Jan Leon Kozietulski
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| Jan Leon Kozietulski | ||
Portrait de Jan Leon Kozietulski (huile sur toile anonyme, vers 1810-1820, musée national de Varsovie). | ||
| Naissance | Skierniewice |
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| Décès | (à 39 ans) Varsovie |
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| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Arme | Cavalerie | |
| Grade | Colonel | |
| Conflits | Guerres napoléoniennes | |
| Faits d'armes | Bataille de Somosierra Bataille de Wagram Combat de Gorodnia Bataille de Paris |
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| Distinctions | Légion d'honneur Baron de l'Empire |
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Jan Leon Kozietulski, né le à Skierniewice et mort le à Varsovie, est un noble polonais et officier des armées du duché de Varsovie pendant les guerres napoléoniennes. Il est surtout connu pour avoir mené la charge des chevau-légers polonais de la Garde impériale à la bataille de Somosierra, le .
Débuts de carrière
Né le à Skierniewice, en Pologne, il est le fils d'Antoine Kozietulski et de Marianne Grotowska[1].
Galvanisé par la proclamation de Józef Wybicki appelant les Polonais à se soulever contre la Prusse[2], Kozietulski devient officier au sein de la garde d'honneur polonaise[3]. Affectée avec celle-ci au corps du maréchal Lannes, il participe à la campagne de Pologne contre les Russes, notamment à la bataille de Pułtusk dans les derniers jours de [2]. Le , il est nommé chef d'escadron au régiment de chevau-légers polonais de la Garde impériale, tout juste créé sur ordre de Napoléon Ier[4]. Il quitte Varsovie à la mi-septembre avec un détachement de chevau-légers pour se rendre successivement à Paris, Chantilly et Bayonne[5].
Somosierra
Tout comme le reste du régiment, Kozietulski prend part à la guerre d'indépendance espagnole et, en , est l'un des chefs du contingent de chevau-légers qui forme une partie de l'escorte du maréchal Murat lors de son entrée à Madrid[6]. Au suivant, il dirige le 2e escadron des chevau-légers polonais de la Garde, les trois autres étant menés respectivement par Tomasz Łubieński, Ferdynand Stokowski et Henryk Ignacy Kamieński[7].
Lors de la bataille de Somosierra, le , c'est toutefois lui qui commande le 3e escadron en remplacement de Stokowski, absent[8]. Sur ordre de Napoléon, il conduit ses hommes dans une charge contre l'artillerie espagnole établie en travers du défilé[9], au cri de « en avant, nom d'un chien, l'Empereur regarde ! »[10]. L'escadron, pris sous un feu intense, essuie des pertes sévères mais, exhorté par Kozietulski, se rend maître de la première batterie, ce qui ne met pas fin pour autant à l'attaque. Alors qu'il s'apprête à aborder la deuxième batterie espagnole, Kozietulski perd son cheval tué sous lui[9] et reçoit une contusion à la jambe gauche[4] (une autre source parle toutefois de la jambe droite)[1]. Bien que démonté et souffrant, il parvient à regagner les lignes françaises, laissant le reste de l'escadron poursuivre la charge sous les ordres du capitaine Dziewanowski[11]. Il est, à compter de ce jour, surnommé le « héros de Somosierra »[12].
Même s'il n'est pas reconnu comme l'unique artisan de la victoire, il demeure en Pologne comme le vétéran le plus connu de cette campagne.
De l'Empire napoléonien au royaume du Congrès


Kozietulski est fait chevalier de la Légion d'honneur le [1]. Le de cette même année, il se distingue à la bataille de Wagram où, lors du combat qui oppose les chevau-légers polonais aux uhlans autrichiens, il rectifie une erreur d'appréciation causée par la myopie de son supérieur, le major Delaitre, susceptible de compromettre la position du régiment[13]. Il reçoit à cette occasion une blessure à la tête[2]. Ce fait d'armes lui vaut la croix d'officier de la Légion d'honneur[14] le [1]. Récipiendaire de la croix d'or de l'ordre militaire de Virtuti Militari en 1810[15], il est fait baron de l'Empire le [16].
À l'époque de la campagne de Russie, Kozietulski est à la tête du 1er escadron des lanciers polonais de la Garde[17]. Il se distingue le à Gorodnia, où il est blessé d'un coup de lance en s'élançant à la tête de son escadron sur les cosaques qui assaillent l'Empereur et son état-major[18] ; son uniforme, déchiré à hauteur du bras, est toujours préservé au musée de l'Armée à Varsovie[19]. Après avoir récupéré de ses blessures, il est fait colonel-major des lanciers polonais de la Garde le [4] et, au cours de la campagne d'Allemagne, combat à Dresde et Altenburg[2]. Il devient chevalier de l'ordre de la Réunion le suivant[1].
Le , à la suite de la création des éclaireurs de la Garde impériale, Kozietulski est choisi pour commander le 3e régiment d'éclaireurs avec le grade de major[20],[1]. Composée majoritairement de Polonais, son unité participe à la campagne de France de 1814 aux côtés des lanciers polonais de la Garde[21]. Il est présent lors de la défense de Paris, le , durant laquelle il reçoit pour mission de couvrir l'approvisionnement en munitions des canons déployés dans le secteur de la Chapelle avec 80 éclaireurs polonais[22] ; engagé avec ses hommes du côté d'Aubervilliers, il s'efforce d'y ralentir la progression des Coalisés[23].
Après la défaite de Napoléon, Kozietulski revient en Pologne, devenue royaume du Congrès dont le tsar de Russie est le roi, et devient commandant du 4e régiment polonais de uhlans[24]. S'étant vu remettre l'ordre russe de Sainte-Anne le [1], il doit cependant démissionner de son commandement sur fond de malversations financières[25], bien que Danielle et Bernard Quintin évoquent un congé « pour raison de santé » le [1]. Placé en disponibilité le , il meurt à Varsovie le et est enterré en l'église des Capucins à Belsk[1].
Initié à la franc-maçonnerie, il fréquente dès 1806 la loge Zum Tempel der Weisheit (Temple de la Sagesse) à Varsovie avant de devenir membre de la loge Saint Louis de la Martinique des Frères réunis à Paris en 1809[26].
Postérité
Il est surnommé « le brave des braves » par les soldats français[27]. En Pologne, le souvenir de ses exploits militaires a suscité une abondante et élogieuse production littéraire et artistique, mais aussi des commentaires critiques sur la futilité de sa charge à Somosierra, comparée à la charge de la brigade légère à Balaklava pendant la guerre de Crimée[28]. L'historien Norman Davies note cependant que les accusations portées contre Kozietulski, en tant que « symbole de l'aile activiste et insurrectionnelle de la politique polonaise », s'inscrivent dans un contexte plus général de dénigrement du courant romantique dans son ensemble et que, si l'ancien officier des lanciers polonais de la Garde « n'était pas le surhomme immaculé de la fiction », « les mobiles de ses détracteurs sont aussi suspects que ceux de ses hagiographes »[25].