Jean Bouloumié
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Louis Bouloumié (grand-père) |
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Jean Bouloumié (né le à Vittel et mort le dans cette même ville) fut maire et conseiller général de Vittel, directeur de la station thermale de Vittel et de la Société des Eaux de Vittel pendant près de quarante ans.
Né à Vittel le , il est le petit-fils de Louis Bouloumié (1812-1869), fondateur de la station de Vittel dans les années 1850, et le fils d'Ambroise Bouloumié (1843-1903) qui a succédé à Louis. Il succède également à son père en 1903, après des études de médecine à Nancy[1]. Il est administrateur et directeur de la station thermale de Vittel et il succède en 1938 à son oncle Pierre (1884-1929) puis au sénateur Maurice Flayelle comme président du conseil d'administration de la Société générale des Eaux de Vittel (SGEMV), fondée par Ambroise en 1882.
Jean Bouloumié poursuit le développement de la station thermale lancé par ses prédécesseurs. L'aménagement de la station s'est fait progressivement sans grands apports bancaires, sans l'appui de l’empereur Napoléon III, en fonction des bénéfices de l’entreprise. En 1860, un premier hôtel avait été construit dans la propriété familiale. Le projet d'Ambroise Bouloumié était de faire une véritable station à l’anglaise, luxueuse et verdoyante. Il fit appel à l’architecte Charles Garnier pour doter la station de sa nouvelle galerie, de bains et d’un casino. En 1920, alors que la station thermale a été rouverte en 1919, Jean Bouloumié engage de nouveaux investissements qui donneront à la station le surnom de « cité blanche ». En 1920, le casino est détruit par un incendie. Un nouveau casino est reconstruit en 1930, qui préserve le théâtre de 1908. La galerie-promenoir de Garnier est aussi rénovée par Auguste Bluysen dans les années trente.
Jean Bouloumié a des intérêts depuis 1901 dans Les établissements de Gemmelaincourt et de Gironcourt, c'est-à-dire la verrerie de Gironcourt-sur-Vraine.
En 1913, le grand embouteillage permettant de conditionner industriellement bouteilles et bonbonnes, mis en place en 1903, permet de produire 10 millions de bouteilles Grande Source et 400 000 bouteilles de la source Hépar, source salée découverte en 1873. Ce sont ses deux produits phares et la publicité vante leurs bienfaits, Grande Source pour le rein, Hépar pour le foie. Mais l'entreprise propose aussi, à partir du début des années 1920 « des sels diurétiques à base des sels solubilisés extraits de l’eau de la Grande Source », des « pastilles de Vittel à base de sels calciques et magnésies des eaux de la Grande Source », déclinées à la menthe, au citron et à l'anis et « des comprimés antiacides de Vittel ».
En 1929, le nombre de curistes atteint 11 964, contre 390 en 1874. L'entreprise produit 23,5 millions de bouteilles Grande Source et Hépar en 1925 et 40 millions en 1930. Un embouteillage ultramoderne, raccordé au réseau ferré, est construit cette année-là, avec quatre séries automatisées de 6 000 bouteilles/heure.
Durant les années 1930, la publicité Vittel met l’accent sur les promesses de ses deux eaux: « Prenez une assurance de longévité en lavant vos reins comme vos mains », Grande Source « lave le rein, purifie le sang, nettoie l’organisme ». Les slogans mettent déjà en avant les thèmes de la jeunesse et de la santé : « Il faut rester jeune » (1936), « bonne santé, bon moral » (1937), « Grande Source, l’ange gardien de votre santé » (1938). Le quart Vittel, commercialisé dans les cafés « rafraîchit et désintoxique ». En 1938, Vittel participe à l’équilibre du ménage: « Un mari en bonne santé est un mari prévenant et agréable. Grande Source purifie le sang et désintoxique l’organisme. » Mais la crise économique et la concurrence des autres marques provoquent un ralentissement de l'activité. Les Eaux de Vittel ne produisent que 21 millions de bouteilles en 1939. De même, la station thermale est aussi touchée par la crise.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Vittel communique toujours sur ses deux marques : « Prenez chaque matin, à jeun, un verre de Grande Source pour le rein ou un demi verre de Source Hepar pour le foie. » En 1952, Vittel promeut le « teint frais » et rappelle que « votre beauté dépend de votre santé ». L'entreprise se développe encore. Alors qu'elle produisait 14 millions de bouteilles en 1921, elle en produit 34 millions en 1947 et dépasse les 100 millions en 1950[2]. La SGEMV fête en le seuil des 100 millions de bouteilles[3]. La gamme s'élargit aussi: lancement en 1945 de la Vitteloise, de Vittel-délices, premier soda lancé en France en 1951 et de Vittel-fraise, la même année. En 1949, le capital de la SGEMV passe de 58 840 000 francs à 176 520 000 francs, divisé en 235360 actions de 750 francs et le bilan comptable s'élève au à 288 361 058 francs[4].
Jean Bouloumié est membre titulaire de la Chambre de commerce d'Épinal à partir de 1929 et vice-président du syndicat national des stations thermales. Il est membre, de 1902 à sa mort, de la Société forestière de Franche-Comté et des provinces de l'Est. Sous l'Occupation, il est nommé en 1941 membre de la direction du Comité d'organisation du thermalisme par le régime de Vichy[5]. Et nommé en membre de la commission provisoire d'organisation de la famille professionnelle de la santé, fondée en application de la Charte du travail du 4 octobre 1941; il en démissionne à la fin de l'année 1943[6].
Ancien combattant de la Grande Guerre, il est titulaire de la Croix de guerre et président d'honneur de la section locale de la Légion vosgienne, l'association départementale des anciens combattants.
Il meurt le à Vittel. Comme il était resté célibataire, les sociétés sont ensuite dirigées par sa sœur Germaine Bouloumié (1885-1981), puis par leur neveu, Guy de la Motte-Bouloumié, de 1972[7]au rachat de l'entreprise par Nestlé en 1992.
À Vittel, un stade porte aujourd'hui son nom, de même qu'un prix attribué lors de courses hippiques.

