobles (actuelle rue Fermat). Par contrat du , il se marie avec Marthe de Potier, fille d’Étienne de Potier, seigneur de la Terrasse, premier Maître des requêtes de l’Hôtel du roi et Président à mortier du Parlement de Toulouse. Il semble qu’il se soit remarié en avec Françoise de Jouéry et qu’il ait eu, de l’une ou l’autre épouse, au moins trois enfants :
- Antoine de Malenfant, né en 1575, reçu chevalier de Malte en 1603 ;
- Étienne de Malenfant († 1647), sieur de Pressac greffier du parlement de Toulouse, bien connu pour avoir tenu entre 1602 et 1647 des chroniques très détaillées sur la vie parlementaire de cette ville ; il eut lui-même un fils Jean de Malenfant, également greffier du Parlement de Toulouse au milieu du XVIIe siècle ;
- Catherine de Malenfant, mariée au conseiller Hugues de Rudelle.
Encore quelques années, durant lesquelles on perd sa trace, et Jacques de Malenfant réapparaît en 1589 quand il reçoit un office de maître des requêtes de l’Hôtel du roi (peut-être par transmission de l’office de son beau-père ?). Cet office, qui rassemblait un corps réduit d’officiers assez proches de la personne royale, recouvrait nominalement la tâche qui consistait à rapporter au conseil du Roi les requêtes qui y étaient présentées, mais pratiquement des tâches assez variées où il fallait agir par délégation du roi[6]. Malenfant accède à cet office le , durant les troubles de la Ligue[7]. Il travaille en fait pour le Parlement ligueur, et non pour celui du roi, qui est alors exilé à Tours avec la cour. La dernière trace qu’on a de Malenfant est un brevet du roi donné à Fontainebleau le lui donnant permission, ainsi qu’à Guillaume de Ségla, sieur de Cayras, de se rendre à Notre-Dame de Montserrat et à Saint-Jacques-de-Galice, pour une raison non précisée[8]. Vu son âge déjà avancé, il a dû décéder peu après.