Jean Gadrey

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Université Lille-I (doctorat) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Jean Gadrey
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Biographie
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Jean Gadrey, né le [1], est un économiste français spécialiste des services et des indicateurs de richesse. Ancien professeur à l'université Lille-I, ses réflexions lui ont valu notamment d'être invité à présider une commission du CNIS et à participer aux travaux de la Commission Stiglitz. Critique de la théorie économique néo-classique dominante en sciences économiques et du néolibéralisme, il se consacre, depuis quelques années, à des recherches sur les indicateurs de richesse et les limites de la croissance économique. Il est notamment membre du Conseil scientifique de l'organisation altermondialiste Attac. Outre ses articles et livres scientifiques, il a publié de nombreux articles dans des revues de vulgarisation comme Alternatives économiques, ou dans des journaux comme Le Monde, Le Monde Diplomatique[2] ou Politis.

Jeunesse et formation

Jean Gadrey naît le [1],[3].

Carrière

Économiste, il devient en 1992 professeur d'économie[4] à l'université des sciences et technologies de Lille[1] ; il est aussi devenu professeur émérite d'économie dans cette université[5],[3],[6]. Jean Gadrey est aussi membre du Conseil scientifique de l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac)[5].

Au début du XXIe siècle, Jean Gadrey est considéré comme un économiste hétérodoxe, dans le sens où il considère d'un regard critique le néolibéralisme — philosophie en vogue chez nombre des économistes de l'époque — en soulignant notamment ses dangers et ses contradictions[3]. Au cours de sa carrière, Jean Gadrey s'est aussi intéressé à de nouveaux indicateurs de richesse[3]. Il a également émis des critiques quant à l'idée d'« industrialisation des services »[3].

Il a contribué au travail sur la mesure du produit intérieur brut (PIB) au sein de la commission Stigltiz[6] (voir plus de détails plus bas).

Travaux théoriques

Jean Gadrey est un spécialiste des services en France[3]. Sa spécialisation dans ce domaine a été reconnue comme telle quand il a été nommé pendant dix ans président de la commission « Commerces-services » par le Conseil national de l'information statistique (CNIS), organisme qui définit les grandes orientations des statistiques menées en France. Il est en particulier l'auteur d'un ouvrage de la collection « Repères » sur la socio-économie des services, d'un livre sur le mythe de la Nouvelle économie et d'un chapitre critiquant l'idée reçue selon laquelle « Il faut développer les petits emplois de service à faible productivité, comme le font les Américains »[7].

Jean Gadrey a réalisé au début des années 2000 une série de travaux critiques sur les indicateurs de richesse. Il a en particulier critiqué les aspects jugés absurdes de l'indicateur économique dominant qu'est actuellement le produit intérieur brut (PIB), par exemple dans un livre collectif écrit en anglais et rassemblant des textes d'économistes critiquant le néolibéralisme (voir le mouvement Post-Autistic Economics). Sur ce thème, il a réalisé et publié ensuite de nombreux travaux en collaboration avec sa collègue économiste Florence Jany-Catrice[réf. nécessaire]. Il a publié dans le quotidien Le Monde daté du avec Florence Jany-Catrice et la sociologue Dominique Méda un point de vue sur les limites de la croissance. Le texte original a été ensuite publié sans coupures sur son blog de Alternatives économiques et sous son titre d'origine « De la croissance à la transition écologique et sociale »[8].

Jean Gadrey s'est intéressé aux problèmes posés par la monétarisation de la nature dans son livre Faut-il donner un prix à la nature? co-écrit avec l'économiste et femme politique Aurore Lalucq. L'ouvrage a remporté le Prix du livre de la Fondation de l'écologie politique en 2015[9]. Les auteurs y passent en revue les théories économiques sur lesquelles se basent la monétarisation et cherchent à déterminer son efficacité en développant plusieurs études de cas (zone humide des Catskills, rapport Stern, méthode Care, taxe carbone suédoise…). Dans leur conclusion, Jean Gadrey et Aurore Lalucq distinguent monétarisation, marchandisation et financiarisation : « nous avons ainsi pu noter [...] que le fait d'utiliser l'unité monétaire ne signifiait pas forcement donner un prix ; que donner un prix ne signifiait pas forcement créer un marché ; et que créer un marché ne revenait pas nécessairement à financiariser la nature »[10]. Les auteurs reconnaissent que certaines valorisations monétaires peuvent constituer des solutions pour protéger la nature, mais elles restent des solutions de second ordre qui doivent être mises en place dans un cadre réglementaire strict pour ne pas entrainer d'effets dangereux.

En 2019, un collectif d'une trentaine de chercheurs dirigé par l'économiste Florence Jany-Catrice et la sociologue et haute-fonctionnaire Dominique Méda fait paraitre un ouvrage intitulé L'économie au service de la société, en hommage à Jean Gadrey, et qui revient sur les apports de ses travaux pour les sciences économiques[11],[12].

Activités militantes et prises de position

Jean Gadrey a été membre du comité des 12 économistes pour le non au projet de Traité constitutionnel européen de 2004[13][source insuffisante].

Il a participé à l'amélioration et à la diffusion de l'indicateur des inégalités en France dit BIP 40 (contraction de l'inverse du sigle PIB et du CAC40) et est toujours membre du comité de rédaction du site qui en assure la diffusion[14]. Plus généralement, il privilégie dans ses analyses la dénonciation du développement des inégalités, aussi bien dans de nombreux articles d'Alternatives économiques ou de Politis que dans son livre de 2006 sur « la fin des inégalités » ou dans l'ouvrage collectif dont il a coordonné la rédaction en 2005-2006 dans un groupe du Conseil scientifique d'Attac[réf. nécessaire].

Jean Gadrey remet en cause la religion de la croissance[15], laquelle met selon lui gravement en danger la planète du fait de ses effets sur l'environnement[16].

Quand l'économiste Jean-Paul Fitoussi lui a proposé au début 2008 de contribuer à élaborer de nouveaux indicateurs de richesse en collaborant aux travaux de la Commission Stiglitz[17][source insuffisante], Jean Gadrey a commencé par dénoncer les ambiguïtés de ce projet[18]. Il a créé avec d'autres chercheurs et de militants associatifs le Forum pour d'autres indicateurs de richesse (ou FAIR, clin d'œil qui signifie juste ou équitable en anglais) qui s'est réuni au départ parallèlement à la Commission Stiglitz et s'est rapidement autonomisé en impulsant de larges débats collectifs sur le problème de la mesure, et donc de la définition, du progrès. Jean Gadrey participe activement aux activités de ce collectif de réflexion, à la fois comme coprésident de FAIR avec Florence Jany-Catrice et comme théoricien qui contribue fortement depuis son blog à la critique des nouvelles variétés d'indicateurs qui prétendent mesurer la soutenabilité de nos pays tel le tout dernier IW[réf. nécessaire].

Jean Gadrey s'engage à partir de 2014 aux côtés du mouvement politique Nouvelle Donne[19].

Ouvrages

Articles (sélection)

Apparitions vidéo

Notes et références

Annexes

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