Jean Grove
géographe et glaciologue anglaise
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Jean Mary Grove, née Jean Mary Clark le à Teddington et morte le à Cambridge, est une géographe et glaciologue britannique. Après des études où elle est parmi les premières femmes diplômées dans sa discipline, elle se passionne pour la géographie. Son doctorat porte sur les glaciers. Toutefois, elle est connue pour son étude approfondie du changement climatique au cours du Petit Âge glaciaire à travers le monde.
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Biographie
Jean Mary Clark naît le 10 mars 1927 dans une famille passionnée d'alpinisme[1],[2]. Elle est l'une des premières femmes chimistes de l'Université de Cambridge[2]. Ses deux parents étaient scientifiques, et sa sœur cadette, Margaret Spufford (en), devient une historienne renommée de l'Angleterre des XVIe et XVIIe siècles. Atteinte de tuberculose dans son enfance, Jean Clark vit un an dans une maison d'été dans le jardin[1]. Là, elle lit beaucoup, notamment des ouvrages sur l'exploration, la géologie et l'astronomie, et sa mère lui tient lieu d'enseignante[1]. Pendant la guerre, la famille déménage à St Asaph, au nord du Pays de Galles. Jean Clark fréquente la Howell's School de Denbigh, où enseigne Marjorie Sweeting, qui devient plus tard professeure au département de géographie d'Oxford[2]. Marjorie Sweeting a une influence majeure sur elle et Jean Clark décide d'étudier la géographie à l'ancien collège de sa mère, à Newnham[3].
Elle fréquente le Newnham College et obtient un diplôme en géographie en 1948, puis son doctorat en glaciologie au Bedford College en 1956[2]. Elle épouse le géographe de Cambridge, Alfred Thomas Grove (en), alors qu'elle termine son doctorat[4]. Elle travaille comme chargée de cours à temps partiel et a eu six enfants, dont l'historien Richard Grove[5],[2].
De 1951 à 1953, elle enseigne au Bedford College de Londres, sous la direction de Gordon Manley[2]. Elle est ensuite nommée directrice des études de géographie au Girton College, un établissement longtemps destiné uniquement aux femmes et qui influence les choix d'orientations de nombreuses étudiantes[3]. Dans un récit rétrospectif ultérieur de leurs années d'université, certaines des anciennes étudiantes à qui elle avait enseigné pendant ses dix premières années à Girton écrivirent à son sujet : « Au début des années 1960, alors que les perspectives d'avenir pour la plupart des femmes en dehors de Cambridge étaient encore limitées, Jean Grove était notre modèle de réussite féminine, démontrant qu'il était possible de concilier vie professionnelle, mariage et jeunes enfants. », même si elle bénéfice de la présence de jeunes filles au pair[2],[6]. En 1963, avec leur jeune famille, le couple passe six mois au Ghana pour enseigner à l'université Legon.
Travaux
Jean Grove est essentiellement connue pour son travail sur les glaciers, recherches qui évoluent ensuite sur l'histoire du climat[2].
Durant ses études, elle participe à plusieurs expéditions glaciologiques universitaires[2]. L'objectif de la première d'entre elles, en 1951 était de permettre aux étudiants et étudiantes de creuser un tunnel dans le Vesl-Skautbreen, un glacier se trouvant dans un cirque, afin d'étudier sa structure et les caractéristiques de son écoulement[3]. L'effort a réussi à atteindre la paroi supérieure du glacier et a ainsi fourni aux diplômés en géographie, géologie et minéralogie l'occasion de faire des observations qui ont jeté les bases de la recherche glaciologique britannique d'après-guerre[2]. Jean Grove a étudié les bandes sur et dans les glaciers Veslskautbreen et Veslgjuvbreen et obtient son doctorat en 1956 [7] pour ce travail : « Étude des aspects de la physiographie de certains glaciers en Norvège ». Elle rédige également deux chapitres de l'ouvrage « Investigations on Norwegian Cirque Glaciers » qui rassemble ces travaux novateurs, et publie trois autres articles sur la nature de ces glaciers.
Encouragée par le climatologue Gordon Manley et l'historienne de la géographie Jean Mitchell (en), Jean Grove s'intéresse ensuite à l'histoire du climat[3]. L'état des savoirs permettrait de savoir que les glaciers des Alpes s'étaient étendus bien au-delà de leurs limites actuelles, laissant derrière eux des moraines datant d'environ 1600 à 1900 apr. J.-C., période connue sous le nom de « Petit Âge Glaciaire »[3]. Jean Grove a recherché des données « proxy » pour les relevés climatiques instrumentaux dans les Alpes et ailleurs[8]. Avec Arthur Battagel, un parent par alliance, le duo a utilisé les informations sur les dommages climatiques et glaciaires causés aux terres agricoles en Norvège, fournies par les registres fiscaux fonciers[3]. La synchronisation globale du Petit Âge Glaciaire demeurant incertaine, elle a donc entrepris de collecter des informations sur le terrain et dans les archives de nombreuses régions du monde[3]. En 1988 est publié son ouvrage majeur, « Le Petit Âge Glaciaire » : il s'agissait de la première étude exhaustive du phénomène[9]. Il permet de montrer que les fluctuations du climat étaient bien plus importantes qu'imaginé[3]. Par la suite, elle rejoint le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat[3].
Outre ses travaux sur la glaciologie et la variabilité climatique, Jean Grove a publié une série d'articles issus de recherches de terrain dans le delta de la Volta, au Ghana, en 1963 et 1966, au moment de l'achèvement du projet de barrage sur la Volta. Avec Sylvia Hewlett (en), alors étudiante chercheuse, Grove a exploré le développement d'un système élaboré et entièrement autochtone d'irrigation et de culture intensive de subsistance et de rente par le peuple Ewe, dans les environs de Keta, en grande partie entretenu par les femmes. Elle étudie également à la vie de sa carrière les processus de désertification[3].
Le Jean Grove Trust
Le Jean Grove Trust est un organisme caritatif catholique romain fondé en 1999 et qui soutient plusieurs écoles en Éthiopie grâce à l'action de nombreuses célébrités[10].
Publications
- 1951, Clark, J. M. 'Rotational Movement in Cirque and Valley Glaciers', The Journal of Geology 59:6, 546-66
- 1951, Clark, J. M. 'The investigation of a possible method of cirque erosion', Publications of the International Association of Hydrological Sciences, 32. General Assembly of Brussells 1951, Volume 1, Snow and Ice, pp. 215-21
- 1960, Grove, J. M. 'A study of Veslgjuv-breen', in Investigations on Norwegian Cirque Glaciers, ed. W. Vaughan Lewis. Royal Geographical Society Research Series Research Series, 4. London: The Royal Geographical Society. Pp. 69-82
- 1966, Grove, J. M. 'Some aspects of the economy of the Volta Delta (Ghana)', Bulletin de l'Institut Fondamental d'Afrique Noire 28:1-2, 381-432
- 1988, Grove, J.M. The Little Ice Age. London; New York: Routledge
- 1994, Grove, J.M. and R. Switsur. 'Glacial geological evidence for the Medieval Warm Period'. Climatic Change, Vol.26 (2-3), pp.143-169
- 2004, Grove, J.M. Little Ice Ages: Ancient and Modern. 2 vols. London: Routledge