Jan Mombaer

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Entre et Voir et modifier les données sur Wikidata
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Personne liée
Érasme (épistolier)Voir et modifier les données sur Wikidata
Jan Mombaer
Biographie
Naissance
Décès
Entre et Voir et modifier les données sur Wikidata
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Autres informations
Personne liée
Érasme (épistolier)Voir et modifier les données sur Wikidata

Jan Mombaer (en latin Johannes Mauburnus ou Johannes de Bruxellis; en français Jean Mauburne ou Jean Monboir), né à Bruxelles vers 1460, et décédé à Paris, le , est un chanoine régulier de la congrégation de Windesheim. Outre son activité de réformateur en France, il s'est consacré à la rédaction d'hymnes liturgiques et de traités méthodiques pour la méditation. Son œuvre aurait influencé indirectement saint Ignace de Loyola.

Individualisation et classification dans la spiritualité du XVe siècle

Les années de formation

Jan Mombaer est né à Bruxelles, aux environs de 1460. Après avoir étudié la grammaire et la musique à Utrecht, il entre, vers 1477, au Mont-Sainte-Agnès, près de Zwolle chez les chanoines réguliers de Saint-Augustin de la congrégation de Windesheim, promoteurs de la Devotio moderna. Il est d'abord envoyé à Bronope, près de Kampen, où il assure la direction spirituelle de chanoinesses de Windesheim. Il devient ensuite visiteur des bibliothèques de la congrégation dans les Pays-Bas et le Pays de Trêves; puis sous-prieur et procureur du monastère de Gnadenthal (Clèves)[1]. Dès cette époque, il révèle des talents de compilateur spirituel. Grand liseur, il retranscrit des Écritures saintes de courtes citations ou sentences, susceptibles de servir de base à la méditation; il leur adjoint ensuite des commentaires censés nourrir la réflexion et surtout la ferveur; il les organise enfin selon différentes structures, par exemple en fonction des jours de la semaine. Soucieux d'instruire les laïcs dans la piété, les adeptes de la Devotio moderna se méfient de l'imagination et des spéculations intellectuelles, mais tout ce qui présente, au contraire, un caractère méthodique et pratique, les attire. C'est pourquoi l'invention de Mombaer est rapidement recopiée par les jeunes religieux, et imprimée vers 1494, sous le titre de Rosetum exercitiorum spiritualium et sacrarum meditationum (Rosier d'exercices spirituels et de méditations sacrées). Autre invention relevant des arts médiévaux de la mémoire, tout autant que d'une passion de classifier : le chiropsalterium, qui consiste à assigner à chaque région des deux mains un sujet de réflexion religieuse[2]. Il n'est pas sans intérêt de souligner qu'Erasme, alors jeune chanoine de la congrégation, a entretenu, à partir de 1497, une correspondance avec Mombaer, dans laquelle il loue (sincèrement, semble-t-il) l'attachement de celui-ci aux belles-lettres et son œuvre de réformation des monastères français[3].

Les années de réformation

En 1496, s'ouvre pour Mombaer un plus large champ d'activité. La France, à cette époque, se relève de la guerre de Cent Ans; l'heure est à la restauration et aux réformes : Jean de Bourbon réforme l'abbaye de Cluny et Pierre Dumas celle de Chézal-Benoît; quant au Malinois Jean Standonck, il bénéficie des faveurs de Charles VIII depuis qu'il a restauré le collège universitaire parisien de Montaigu, dans l'esprit de la Devotio moderna. C'est lui qui va faire appel aux chanoines de Windesheim, lorsque l'abbé de Saint-Séverin, Jacques d'Aubusson la Feuillade, le sollicite à propos de son abbaye de Château-Landon, près de Sens Six religieux sont alors envoyés, à la tête desquels se trouve Jean Mombaer. Arrivés sur place, ils rencontrent l'hostilité, souvent violente, des moines, et cela en dépit de l'appui du roi et de l'archevêque de Sens[4]. Il faut attendre la deuxième moitié de l'an 1498 pour obtenir la charte de la réforme du monastère. Entre-temps, un nouveau projet de réforme a été établi. L'objectif est, cette fois, à Paris, la prestigieuse abbaye de Saint-Victor, berceau historique de l'ordre canonial. Mais la réussite n'est pas au rendez-vous, les chanoines de Saint-Victor n'étant pas désireux d'être réformés par des étrangers, et ceux-ci doivent quitter l'abbaye en . Ils sont alors approchés par Charles de Hautbois, abbé commendataire de Livry-en-l'Aulnois, dont le monastère est en ruine. Il leur fait part du dessein de Nicolas de Hacqueville, chanoine de Notre-Dame, membre du Parlement de Paris et président de la Chambre des requêtes, de relever cette ancienne abbaye royale et d'en faire le centre d'une congrégation française de communautés réformées. Par ailleurs, Jean Salembien, abbé de Saint-Calixte, à Cysoing, près de Lille, après avoir demandé l'incorporation de son abbaye à Windescheim, accepte que les chanoines des Pays-Bas réforment son institution[5]. Saint-Séverin, Notre-Dame de Livry, Saint-Calixte, à quoi il faut ajouter Saint-Sauveur de Melun, tel est le bilan à la mort de Mombaer, le . L'insalubrité des couvents, l'austérité du régime canonial et la fatigue causées par les missions, ont eu raison de sa santé délicate. Il était devenu abbé de Livry après avoir été prieur de Château-Landon. Sous son successeur, Martin des Champs, son œuvre prendra le nom de Congrégation de la nouvelle réforme du royaume de France, puis celui de Congrégation de Saint-Victor, une fois réformée la célèbre abbaye[6].

Spiritualité

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI