Jardins ouvriers des Vertus

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Les jardins ouvriers des Vertus sont des Jardins familiaux situés à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis. Ils occupent une surface d'environ 2,6 hectares sur le glacis du Fort d'Aubervilliers. Ces jardins ont vu le jour le et sont gérés par l’association du même nom. Entre 2020 et 2024, ils ont fait l'objet d'une lutte environnementale pour préserver près de 10 000 m2 menacés de destruction[1],[2].

La Plaine des Vertus[3] est au cœur de la vaste plaine alluviale de La Plaine Saint-Denis, à quelques kilomètres au nord de Paris. Elle est drainée par de petits cours d'eau comme le Ru de Montfort, le ru du Vivier et celui du Goulet. Terroir agricole attesté depuis le Moyen Âge, la dénomination de « Vertus » aurait pour origine la légende d'une jeune fille ayant prié la Vierge, à la suite d'une longue sécheresse, qui aurait vu, le , ruisseler les yeux de la statue et entendu la pluie tomber au même moment. Après ce miracle, l'Église Notre-Dame-des-Vertus d'Aubervilliers serait devenue un lieu de pèlerinage[4].

Les premières mentions de légumes sur ce territoire date de la même période : « Dès le XIVe siècle, la plaine des Vertus est un centre réputé des cultures légumières. Le sens le plus général attribué dès lors au mot Vertus désignera les gros légumes poussés en plein champ et fumés à l’aide de l’engrais urbain (boues et gadoues de Paris et Saint Denis) : robustes choux des vertus, salsifis et oignons « paille des vertus, … », « Les différentes variétés servaient à la préparation de potages et préfiguraient, en cela, la production légumière du XVIIe siècle »[5]

Jusqu'au début du XXe siècle, la Plaine des Vertus, accueillait de nombreux maraîchers alimentant Paris. Elle était une référence pour l’approvisionnement parisien : au marché des Halles de Paris, ses maraîchers avaient une place réservée, le « Carreau des Vertus ». La pression immobilière a peu à peu chassé les maraîchers…[6] Les jardins familiaux qui s'étendent sur le glacis du Fort sont la dernière trace de ce passé. Ces jardins s'étendent aujourd'hui sur 7 hectares, dont 2,6 hectares pour les Jardins Ouvriers des Vertus et 4,5 hectares pour les Jardins de Pantin. En 1963, les jardins des Vertus occupaient plus de 6,2 hectares. Ils ont été amputés à plusieurs reprises, notamment pour la construction du métro de la ligne 7 Fort d'Aubervilliers (métro de Paris) en 1979, et pour la construction du théâtre Zingaro de Bartabas en 1989[7].

Depuis 2014, les jardins sont inclus dans le projet de ZAC du Fort d'Aubervilliers[8], porté par Grand Paris Aménagement (GPA). Cette ZAC prévoit de transformer les 36 ha du fort en un quartier accueillant 1 800 logements sur 226 000 m2, et 50 000 m2 de locaux d’activités et de commerces, une piscine d’entraînement olympique et une gare du Grand Paris Express. La piscine d’entraînement olympique est l’une des bases d’entraînement des nageurs engagés pour les Jeux olympiques d'été de 2024 de Paris, dessinée par Chabanne Architectes. Le projet prévoit l'aménagement d'un solarium ainsi qu’un espace de remise en forme, qui devaient empiéter sur dix-neuf parcelles des jardins[9]. Par ailleurs, GPA prévoit d'urbaniser 4 000 m2 de jardins, classés par le PLUi en zone "UM". Il est aussi projeté une station de la ligne 15 Est du Grand Paris Express (entre Saint-Denis et Champigny) desservira le site à l’horizon 2030. Cette station sera liée à celle de la ligne 7 Fort d'Aubervilliers (métro de Paris). Le chantier de cette gare devait à l'origine détruire environ 5 400 m2 de jardins[10].

Écologie

L’étude d’impact réalisée en pour la ZAC du Fort d'Aubervilliers[11] comme le PLUi de Plaine Commune définissent le secteur des jardins comme un refuge pour plusieurs dizaines d’espèces menacées (insectes pollinisateurs, hérissons, oiseaux...). Selon l'OAP du PLUi de Plaine Commune, il s'agit d'un "noyau primaire de la trame écologique locale"[12].

Plus précisément, l'étude d'impact recense l'habitat de plusieurs espèces protégées au sein des jardins : oiseaux, hérissons, grillons… Selon l’étude, on y trouve aussi " le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) au niveau des jardins familiaux, la taupe d’Europe (Talpa europaea), le mulot (Apodemussy/vaticus), la musaraigne (Crocidura sp.) ou encore l’écureuil roux (Sciurus vulgaris). Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus), espèce protégée, et le renard roux (Vulpes vulpes) fréquentent les jardins familiaux ainsi que les terrains de la gendarmerie. Ils se reproduiraient au sein de la zone de l’étude d’impact. Le hérisson hiberne régulièrement dans les jardins familiaux."[11] Cette étude d'impact évoque aussi la présence de chiroptères (chauves-souris), de Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus), et du grillon d’Italie (Oecanthus pellucens) protégé régionalement. Lors de l'étude d'impact, ont été observés 36 espèces d’oiseaux dont 22 espèces d’oiseaux protégées en France[11].

L’Orientation d'aménagement et de programmation du Fort d'Aubervilliers[12] note que «Les fossés se sont enfrichés, accueillant une des rares zones humides du territoire et devenant un noyau primaire de la trame écologique locale reliant le canal au cimetière de Pantin. Cette continuité est notamment avérée pour des oiseaux comme l’Épervier d’Europe et le Faucon crécerelle.»

Mobilisation pour la sauvegarde des jardins

Voir aussi

Notes et références

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