Jean-Louis Fargette
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Jean-Louis Simon Marcel Fargette |
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Jean-Louis Fargette, parfois surnommé JLF, Savonnette ou Le Grand, est un parrain du milieu varois des années 1970 à 1993. Il est né le à La Valette-du-Var (Var) et est abattu le à Vallecrosia, en Italie.
Jeunesse
Il naît le à La Valette-du-Var, une commune limitrophe de Toulon. Il passe une partie de son enfance en Nouvelle-Calédonie, où son père d'origine jurassienne est militaire. En 1959, la famille se réinstalle à Toulon. Son père décède la même année, lors de la catastrophe du barrage de Malpasset.
Début du parcours criminel
À 18 ans, Jean-Louis Fargette se fait remarquer par Louis Régnier, surnommé le « Seigneur des Sablettes », un ponte du milieu varois, qui l'intègre à la Bande des Trois Canards à Paris. Au sein de cette bande, il côtoie Tany Zampa, Auguste Ricord, Eugène Matrone ou les frères Guidicelli. Louis Régnier le surnommera JLF Le Grand, et sera un deuxième père pour Fargette.
En 1971, il est inscrit au fichier du grand banditisme avec la note suivante : « Capable de toutes les actions pour s'imposer au Milieu toulonnais ». Ses revenus proviendraient principalement du racket. Ses hommes de main incendient les bistrots qui ne cèdent pas au racket[1]. Il achète un bar à Toulon, le Tonneau. Lui-même victime de racket, il se défend contre deux truands en leur tirant dessus. Il est innocenté car considéré comme en état de légitime défense, mais est tout de même condamné à 15 mois de prison avec sursis pour port d'arme illégal. Par la suite, il achète un deuxième bar dans le « Petit Chicago », un quartier de Toulon.
Son nom apparaît dans l'affaire du Prix de Bride Abattue en 1973. Peu de temps après, il est désigné par le Milieu pour faire office de médiateur dans le conflit qui oppose Francis Le Belge à Tany Zampa. En 1976, il se marie avec Argelia, une danseuse et strip-teaseuse. Le couple a deux enfants, Linda et Romain. Fargette est considéré comme un père exemplaire. Ils possèdent aussi une lionne à demeure.
En 1975, épaulé par Loulou Régnier et son équipe (ses deux frères Guy et Robert Fargette, son homme de terrain Jacky Champoulier, Georges Costa, Paul Grimaldi, Tutu Iannetti, José Ordioni, Henry Diana, Tony Donati et son relais sur Marseille Daniel Savastano), il renforce son petit empire : il prend possession de plusieurs bars et discothèques, dont quatre directement, et multiplie les sources de revenus. En 1977, il est condamné pour vol de fourrures et détournement de chèques, et passe trois mois en détention provisoire. Il est aussi soupçonné un temps d'avoir participé à l'assassinat d'un juge toulonnais[2].
Exil italien
En 1982, il fuit en Italie pour éviter une condamnation à un an de prison ferme pour avoir hébergé Pascal Damiano, un braqueur italien en cavale. C'est à cette occasion qu'il gagne le surnom de « Savonnette ». Il s'installe tout d'abord à Rome sur les conseils de Tany Zampa, puis s'installe près de la frontière franco-italienne à Vallecrosia, où il acquiert un appartement de luxe. Il reçoit deux fois par semaine ses lieutenants dans le salon d'un hôtel de Sanremo, à 200 km de Toulon. Il reçoit la visite de sa famille et de ses alliés politiques. Lorsqu'il ne reçoit personne, il consacre ses journées à gérer ses affaires par téléphone, notamment le placement de machines à sous et le trafic de fausse monnaie.
En , la police l'arrête et le relâche contre une caution d'un million de francs, tout comme en 1984 et 1987. Vers la mi-1980, il acquiert des parts dans « Hyères-FM », par l'intermédiaire de son lieutenant Henri Diana. En 1988, il essaye de faire assassiner Bernard Frank, qui tentait de le concurrencer. En retour, on cherche à l'assassiner à Rome. En Italie, il monte une affaire de jeans, « JLF », qui fera faillite, et une pizzeria.
En 1991, Fargette arrive à réunir 15 millions de francs pour monter la plus grande discothèque de France, Le Cosmos, à La Valette. Mais celle-ci fait faillite et il tente alors de se diversifier avec des affaires légales dans les pays de l'Est, en Afrique, mais surtout dans le Var avec le projet Sophia-Estérel à Fréjus, l'extension de l'aéroport d'Hyères et la création d'une société d'importation de ciment, les Ciments varois.
La prescription de sa condamnation pour recel de malfaiteurs en 1982 arrivant à son terme, il souhaite retourner en France. Mais en 1992, le fisc français lui réclame quatre millions de francs ; il décide donc de rester en Italie.
Assassinat
Le , JLF est assassiné de cinq balles[3], dont deux dans la nuque, par un tueur embusqué. Yann Piat fut un temps soupçonnée d'avoir commandité le meurtre, mais la piste du Milieu semble être davantage privilégiée. Ses lieutenants, Jacky Champourlier en tête, pourraient en effet s'être débarrassés d'un patron trop gourmand. La « succession » durera jusqu'en 1995 et fera plus de 10 morts.
À son enterrement à la Valette-du-Var, plus de 2 000 personnes sont présentes et ses hommes laissent une épitaphe sur la couronne mortuaire : « Tu es le boss et tu le resteras toujours ».
