Jean-Baptiste Bobe-Moreau

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Jean-Baptiste Bobe-Moreau
Biographie
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Jean-Baptiste Bobe dit Jean-Baptiste Bobe-Moreau, est un médecin, pharmacien de la marine, botaniste français, né à Poitiers, paroisse Saint-Cybard, le , et mort à Saintes le .

Formation

Jean-Baptiste Bobe-Moreau est le fils de François Bobe, perruquier épicier à Poitiers, et de Marie-Anne Vallet. Comme ses trois frères, François-Olivier, né en 1760 qui est devenu prêtre, Jean, et Pascal-Alexis, né en 1777, devenu pharmacien de 2e classe à Rochefort avant d'être tué dans un duel en 1804, il a fait ses premières études chez les religieux de Poitiers.

Il entre à l'École de chirurgie du port de Rochefort, fondée en 1722 par Jean Cochon-Dupuy, comme aide-chirurgien auxiliaire le . L'école est placée sous la direction de Gaspard Cochon-Dupuy, premier médecin qui est mort le et auquel a succédé son cousin, Pierre-Jacques-Thomas Cochon-Duvivier, qui a dirigé le nouvel hôpital inauguré le . Il est affecté au port de Rochefort comme second chirurgien auxiliaire entre le et le . Il passe en 1783 le concours du service de santé de la Marine pour la nomination aux places vacantes mais n'est pas reçu. Puis il est embarqué sur la gabarre Le Pérou entre le et le , puis Le Chien de chasse entre le et le . Il passe de nouveau le concours du Service de santé mais n'est pas reçu malgré les avis élogieuses du jury. Il aurait fait un voyage aux Antilles où il aurait découvert la flore et le faune des Caraïbes. Il reçoit le brevet de second chirurgien entretenu le avec des appointements de 800 livres.

Il passe les deux premières années de la Révolution à Paris où il poursuit ses études de médecine mais ne sembla pas avoir participé aux évènements. Il soutien sa thèse de doctorat de médecine à la Faculté de médecine de Reims le . Elle répond à la question posée par son examinateur Jean-Baptiste Caqué, « An curandus morbis, quam saepissime, figida caeteris potionibus anteponenda sit aqua ? ». Il revient alors à Rochefort comme docteur en médecine.

Retour à Rochefort

Revenu à Rochefort comme seul docteur de médecine parmi les chirurgiens, il est embarqué sur la flûte Le Dromadaire le mais il doit être débarqué à Toulon pour raison de santé le . Il revient à Rochefort au printemps 1792.

Il s’est marié à Rochefort à l’âge de 36 ans, le 27 ventôse an V (17 mars 1797), mais se sépara de sa femme cinq ans plus tard. Il a eu cinq enfants reconnus.

Jean-Baptiste Bobe-Moreau et la Révolution française

La République est proclamé par la Convention le . Bobe-Moreau est conquis par les idées républicaines et se lie d'amitié avec un des principaux activiste, Jean Poché-Lafond (1752-1849), second médecin à Rochefort. Il intervient au Club des amis de la constitution affilié aux Jacobins de Paris qui est à l'origine de la Société populaire dans laquelle il va se trouver entraîner. La Société populaire s'est imposée à la municipalité mais c'est le Comité de surveillance, fondé le , qui a le pouvoir réel. Les Conventionnels en mission Joseph Lequinio et Joseph François Laignelot arrivent à Rochefort le avec les pleins pouvoirs. Ils font régner la terreur et un tribunal révolutionnaire est créé le qui condamne des dizaines de personnes à mort. En , Bobe-Moreau est désigné pour siéger dans une commission qui doit arrêter à l'île de Ré le conventionnel Gustave Dechézeaux qui est exécuté le à Rochefort.

