Janebé
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Janebé |
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Charles Barraud (de à ) |
Jeanne Pellet (puis Barraud, et enfin Weber), dite Janebé, née le à Praz et morte le à Neuchâtel, est une artiste peintre suisse.
Jeanne Pellet voit le jour à Praz-Vully, dans une famille fribourgeoise dont elle est le troisième enfant. Ses parents s'installent à La Chaux-de-Fonds en 1917, et Jeanne est embauchée dans un atelier de décolletage dès 1921[1]. Parallèlement, en 1923, à peine âgée de 16 ans, elle découvre le monde de l'art en posant comme modèle pour des artistes comme William Stauffer, Léon Perrin, Georges Dessouslavy, ou Charles Barraud qu'elle épouse en 1926[2]. Le couple vit d'abord assez chichement, en exploitant un magasin d'encadrement. Une fille, Marie-Louise (dite Malou), naît en 1930.
Elle commence sa carrière d'artiste en 1938 par la sculpture dans l'atelier de Léon Perrin[1], avant de très vite s'orienter vers la peinture[3], signant ses tableaux et dessins « Jeanne B. », puis « Janebé »[4], pour se distinguer de la fratrie des peintres Barraud, à savoir son époux et ses beaux-frères François (déjà décédé en 1934), Aimé et Aurèle. Dès l'année suivante, elle participe à l'exposition collective Zeichnen, Malen, Formen: Schweizerische Landesausstellung 1939 au Kunsthaus de Zurich[5]. Elle obtient des bourses de la Confédération suisse pour les Beaux-Arts en 1940 et 1941[3]. En 1942, elle expose avec Charles Barraud à Genève, rue de Carouge[6].
En 1935, Jeanne avait accompagné son mari en Tunisie, et en Algérie en 1937. Elle retourne avec une amie dans ce dernier pays (à Touggourt) en 1949, puis en Tunisie (dans les îles Kerkennah) l'année suivante, rapportant plusieurs œuvres de ces deux séjours[7].
Séparée de son mari dès 1947, elle en divorce en 1950 et s'installe dans le village de Boudry[1]. À partir de 1951, elle vit avec Albert Weber (1892-1977), dont elle deviendra l'épouse en 1955 et qui lui permettra de se consacrer pleinement à son art[7].
En 1954, elle est nommée présidente de la section neuchâteloise de la Société suisse des femmes peintres[2].

En 1958, elle installe à la fois son logement et un atelier-galerie à Bevaix, rue du Jordil, où elle demeurera jusqu'en 1995, date à laquelle elle est victime d'un accident vasculaire cérébral et cesse de peindre[1]. Elle y a pour voisin Gérald Comtesse, qu'elle prend comme modèle pour plusieurs tableaux à partir de 1959, et qui devient son élève, à 16 ans, en 1960[8].
Elle décède le à Neuchâtel[3].
En 2020, Gérald Comtesse et son épouse lèguent un ensemble d'environ 120 œuvres, dont 90 huiles, une vingtaine de dessins et des archives à la Fondation Ateliers d'artiste, à Saint-Maurice (Valais)[9].
Style
« En 1940 apparaissent sur les scènes artistiques neuchâteloise et suisse des peintures qui surprennent par leur force de caractère. Solidement charpentées, elles sont modernes par la simplification des plans et des volumes, par une certaine dureté du dessin, par leurs matières empâtées, traitées à la spatule. Ces toiles surprenantes sont dues à une femme de 33 ans qui n'a pas étudié dans les écoles mais qui, dès l'adolescence, a beaucoup regardé peindre. » Gérald Comtesse[7].
« Janebé, influencée par les Barraud, fait jaillir la poésie qui émane des choses simples. Elle structure les volumes au moyen de violents contrastes de lumière, les accentuant par une matière empâtée appliquée à la spatule (technique abandonnée en 1952). » Corinne Charles[3].
À partir de 1952, après la disparition des couteaux souples de la maison Duplain qu'elle avait utilisés jusque-là, « elle adopte progressivement la brosse et le pinceau, ce qui introduit une touche plus souple et modulée »[1].
Expositions
Expositions personnelles
Janebé expose dans de nombreuses galeries au cours de sa carrière[10]:
- Galerie La Vieille Fontaine, à Lausanne (1952[11])
- Galerie des Amis des Arts à Neuchâtel (1953, 1954, 1964, 1968[12],[13], 1977, 1981, 1984, 1987, 1999)
- Galerie Spitteler à Berne (1954, 1955[14], 1956, 1957, 1958)
- Kunstsalon Wolfsberg à Zurich (1960, 1962[15])
- Galerie Bretschger à Berne (1960[16])
- « Octobre pictural », Lyceum, à Neuchâtel (1960[17])
- Bilderstube Leuebrüggli à Langenthal (1962[18])
- Galerie Bertram à Burgdorf (1963[19])
- Galerie Marcelle Schurch à Lyss (1961[20], 1963, 1969, 1970, 1971, 1973[21])
- Galerie Erato à Soleure (1968[22])
- Galerie Zur alten Kanzlei à Zofingue (1974[23])
- Atelier-Galerie René Burki à Langenthal (1976[24])
- Galerie Orly à Bâle (1977, 1980[25], 1983, 1988, 2003)
- Städtligalerie à Wangen an der Aare (1978[26], 1980, 1990, 1994[27])
- Galerie du Banneret à Berne (1979[28])
- Château de Vorder-Bleichenberg à Biberist (1982[29], 1987, 1992, 1997, 2002)
- Galerie de l'Evole à Neuchâtel (1991[30])
- Galerie Jolimont à Erlach (1993[31])
mais aussi au Musée des Beaux-Arts de La Chaux-de-Fonds (1949[32], 1953, 1954, 1962),
avec deux rétrospectives à la Galerie des Amis des Arts à Neuchâtel, l'une, Janebé, 40 ans de peinture, en 1977, et l'autre pour ses 80 ans, en 1987[33].
4 expositions sont organisées à titre posthume:
Collections publiques
Berne, Collections d'art de la Confédération
Musée des Beaux-Arts de La Chaux-de-Fonds
- Paysage, huile sur toile, s. d.
- Sans titre [portrait de femme au jardin], huile sur toile, sans date
- Déjeuner, huile sur panneau isorel, 1951
- Les oignons, huile sur aggloméré, 1964
- La liseuse, huile sur pavatex, 1982