La jambe de Capoue est découverte durant l'hiver 1884-1885 lors de fouilles dans l'ancienne Capoue, à quelques kilomètres de l'actuelle ville italienne de Santa Maria Capua Vetere, en Campanie[3]. Il s'agit de la prothèse pour la jambe droite. L'objet se compose d'une coque en bois recouverte de feuille de bronze, qui dépasse de 15 centimètres du bois. Plusieurs supports en fer, en forme d'œillets fixés à cette partie supérieure du bronze reliaient apparemment la jambe à la cuisse et servaient peut-être de charnières[3]. Dr Hannah-Marie Chidwick de l'Université de Bristol dans son ouvrage The Body of the Combatant in the Ancient Mediterranean suppose qu'elle était portée avec une ceinture en cuir et en bronze pour la maintenir en place et, si la prothèse pouvait être solidement fixée à la cuisse et à la taille, elle permettait une certaine mobilité grâce à une aide technique, comme une béquille[4]. Parmi les autres objets découverts dans la tombe figuraient une urne en bronze et des poteries à figures rouges de fabrication locale. Ces éléments, associés aux matériaux utilisés pour la fabrication de la prothèse, indiquent qu'elle était probablement portée par un individu de haut rang, ou du moins, quel que soit son statut, par une personne disposant de ressources financières considérables. Toujours selon Chidwick, compte tenu du contexte social et culturel de Capoue à cette époque, cet individu était peut-être un vétéran de la Deuxième guerre samnite (327-304 av. J.-C.) ou même un gladiateur à la retraite. Concernant cette dernière supposition, elle se réfère à l'étude de Kanz et Grossschmidt qui décrivent les restes des gladiateurs provenant d'une fosse commune de l'ancienne Éphèse (Turquie) parmi lesquels se trouvait un squelette présentant l'amputation nette et cicatrisé du fémur; il est donc clair que de telles blessures pouvaient être infligées au combat[4],[5].