Jean Legrand (militaire)

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Naissance
Décès
Belfort (à l'époque département du Haut-Rhin, Territoire de Belfort depuis 1922 )
OrigineDrapeau de la France France
AllégeanceNapoléon Ier puis Louis XVIII
Jean Legrand
Jean Legrand (militaire)
Statue de Jean Legrand sur le monument des Trois Sièges à Belfort.

Naissance
Décès
Belfort (à l'époque département du Haut-Rhin, Territoire de Belfort depuis 1922 )
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Napoléon Ier puis Louis XVIII
Grade Lieutenant-colonel
Années de service 17761816

Jean Legrand est un militaire français connu pour avoir commandé, durant la campagne de France, la défense de la ville française de Belfort lors d'un siège de 113 jours, entre et . Il a été maire de Belfort de 1817 à 1824.

Fils de paysan, Jean Legrand est né en 1759 à Punchy dans la Somme. Il s’engage dans l’armée (régiment de Turenne) à 17 ans. Il est promu sergent fourrier en 1779, sergent-major en 1785, adjudant sous-officier en 1788, sous-lieutenant eu 1790, adjudant-major lieutenant en 1792, capitaine en 1793. Capturé en 1793, à Fort-Vauban, par les Autrichiens, il passe deux ans en captivité. Libéré, il participe à la guerre de Vendée puis à la campagne du Rhin où il se distingue à la sortie du siège de Kehl (18 septembre 1796), quand, avec sa compagnie, il reprend deux redoutes à l'ennemi[1]. Il sera blessé à plusieurs reprises[2].

Il est nommé adjudant de garnison à Belfort en 1797 et prend le commandement d'armes de la place en 1799 ; il est promu chef de bataillon (lieutenant-colonel) en 1801. Les défenses de la place ont été gravement négligées et, lorsque un risque de siège doit être envisagé après la défaite de l'armée française à Leipzig en , Legrand fait transférer toute l’artillerie (77 pièces)[3] de la place à la citadelle, qu’il estime être la seule fortification en mesure de résister, un choix qui s'avérera judicieux à postériori. Suite à la retraite de Russie, