Jean II d'Orléans

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Jean II d'Orléans
Image illustrative de l’article Jean II d'Orléans
La cathédrale Sainte-Croix d'Orléans
Biographie
Naissance Après 1066
Évêque de l'Église catholique
Évêque d'Orléans

Jean II dit Flora est un prélat français du XIe siècle, qui succéda à Jean Ier et Sanction sur le siège épiscopal d'Orléans de 1096 à environ 1125. Son élection à un évêché royal, qui scandalise une partie de l'épiscopat franc, marque une des premières apparitions manifestes de l'homosexualité dans la hiérarchie ecclésiastique du Moyen Âge central.

L'étonnant surnom de Flora lui viendrait, selon Yves de Chartres, des chanoines de son diocèse qui l'en auraient affublé pour ridiculiser ses mœurs probablement homosexuelles, Flora étant le nom d'une célèbre prostituée romaine de l'époque. Cette liberté partagée avec l'archevêque de Tours (peut-être Raoul II[1], occupant la cathèdre de 1086 à 1117 et disposant lui-même d'une réputation exécrable) apparemment connue de tous, est insupportable pour un clergé séculier en pleine révolution conservatrice.

« Lors des fêtes de Noël, a obtenu du prince, par cette complaisance, la nomination à l’évêché d'Orléans de Jean qui, aux murmures et au scandale de tous, avait été fait archidiacre par le défunt évêque Jean. Le roi de France le connaît bien cependant, car ce n'est pas en secret, c'est en public qu'il a dit à moi-même que ce Jean avait eu des complaisances infâmes pour l'évêque décédé, et cette inconduite est tellement publique, par tout l'évêché d'Orléans et par les villes voisines, que ses conchanoines ne l'appellent que Flora, nom d'une fameuse concubine. Ce que je vous dis là, le clergé entier le confirmerait, le peuple le proclamerait si l'on n'était retenu par la crainte du roi ou par les intrigues de l'archevêque de Tours ; [...] »

La réforme ecclésiale en cours fait grand cas de la sexualité des clercs, mais la répression n'est pas nouvelle : Wetti de Reichenau et Pierre Damiens l'ont sévèrement condamnée. Un successeur de Raoul II, Hildebert de Lavardin (1055-1133) se signale par ses sermons contre l'homosexualité dans son diocèse, apparemment répandue dans le clergé séculier à une époque où le Débat de Ganymède et d'Hélène, poème latin anonyme, débute dans la littérature[2].

« D'innombrables Ganymèdes honorent d'innombrables autels et Junon regrette de ne plus recevoir ce à quoi elle était accoutumée. Le jeune homme, l'homme fait, le vieillard se souillent de ce vice et il n'est aucun rang qui en soit exempt. »

Biographie

Notes et références

Voir aussi

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