Il est recruté par le juge Robert Cliche en 1974 afin de diriger l'équipe de procureurs chargés de faire la lumière sur l'intimidation, la violence et les activités criminelles qui étaient monnaie courante dans les chantiers de construction du Québec. Qualifié de véritable «bulldozer» par les commissaires Brian Mulroney et Guy Chevrette[3], MeDutil expose un réseau de corruption, de prêts usuraires et de trafic d'influence au sein de certaines sections syndicales affiliés à la FTQ-Construction. À son départ, il sera remplacé par Lucien Bouchard.
Au début des années 1990, le juge Dutil se porte volontaire pour présider la cour itinérante qui se rend occasionnellement dans les villages nordiques et les réserves amérindiennes isolées du Nunavik et de la Côte-Nord. Pendant une dizaine d'années, il voyage dans les communautés inuit, cries, innu et naskapi où il administre la justice en tentant de réconcilier le droit criminel et les traditions autochtones. Ses efforts afin d'adapter les exigences du droit avec la culture des communautés afin de le rendre plus équitable à l'endroit des populations autochtones seront reconnus en 2001, alors qu'il reçoit le prix pour le droit Ray-Hnatyshyn[3].
Il a pris sa retraite le jour de son 70eanniversaire de naissance, le . Le juge Jean Dutil est décédé le des suites d'un «cancer foudroyant». Il était âgé de 77 ans[2].