Jean-Pierre Le Goff (écrivain)

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Jean-Pierre Le Goff
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Jean-Pierre Le Goff[1], né à Douarnenez le et mort à Montmorillon le , est un écrivain, poète et plasticien français.

Jean-Pierre Le Goff passe son enfance à Douarnenez, marquée en 1945 par la disparition de son père, perdu en mer, qu’il évoquera dans le dernier livre publié de son vivant (Les Abymes du Titanic, 2006).

Il découvre le surréalisme pendant ses années de lycée, dans des ouvrages de la bibliothèque municipale de Brest, notamment à travers la peinture d’Yves Tanguy. En , il se rend à Saint-Cirq-Lapopie pour rencontrer André Breton mais, arrivé sur place, rebrousse finalement chemin. Il apprend par la suite que ce fut le jour même de la mort de Breton[2].

Introduit dans le groupe surréaliste parisien, Jean-Pierre Le Goff participe aux réunions du café La Promenade de Vénus et cosigne des déclarations collectives dans la revue L’Archibras, notamment « La Plate-forme de Prague » () et « SAS » () qui acte la suspension d’une activité organisée. Celle-ci perdurera à travers de nouvelles revues et de nouveaux cafés, au gré de formations affinitaires constituant un milieu dans lequel Le Goff nourrira maintes et durables amitiés.

Au cours de ces années, Jean-Pierre Le Goff se signale par des « dessins géométriques » où s’exprime son approche émerveillée des formes naturelles, et dont il abandonne la pratique au début des années 1970. Dans le courant des années 1970, il se livre à la composition parallèle de deux ensembles de notes, Coquillages et Métaux adjacents, qui exposent une série de curiosités (conchyliologiques pour l’un, métalliques pour l’autre) dont chaque pièce se présente comme le support matériel d’une rêverie. Ces deux ouvrages ne seront publiés qu’après sa mort[3].

Au début des années 1980, Jean-Pierre Le Goff publie des textes dans des revues de la mouvance surréaliste ou de ses alentours immédiats[4], ainsi que quelques opuscules. La plupart de ces écrits, ainsi que de nombreux inédits datant de la même période, seront rassemblés de façon posthume dans Le Vent dans les arbres et autres textes (Le Cadran ligné, 2023)[5]. Son premier livre, Journal de neiges, paraît en 1983 aux éditions Le Hasard d’être : il s’y applique, au jour le jour et durant quatre hivers, à formuler ce que déclenche en lui l’apparition de la neige[6].

En , Jean-Pierre Le Goff fait une arrivée remarquée au « IVe Congrès ordinaire de Banalyse » (Les Fades). Il participe dès lors aux activités et événements de la Banalyse, se rend au congrès annuel des Fades, publie dans Les Cahiers de la Banalyse, participe aux « Rendez-vous de Branik » à Prague. Il s’en retirera en 1991 avec un texte virulent (« La Banalyse prendrait-elle le rétroviseur pour le pare-brise ? »).

En , en lisière d’un petit bois de Brunoy, Jean-Pierre Le Goff procède devant quelques amis à l’enfouissement d’un fil à plomb, sujet d’un poème récemment écrit (« Le Fil à plomb par la pesanteur des mots »). Il présente ce geste comme « une action conjuratoire, une sorte d’exorcisme » et le justifie par un désir de « palpabilité » face à l’incomplétude de l’écrit, « de manière à ce que les mots paraissent coïncider avec l’objet qu’ils définissent » (J.-P. Le Goff, "L'acte que le texte appelle", envoyé le ). Sur les cent trente personnes invitées, seules cinq sont présentes.

À partir de cet acte inaugural, et après une série de textes en feuilleton adressés à quelques correspondants (« Le Fil à plomb », « 11’’ », « Le Mystère de la Pente-côte », etc.), un rituel prend forme : jusqu’en 2007, Jean-Pierre Le Goff invitera par voie postale son carnet d’adresse à le rejoindre dans des lieux, à des dates et horaires précis, pour constater l’accomplissement d’un geste poétique. Il nomme ces envois postaux ses « petits papiers ».

En 1992, La Nouvelle Revue française consacre une bonne partie de son numéro de juillet-août à Jean-Pierre Le Goff, qui y produit deux ensembles de textes : « Préalable sur la perle », et « Hôtels de l’Image ». C’est la première publication de ses petits papiers. André Velter en fait un compte rendu élogieux dans Le Monde des Livres[7].

En 2000, Le Cachet de la poste (feuilles volantes) est publié par Gallimard dans la collection « L’arbalète » avec une préface de Jacques Réda. Cet ouvrage recueille une décennie de « petits papiers ». Jean-Pierre Le Goff les présente ainsi : « Ces petits papiers firent l’objet d’envois postaux qui commencèrent au début de l’année 1989. Des correspondants, dont le nombre fut progressif, les reçurent. La série ici publiée s’arrête au mois de . Les envois des feuilles volantes continuent. »[8].

Dans les années 2000, Jean-Pierre Le Goff participe aux activités du collège de ‘Pataphysique (il est nommé en 2005 Régent du Collège de ’Pataphysique, titulaire de la chaire de Kaïrotique, science de l'occasion saisie[9]). Il contribue à la revue Viridis Candela par une investigation sur « L’affaire des plaques » (2003) et publie trois livres aux éditions Le Crayon qui tue : Du Crayon vert (2001), L’Écriture des fourmis (2003), Les Abymes du Titanic (2006).

En 2004, le musée des Beaux-Arts de Brest lui consacre une exposition : « Jean-Pierre Le Goff “Le cachet de la poste” (correspondance, photographies, objets, traces) ».

En , ses correspondants reçoivent un petit papier intitulé « Néant ». C’est le dernier de ses envois, qui met un terme à près de deux décennies de « petits papiers ». Environ quatre cents personnes en étaient alors les destinataires réguliers.

Les dernières années de sa vie sont marquées par la maladie d’Alzheimer, des suites de laquelle il décède en 2012[10]. Il est enterré au cimetière de Ploaré à Douarnenez. Ses archives ont été confiées par sa fille Alice à la Ville de Brest et déposées à la Bibliothèque municipale d’Études, aujourd’hui médiathèque François-Mitterrand Les Capucins, où leur classement est actuellement en cours.

Œuvre

Notes et références

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