Cette arrestation lui a été reproché plus tard. Il a répondu qu'il avait été nommé à cette commission malgré lui et qu'il avait réussi à éviter d'autres arrestations. Par ailleurs, dans son arrêté du , le Comité de salut public avait décider d'envoyer à Rochefort avant de les transférer en Guyane des prêtres réfractaires. Quelques 800 prêtres sont enfermés à l'hôpital et les pontons Les Deux Associés et Le Washington où le typhus se développe. Il intervient auprès du Comité de Salubrité navale pour provoquer une inspection. Celle-ci faite par le chirurgien Vivès permet le débarquement des malades. Il a reçu des messages de remerciement pour son action.

En 1794, après le 9 thermidor et la chute de Robespierre, il devient président de la Société populaire de Rochefort en . Il exclue les meneurs de la Terreur, André, président du tribunal révolutionnaire, Hugues, le procureur, et son assistant, Lebas, mais aussi Rossignol, Valade, Grivet, Poché-Lafond, membres du Comité de surveillance. C'est alors qu'il prend le nom de Bobe-Moreau.

Jean-Baptiste Bobe-Moreau pharmacien

Jean-Baptiste Bobe-Moreau a pu profiter de son attitude pendant la Révolution en obtenant le grade de pharmacien en chef qui venait d'être créé le pour ses « services qu’il avait rendu à l’humanité ». Il peut alors siéger au Conseil de Santé aux côtés du premier médecin et du premier chirurgien en chef. Il a exercé les fonctions de pharmacien en chef et de médecin extraordinaire entre et . Il est promu premier pharmacien en chef le . Il ne s'est alors occupé que du service de pharmacie jusqu'à sa mise à la retraite, le , sauf pendant une courte période à partir d' pendant laquelle il a été rétrogradé à la première classe des pharmaciens dur probablement à ses positions pendant la Terreur. Dans ses mémoires non publiés, Jean René Constant Quoy qui a été son élève donne une explication sur le choix de la pharmacie au lieu de la médecine fait par Bobe-Moreau : « voyant que dans la filière médicale il n’avancerait pas assez vite, il entra dans la lignée pharmaceutique qui manquait de sujets et arriva promptement au premier grade ». En 1831, Bobe-Moreau donne une explication dans la lettre qu'il envoie au secrétaire d'État à la Marine du  : « J’aspirais à être médecin de la Marine. Ici les écoles étaient privées de l’enseignement de la chimie, de la matière médicale et autres sciences accessoires. Dédaignant la vaine gloriole des préséances, je choisis la plus nécessaire : je fus pharmacien en chef ».

Jean-Baptiste Bobe-Moreau et la vaccination

Pharmacien en chef en 1794, Bobe-Moreau lit une communication de Marc-Auguste Pictet dans les Annales de chimie de vendémiaire an VIII sur les travaux de Jenner[1]. Il a appris que des inoculations ont été réalisées en Angleterre par Pearson[2] et que cette méthode a été introduite à Genève par le docteur Louis Odier. Il écrit aussitôt à ce dernier pour obtenir des souches. Il reçoit le 7 germinal an VIII (28 mars 1800) des fils imprégnés de virus. Il réalise à Rochefort les premiers essais d’inoculation de la vaccine par la méthode de Jenner[3]. Il publie le résultat de ces vaccinations chez Jousserant le 13 germinal an IX (3 avril 1801).

Après sa mise à la retraite

Le 13 avril 1814, il participe à la réception à Rochefort du duc d'Angoulême. Ses positions pendant la Terreur ont fait qu'il est mis à la retraite le . Il pratique la médecine pendant une vingtaine d'années à Rochefort avant de se retirer à Saintes. En 1832, il propose un appareil générateur de vapeurs de chlore afin de prévenir le choléra.

Membre de sociétés savantes

Jean-Baptiste Bobe-Moreau est un des membres fondateur de la Société de littérature, sciences et arts de Rochefort, en 1806, vice-président en 1810, président en 1811, de nouveau vice-président en 1813 avant de quitter la société après sa retraite, en 1820[4].

Publications

Références

Annexes

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