Jean Lamberti
général et résistant français
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Jean Lamberti, né le 21 juin 1893 à Pila-Canale en Corse et mort le 8 janvier 1986 à Montpellier[1],[2],[3],[4], est un général français du XXe siècle, résistant durant la Seconde Guerre mondiale[5] et déporté en Allemagne après son arrestation par la Gestapo en mai 1944[6],[7].
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Jean Lamberti |
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Militaire, résistant |
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Promu général de brigade après la guerre[8], il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur le 11 juillet 1950[9].
Biographie
Famille
Jean Lamberti est le fils d’Emmanuel Lamberti et de Marie Paolini[2].
Première Guerre mondiale
Engagé dans l’armée française avant la Première Guerre mondiale, il participe au conflit au cours duquel il totalise sept campagnes et reçoit sept blessures[10].
Sa nomination au grade de sous-lieutenant à titre définitif prend rang au 7 septembre 1914[11].
Alors sous-lieutenant à titre temporaire au 65e régiment d’infanterie, il prend le commandement de sa compagnie après la blessure de son supérieur lors d’une attaque menée le 27 août 1914. Après avoir repoussé plusieurs contre-attaques allemandes, il est blessé au combat et ne quitte sa position qu’après le repli de ses hommes. Il est cité pour sa « bravoure exceptionnelle »[12].
Il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 11 janvier 1916 alors qu’il est sous-lieutenant au 65e régiment d’infanterie[9].
En 1918, il est capitaine au 320e régiment d’infanterie[11].
Entre-deux-guerres
Il se forme à l’École supérieure de guerre de 1932 à 1934[7].
Seconde Guerre mondiale et Résistance
Par décret publié au Journal officiel de la République française du 25 décembre 1940, il est promu au grade de chef de bataillon dans l’infanterie[13].
Durant la Seconde Guerre mondiale, alors commandant dans la XVIe région militaire, il participe au camouflage de matériels militaires, d’armes et de munitions soustraits aux contrôles imposés par les autorités allemandes à la suite de l’armistice de 1940. Ces caches sont notamment organisées dans les parcs de Montpellier et dans le parc d’artillerie de Castres, les états de matériels ayant été falsifiés afin de dissimuler ces détournements. Jean Baumel souligne l’efficacité de l’action menée par le commandant Lamberti aux côtés d’autres officiers impliqués dans ces opérations malgré des difficultés permanentes et plusieurs arrestations[14].
Il est élevé à la dignité de commandeur de la Légion d’honneur le 15 juillet 1942[9].
De décembre 1942 à mars 1943, dans le cadre de ses activités de Résistance au sein de l’Organisation de résistance de l’armée (ORA), il est en liaison avec les colonels Guillaut et Bonnefont pour l’étude et l’organisation de groupements de combat et de détachements de destruction[5].
Le 25 février 1943, il est officiellement affecté à l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) de la région R3 de Montpellier, sous les ordres du colonel Guillaut[5].
D’avril 1943 à janvier 1944, il participe à la préparation de groupements de combat ainsi qu’à l’organisation des services de transport et de ravitaillement[5].
De février à mai 1944, il est chargé de la coordination de ces groupements en vue du débarquement allié[5].
Arrêté à son domicile le 3 mai 1944 par deux officiers de la Gestapo, il est d’abord détenu à Montpellier à la villa des Rosiers, siège local de la Gestapo, avant d’être interné à Compiègne du 5 au 26 mai 1944, où il est immatriculé sous le numéro 34622[5],[7].
Le Livre-Mémorial de la Fondation pour la mémoire de la Déportation le classe parmi les déportés relevant de la catégorie « R » de résistant et parmi les « personnalités otages »[6].
Cette arrestation s’inscrit dans le contexte des arrestations de personnalités civiles et militaires françaises menées par les autorités allemandes en 1943 et 1944, visant notamment des officiers supérieurs français[15].
Il est ensuite déporté en Allemagne, d’abord au camp de Godesberg, près de Bonn en Rhénanie, du 28 mai 1944 au 7 mars 1945, puis au camp d’Eisenberg, commando dépendant du camp de concentration de Flossenbürg, situé dans les Sudètes annexés par l’Allemagne nazie, jusqu’à la libération du camp par les troupes américaines le 9 mai 1945[5],[6],[16].
La fiche des déportés conservée aux Archives départementales de l’Hérault indique qu’il est détenu à Eisenberg notamment en compagnie de Pierre de Gaulle. Elle précise également qu’à l’approche des troupes soviétiques, les détenus sont déplacés vers Karlsbad, où Jean Lamberti est libéré par les forces américaines avant d’être rapatrié par avion militaire américain de Nüremberg au Bourget le 13 mai 1945[7].
Après-guerre
Le Journal officiel de la République française du 31 janvier 1946 le mentionne parmi les officiers d’active déportés, rapatriés ou disparus classés par le jury d’honneur en première ou deuxième catégorie[17].
Par décret du 1er avril 1946, publié au Journal officiel du 7 avril 1946, il est affecté à la subdivision militaire de Nevers (Nièvre)[18].
Colonel d’infanterie, il est promu général de brigade dans les troupes métropolitaines par décret publié au Journal officiel de la République française du 25 novembre 1948, avec prise de rang au 30 novembre 1947[8],[19],[20],[21].
Général de brigade, il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur le 11 juillet 1950 par le ministère des Armées[9].
Vie de famille
Jean Lamberti épouse à Montpellier, le 24 avril 1928, Marguerite Pujo, ingénieure chimiste, fille de Léon Pujo et de Madame Daspet[22].
Distinctions
Grand officier de la Légion d'honneur (11 juillet 1950) ; commandeur en 1942, officier en 1926, chevalier en 1916[3]
Croix de guerre -, palme de bronze (une citation à l'ordre de l'armée en 1915[12])