Jean-Frédéric baron de Turckheim ( à Strasbourg - à Strasbourg[1]) est un banquier, homme politique français et président d'Église.
Distinctions et hommages
Né dans une famille luthérienne fixée à Strasbourg dès le XVesiècle, Jean Frédéric est le fils ainé du baron Bernard-Frédéric de Turckheim et de Lili Schoenemann. Il fréquente les universités d'Erlangen, de Strasbourg et de Paris, puis effectue des stages dans des banques de Paris, Brême et Amsterdam. En 1806, il entre dans la banque paternelle à Strasbourg et en prend la direction. Après avoir échoué à la députation, le , dans le 4earrondissement électoral du Bas-Rhin contre Humann, il est élu, dans le grand-collège du même département, le suivant.
Réélu, le , il prend place au centre gauche, s'occupe principalement de la question des tabacs, et vote contre le ministère de Villèle et pour l'Adresse des 221. Il échoue le , dans le 1ercollège du Bas-Rhin (Strasbourg), contre le général La Fayette, ne se représente pas en 1834, mais est élu, dans ce dernier collège, le . Il siège obscurément dans la majorité et ne se représente pas en 1837.
Il est élu député au Consistoire général de l'Église de la Confession d'Augsbourg en 1820 puis nommé président du Directoire et du Consistoire général en 1831, succédant ainsi à son père Bernard Frédéric de Turckheim. Il va consacrer tout son temps à la direction de l'Église luthérienne, au point de laisser péricliter sa banque. Il s'occupe activement des fondations protestantes (Séminaire et Faculté de théologie) et lance dès 1831 la réforme des Articles organiques des cultes protestants de 1802, qui n'aboutira qu'en 1852, sous son successeur Théodore Braun. Il négocie avec Paris pour obtenir la création d'un consistoire (1839) et d'un premier poste pastoral luthérien (1842) en Algérie. À partir de 1846, sa santé le contraint à de nombreux séjours à Cannes et la révolution de 1848 substitue au Directoire une commission directoriale et l'écarte de la présidence. Il démissionne de celle-ci en 1850, peu avant sa mort.
Marié le à Friederike von Degenfeld-Schonberg, fille du comte Gustav Eugen von Degenfeld-Schonberg, et de Marianne, Freiin von Berlichingen, il est le beau-père de Ferdinand Eckbrecht von Dürckheim-Montmartin(de).
Michel Richard, «Les membres laïques du consistoire général de la Confession d'Augsbourg (1805-1848)», in Bulletin de la Société d'histoire du protestantisme français, n° 126, 1980, p.435
Jean Volff, L'Église protestante mixte d'Algérie. Une première expérience d'union luthéro-réformée (1830-1908), Lyon, Olivétan, 2020, p.50-57
Christian Wolff, «Turckheim (baron) Jean Frédéric», in Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, 2, L'Alsace, Paris, Beauchesne, 1987, p.436-437