Jean-Pierre Béluze, né le à Montagny (Loire) et mort le à Meudon (Seine-et-Oise), est un militant communistecabétiste, à partir de 1846, puis associationniste. Il est à l'origine de la Société du Crédit au travail (de à ), qui sera à l'initiative du mouvement coopératif.
Ouvrier ébéniste, Béluze devient communiste cabétiste en 1846 mais renonce en 1847 à s’embarquer pour les États-Unis pour participer à la création une communauté icarienne[1]. Il remplace Cabet à partir de son exil londonien en 1848 et devient de fait administrateur et rédacteur du journal Le Populaire. Pendant douze ans, il assure la gestion du bureau icarien de Paris jusqu'en 1860: son domicile du 3 rue Baillet dans le 1er arrondissement sert de siège[2]. De là, il organise la diffusion de la doctrine communiste en France, il entretient les relations avec les impatriés icariens aux États-Unis jusqu'à les soutenir financièrement si nécessaire[3]. Ce mouvement fouriériste en en tant qu'association, proudhonien en tant que coopération est à l'origine des coopératives ouvrières que l'on a vu fleurir en 1848, sur les 300 que relève l'Almanach. Il s’agit de «réunir les épargnes des travailleurs pour les prêter à d’autres travailleurs qui les fassent fructifier par le travail, l’économie et la prévoyance à la fois une caisse d’épargne pour les travailleurs et une banque pour les sociétés coopératives»[4]. Après la mort de Cabet, dont il épouse la fille, il s'éloigne du communisme cabétiste pour se consacrer à la propagande associationiste[5].
En , Il crée la Société du Crédit au travail, qui est, selon ses statuts «en même temps une Caisse d’épargne pour le travailleur, une Société de Crédit mutuel entre ses membres et une Banque de Crédit et d’Escompte pour les Sociétés coopératives.»[6] Il s’agit de «réunir les épargnes des travailleurs pour les prêter à d’autres travailleurs qui les fassent fructifier par le travail, l’économie et la prévoyance à la fois une caisse d’épargne pour les travailleurs et une banque pour les sociétés coopératives.»[6] Les coopératives périclitant, la société n'y survit pas[7].
Laurent Sadock, sous la direction de Philippe Vigier, Jean-Pierre Beluze ou La société du crédit au travail, L. Sadock, , 137p. (BNF42758996)
Olivier Chaïbi, «Accorder du crédit à ceux qui n'en ont pas: La Société du Crédit au Travail de Jean-Pierre Béluze et le développement de la coopération (1863-1868)», Les Études sociales, no164, , p.87-111 (lire en ligne)