James Bain est né le à Londres. Ses parents, James Bain et Joanna Watson, sont originaires d'Écosse[2]. Après un séjour de deux ans à Édimbourg, la famille déménage en 1846 à Toronto où James Bain père est nommé directeur d'une librairie-papeterie[2]. James Bain fils fréquente la Toronto Academy et la Toronto Grammar School[3] avant de quitter les bancs de l'école en 1856, à 14 ans, pour travailler avec son père[2]. Pendant près de trois décennies, il occupe divers emplois dans le monde de l'édition[3].
En janvier 1883, après une campagne menée par l'échevin et marchand John Hallam, la ville de Toronto se dote d'un règlement visant à établir une bibliothèque publique sur son territoire[2]. Un conseil d'administration, présidé par Hallam, est alors chargé de dénicher un bibliothécaire en chef[2]. Quatre candidats briguent le poste: James Bain, John Charles Dent, Graeme Mercer Adam et John Thomas Bulmer[3]. Après un processus tumultueux, Bain est élu par le conseil et devient le premier bibliothécaire en chef de la Bibliothèque publique de Toronto[3].
La première mission de Bain est de développer une collection pour la bibliothèque centrale[4]. Puisque cette dernière doit s'installer dans le bâtiment qui abrite le Mechanics' Institute, il commence par analyser les 10 000 volumes qui s'y trouvent et en sélectionne 7 434[3]. Par la suite, Bain voyage avec Hallam en Angleterre et aux États-Unis où ils achètent 23 177 livres supplémentaires pour compléter la collection initiale de la bibliothèque[3]. Cette dernière ouvre officiellement ses portes dans le bâtiment rénové du Mechanics' Institute le [3].
James Bain vers la fin de sa vie.
En 1900, Montréal accueille le premier congrès de l'American Library Association (ALA) au Canada[5]. Charles Gould, le bibliothécaire de l'Université McGill, demande l'aide de Bain pour attirer le plus de bibliothécaires canadiens possible à l'événement[5]. Gould souhaite d'ailleurs profiter de l'occasion pour consolider les liens entre les bibliothécaires canadiens[6] et discuter de la possibilité de créer une association canadienne des bibliothécaires[7]. Finalement, l'idée d'une organisation regroupant plusieurs provinces est abandonnée, mais quelques bibliothécaires ontariens décident de créer l'Ontario Library Association (OLA)[7]. Bain, qui participe aux discussions, est nommé président de cette nouvelle organisation[7].
En décembre 1902, Bain écrit à Andrew Carnegie afin d'obtenir des fonds supplémentaires pour développer la Bibliothèque publique de Toronto[8]. Il reçoit une réponse positive de James Bertram, le secrétaire de Carnegie, qui lui propose 350 000$ pour construire une nouvelle bibliothèque centrale et trois succursales[8]. Cette proposition cadre avec la philosophie de Bain, qui considère que la bibliothèque centrale joue d'abord un rôle de référence et que les succursales, quant à elles, servent à faire circuler les livres populaires[9]. Bain inaugure la succursale de Yorkville le et participe à l'élaboration des plans de la bibliothèque centrale ainsi que de la succursale de Queen and Lisgar[10].
Après avoir occupé pendant presque vingt-cinq ans le poste de bibliothécaire en chef de la Bibliothèque publique de Toronto, James Bain décède d'un cancer le [2].
123456Edith G. Firth, «BAIN, JAMES», dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003 (consulté le 10 février 2023)
1234567(en) Margaret Penman, A century of service: Toronto Public Library, 1883-1983, Toronto, Toronto Public Library, 1983, p. 9
↑(en) Lorne Bruce, Free books for all: the public library movement in Ontario, 1850-1930, Toronto, Dundurn Press, 1994, p. 98
12(en) Elizabeth Hanson, «The 1900 ALA Conference: Charles Gould's vision», Feliciter, vol. 53, nº3, p. 160
↑(en) Elizabeth Hanson, «The 1900 ALA Conference: Charles Gould's vision», Feliciter, vol. 53, nº3, p. 163
123(en) Lorne Bruce, Free books for all: the public library movement in Ontario, 1850-1930, Toronto, Dundurn Press, 1994, p. 92
12(en) Margaret Beckman, John B. Black et Stephen Langmead, The best gift: a record of the Carnegie libraries in Ontario, Toronto, Dundurn Press, 1984, p. 96
↑(en) Lorne Bruce, Free books for all: the public library movement in Ontario, 1850-1930, Toronto, Dundurn Press, 1994, p. 99
↑(en) Margaret Penman, A century of service: Toronto Public Library, 1883-1983, Toronto, Toronto Public Library, 1983, p. 16