Jean Grosjean
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(à 93 ans) Le Chesnay |
| Nom de naissance |
Jean Tiburce Natalis Grosjean |
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| Distinctions | Liste détaillée |
Jean Grosjean, né à Paris le et mort au Chesnay le [1], est un poète et écrivain français, traducteur et commentateur de textes bibliques.
Après une enfance dans le Doubs, l'exercice du métier d'ajusteur, il entre au séminaire Saint-Sulpice d'Issy-les-Moulineaux en 1933. Il effectue son service militaire au Liban puis, en 1936-1937, il voyage au Proche-Orient (Syrie, Palestine, Égypte et Irak). Il est ordonné prêtre en 1939, puis mobilisé. Prisonnier, il rencontre André Malraux au camp de Sens, puis Claude Gallimard et Roger Judrin pendant sa captivité en Poméranie et au Brandebourg, compagnons qui resteront des amis proches.
En 1946, c'est chez Gallimard, dans la collection « Métamorphoses » de Jean Paulhan, que paraît le premier livre de Jean Grosjean, une suite de notes poétiques, Terre du temps. Désormais, il restera fidèle à la maison d'édition, comme auteur et comme membre du comité de lecture. Il participera également très activement à la vie de la NRF auprès de Marcel Arland et de Dominique Aury, puis (à partir de 1977) de Georges Lambrichs.
En 1950, il quitte la prêtrise, se marie et achète une propriété à Avant-lès-Marcilly, dans l'Aube, où il résidera très fréquemment. Il se livre désormais à des travaux de traduction d'Eschyle et de Sophocle, de Shakespeare ou du Coran et de la Bible, notamment avec son « camarade » Michel Léturmy. Il est aussi essayiste. Poète hors des mondes, poète de l'intemporel, c'est un mystique toujours en questionnement.
Il publie, à partir de 1972, toujours chez Gallimard, une série de récits poétiques, qui, excepté Clausewitz, sont tous d'inspiration biblique. Kleist, publié en 1985, sera sa seule expérience d'écriture théâtrale.
En 1989, il crée avec Jean-Marie-Gustave Le Clézio, chez Gallimard, la collection « L'Aube des peuples »[2]. Y sont publiés les grands textes fondateurs des civilisations. Il publie de nouveau des recueils de poèmes. Sa poésie est intemporelle, mystique et faite en même temps d'une grande humilité. Il interroge dans une méditation permanente les grands textes sans jamais perdre de vue le simple paysage de la campagne qui transparaît à sa fenêtre.
Robert Sabatier dans son Histoire de la poésie française[3] écrit : « c'est comme si le monde se créait sous nos yeux, comme si les textes saints étaient de ce jour, comme si le chaos se déroulait sous nos yeux, sans jamais rien de redondant ou de posé, dans un climat où la gravité n'éloigne pas la sensualité, où l'amour est sans fadeur, où la tendresse de l'élégie n'est jamais pleurnicharde, où le poème s'inscrit dans la vie sans jamais quitter le voisinage du divin. »
Traduction

Jean Grosjean fut poète, écrivain, traducteur et commentateur de textes bibliques.
- Le vertige
Jésus leur a dit : « Oui, oui, je vous le dis, avant qu'il y ait eu Abraham, il y a moi. » (Jn 8, 51-59) :
« C'était ce que le buisson ardent signifiait à Moïse : le monde est un désert habité. La durée de l'univers est un vide dont chaque jour est hanté. Une présence insoupçonnable vit ardemment à notre porte ou le long de nos pas.
Il y a quelqu'un qui parle au Père par le détour du monde. Notre temps de vie se déploie le long de ce Fils dont l'indépendance ne sert qu'à sa docilité.
La nuit où il marche sur une mer démontée, il a beau dire : C'est moi, il rassure à peine. Le jour où il dit : Si vous ne croyez pas que c'est moi vous ne pouvez pas venir où je suis, il rend perplexe. Maintenant quand il dit : Avant qu'Abraham se soit mis à exister il y a moi, eh bien il désacralise l'histoire.
Que vont faire des gens à qui on retire de dessous les pieds leur dimension épique ? On leur demande soudain de revivre à leur compte la folie des pères fondateurs. On leur propose d'étancher une soif qu'ils savent tromper avec des rites. »
— L'Ironie christique, Paris, Gallimard, 1991, p. 156[4].
Publications
Poésie
- Terre du temps, Gallimard, 1946
- Hypostases, Gallimard, 1950
- Le Livre du Juste, Gallimard, 1952
- Fils de l'Homme, Gallimard, 1954
- Majestés et Passants, Gallimard, 1956
- La nuit de Saül, Castella, 1970 (nrf, 1958), 32 p. (ASIN B006HUXODC)
- Austrasie, Gallimard, 1960
- Apocalypse, Gallimard, 1962
- Hiver, Gallimard, 1964
- Élégies, Gallimard, 1967
- La Gloire, suivi de Apocalypse et Hiver et Elégies, Poésie/Gallimard, , 224 p. (ISBN 978-2070301300)
- La Lueur des jours, Gallimard, 1991
- Nathanaël, Gallimard, 1996
- Cantilènes, Gallimard, 1998
- Les Vasistas, Gallimard, 2000
- Si peu, Bayard, 2001
- Les Parvis, Gallimard, 2003
- La Rumeur des cortèges, Gallimard, , 128 p. (ISBN 978-2070775163)
- Arpèges et paraboles, Gallimard, , 64 p. (ISBN 978-2070784417)
Récits
- Clausewitz, Gallimard, 1972
- Le Messie, Gallimard, 1974/1987, 88 p. (ISBN 978-2070709878)
- Les Beaux Jours, Gallimard, 1980
- Élie, Gallimard, 1982, 120 p. (ISBN 978-2070219551)
- Darius, Gallimard, 1983
- Pilate, Gallimard, 1983
- Jonas, Gallimard, 1985
- La Reine de Saba, Gallimard, 1987, 128 p. (ISBN 978-2070708673)
- Samson, Gallimard, 1988
- Samuel, Gallimard, 1994
- Adam et Ève, Gallimard, 1997, 160 p. (ISBN 978-2070749492)
Théâtre
- Heinrich von Kleist, Gallimard, , 96 p. (ISBN 978-2070704927)
- Kleist et Wilhelmine, sa fiancée qui aimerait que la vie soit simple[6].
Traductions commentées
- Les Prophètes, traduit de l'hébreu par Jean Grosjean, éditions Gallimard, 1955.
- Tragiques grecs : Eschyle, Sophocle, traduits par Jean Grosjean, fragments traduits par Raphaël Dreyfus, introduction et notes par Raphaël Dreyfus, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1967.
- La Bible. Le Nouveau Testament, éd. et trad. par Jean Grosjean, Michel Léturmy et Paul Gros, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1971.
- Le Coran (Ph. Lebaud, 1979)[7]
- L’Ironie christique : commentaire de l’Évangile selon Jean (Gallimard, 1991, 280 p.)

- Lecture de l’Apocalypse (Gallimard, 1994)
- Les Versets de la sagesse (Ph. Lebaud, 1996)
- La Première Épître de Jean, Editions Fates, , 46 p. (ISBN 978-2909452364).
