Jean Jacques Binder
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Jean Jacques Binder, né Johann Jakob Binder, est un entrepreneur de voitures hippomobiles allemand, né à Marbach am Neckar dans le duché de Wurtemberg le , et mort à Paris le .
Biographie
Le duché de Wurtemberg fut élevé en électorat de Wurtemberg lors du recès de la diète perpétuelle d'Empire du 25 février 1803 qui élève le duc de Wurtemberg, Frédéric II, au rang de prince-électeur. L'électorat fut ensuite élevé en royaume de Wurtemberg par Napoléon Ier le et fait partie de la Confédération du Rhin crée le dont Napoléon Ier est le protecteur.
Jean Jacques Binder est le fils de Johann Jakob Binder (1743-1815), bourgeois sellier à Marbach, et d'Elisabetha Magdalena Lauterwasser (1741-1814), veuve Reisser. Binder a été baptisé à l'église luthérienne de Marbach le jour de sa naissance. Des neuf enfants qui composaient sa fratrie, seuls Jakob Frederik Binder (1777-1847) de six ans son aîné, Margaretha Wilhelma Binder et Johanna Frederika Binder sont encore vivants quand il fait sa confirmation à l'église de Marbach, en 1797. Aucune information n'est connue sur sa jeunesse. Il a probablement été formé dans l'atelier de son père.
Il est arrivé en France en mai 1806 comme il le déclare le quand il fait sa demande de naturalisation française devant le maire de l'ancien 1er arrondissement de Paris. Son arrivée en France est peut-être dû à la nécessité d'avoir des selliers pour entretenir le matériel de l'armée et devient soumissionnaire civil à Vincennes en travaillant pour les différents trains de l'armée, pour le génie, l'artillerie et les équipages. Il crée la Maison Binder avec l'appui d'Hubert Bartly, carrossier. Jean Jacques Binder s'installe 2 rue Napoléon, devenue en 1814 rue de la Paix. Après la Restauration, il fait la connaissance de Hubert Bartly, loueur de voitures depuis 1810, chef des selleries et des équipages de la Maison du Roi entre 1814 et 1816. En août 1816, il signe un bail de neuf ans avec l'architecte Pierre Nicolas Benard, propriétaire de l'immeuble, pour la location d'une boutique et d'un appartement de trois pièces au 2 rue de la Paix. Il apparaît pour la première fois en 1817 sur l'Almanach du commerce comme artisan sellier.
Il se marie en février 1817 avec Émilie Adélaïde Janets (1796-1866), de 13 ans sa cadette, fille de Jean Germain Janets, négociant, et de Marie Jeanne Marguerite Hardy, demeurant à Vincennes. Jean Germain Janets a été maire de Vincennes entre 1804 et 1810 et avait été parfumeur rue du Faubourg-Saint-Antoine avant 1800. Son premier fils, Jean Charles Binder est né en 1819.
En 1820, il est enregistré comme carrossier dans l'Almanach du commerce. Dans certains actes, il se présente comme carrossier du comte d'Artois, le futur Charles X. Ses ateliers sont alors dans un immeuble situé 56 rue d'Anjou Saint-Honoré où il a aussi son logement qu'il loue avant de l'acheter en 1826 pour y installer ses magasins en 1827. Son second fils, Jean Louis Germain Binder, naît en janvier 1821. En 1822, compte tenu de ses biens, il obtient une carte d'électeur à Paris, jusqu'en 1842 quand l'administration s'est aperçue qu'il était toujours allemand.

Le comte d'Artois devient le roi Charles X en septembre 1824. Jean Jacques Binder reçoit un brevet de Carrossier des Écuries du Roi pour les équipages à la Daumont. Ce type d'équipage a été mis à la mode en France par le duc d'Aumont, premier gentilhomme de la chambre du roi. En 1829 et 1830, Charles Saint Salvi, premier inspecteur des Écuries du roi, signe pour Jean Jacques Binder les commandes d'un tilbury, de deux chariots, d'un diable de promenade, d'un landau à la daumont, de deux cabriolets et d'une berline pour un montant total de 35 000 francs.
L'adresse de l'atelier du 56 rue d'Anjou Saint-Honoré est restée celle de « Binder carrossier du roi » et de la Maison Binder père puis fils jusqu'en 1863. En 1828, il réalise un mail-phaéton pour le prince Aldobrandini, « nouveau genre de voiture très en vogue parmi ceux des amateurs qui aiment à conduire eux-mêmes[1] ». Jean-Jacques Binder fournit aussi la maison de Bourbon-Deux Siciles.
La révolution de juillet entraîne l'abdication de Charles X et une relative baisse des commandes mais en 1837 il fournit un grand fourgon de toilette pour le duc d'Orléans.
C'est à la majorité de ses fils Charles et Louis qu'il s'aperçoit qu'il est considéré comme allemand ainsi que ses fils et qu'il fait une demande de naturalisation française en 1840, mais il faut 10 ans de résidence en France après cette demande pour obtenir un décret de naturalisation. En 1844, un ordonnance royale l'autorise à résider en France ainsi que ses deux fils majeurs. En 1843, Jean Jacques Binder a déménagé son logement personnel 54 rue du Rocher.
En novembre 1845, Jean Jacques Binder et son épouse font donation par moitié aux aînés Charles et Louis du fonds de commerce de carrosserie dont l'entrée en jouissance est fixée au .
Jean Jacques Binder meurt le . Il est inhumé au cimetière de Montmartre, 18e division dans une chapelle édifiée par sa femme.
L'entreprise est reprise par les deux aînés, Charles et Louis sous le nom Binder Frères. Jules Binder est élève à l'École centrale et Henry à l'École navale.
Famille de Jean Jacques Binder
- Johann Jakob Binder marié à Elisabetha Magdalena Lauterwasser
- Jakob Frederik Binder
- Wilheim Binder, sellier à Marbach où il meurt en 1868
- Wilheim Binder, fabricant en articles de sellerie, quitte Marbach avec sa famille pour s'installer à Stuttgart
- Gottlieb Binder, sellier, il émigre aux États-Unis en août 1853 avec sa femme, Frederika, son fils Karl et son neveu, Karl, âgé de 29 ans
- Karl Binder (1849- )
- Wilheim Binder, sellier à Marbach où il meurt en 1868
- Margaretha Wilhelma Binder
- Johanna Frederika Binder
- Johann Jakob Binder (Jean Jacques Binder) marié en 1817 à Émilie Adélaïde Janets
- Jean Charles Binder (1819-1891), marié en 1847 avec Charlotte Pauline Mariotte (1829-1882)
- Jean Louis Germain Binder (1821-1910), marié en 1850 avec Lucie Antoinette Callou ( -1894)
- Virginie Émilie Binder (1822-1822)
- Louise Caroline Binder (1824- ), mariée en 1843 avec Augustin Cyrille Videcoq (1811-1857)
- Charles Jules Binder (1826-1899), marié en 1855 avec Alice Léonie Lucy (1832-1902)
- Henry Charles Binder (1830-1901), marié en 1857 avec Louise Albertine Mestro (1836-1918)
- Jakob Frederik Binder