Jean Descas
négociant en vin et personnalité du monde industriel et commercial viticole de Bordeaux
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Jean Descas (né le à Loubens et mort le à Camiran) est un négociant en vin et une personnalité importante du monde industriel et commercial viticole de Bordeaux de la seconde moitié du XIXe siècle. Il fut également maire de Camiran (Gironde).
Biographie
Contexte sociétal
Pendant le Second Empire, l’ouverture des frontières et de nouveaux traités de commerce encouragent le développement d’une nouvelle génération de négociants bordelais. Cette industrie se fixe dans le quartier portuaire des Chartrons à Bordeaux. Parmi les principales firmes de l'époque se trouvent celles de Marcellin Marceau (1855), Jean Descas (1861) et Édouard Kressmann (1871)[1].
Débuts
Jean Descas né le dans une famille de paysans modestes et entre en apprentissage comme tonnelier à l'âge de quatorze ans[2].
Une dizaine d'années plus tard, il devient maître de chai à Bordeaux et fonde à Camiran le « domaine des Fillières », doté de chais et de caves sur les bords du Dropt[2].
La Maison de Négoce Descas


En 1861, il fonde la Maison de Négoce Descas[4],[5] rue Carpenteyre à Bordeaux[2].
À partir de 1872, il exploite à Bagas une scierie-tonnellerie lui permettant de maîtriser toute la chaîne : vignes, fabrication des barriques, logistique et vente. Son entreprise connaît alors une forte expansion : il dirige jusqu'à vingt-trois chais dispersés dans Bordeaux. Son activité commerciale repose principalement sur les vins de consommation courante et, en particulier, sur les blancs moelleux expédiés en grandes quantités par chemin de fer[2],[4],[6],[5].

Les maisons liées à l'économie viticole constituent alors un pilier de l'économie bordelaise et les exportations de vins connaissent un âge d'or dans les années 1860-1880. Les propriétaires et patrons déposent des paquets de titres mobiliers pour servir de garantie aux prêts qu'ils demandent à la Banque de France et qu'elle accorde largement. Jean Descas et son fils Camille acquièrent des bâtiments et terrains pour un million de francs en 1891 et les métamorphosent en 1893 en un vaste complexe commercial et industriel associé à un grand hôtel particulier : le Château Descas. La construction de cet ensemble de bâtiments capables de contenir 1,5 million de bouteilles et 56 000 barriques coûte près de cinq millions de francs (16 millions d'euros)[7],[8].
En regroupant l'ensemble de ses activités quai de Paludate, Jean Descas fait coup double : il se démarque du reste du milieu de négoce toujours centré sur le quartier des Chartrons et il concentre son commerce au voisinage de la Gare Saint-Jean qui devient la principale gare de Bordeaux dans les années 1890, lui offrant une position privilégiée dans le commerce du vin par le rail[4],[9].
Fin de vie
Jean Descas n'emménagera pas dans le Château Descas et demeure rue Carpenteyre jusqu'à la fin de sa vie. Il décède le 17 juillet 1895 à Camiran dont il était le maire[3].
Acquisition et modernisation du domaine de Certes

En 1895, les Descas et les frères Larroque de Gujan (armateurs et ostréiculteurs) se portèrent acquéreurs solidaires du Domaine de Certes. Jean Descas (représenté par son fils aîné Camille) acquiert ainsi la moitié de la copropriété, Édouard Larroque et son frère Paul, un quart chacun[3].
Jean mais surtout son fils Camille (Jean décède la même année) donnent au château sa configuration actuelle. Le bâtiment est modernisé dans le style Second Empire. Comme pour le Château Descas, un belvédère est érigé au milieu de l'édifice et les pièces du rez-de-chaussée sont transformées. Des décors Art Nouveau sont réalisés à différents endroits. Ces derniers vaudront au Château d'être inscrits à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques[3],[10].
Camille modernise également les installations agricoles (granges, pêcherie, vacherie) et développe notamment d'autres activités comme l'élevage des poissons dans des réservoirs d'eau de mer. Le Domaine de Certes restera dans la famille Descas jusqu'en 1971[3],[2].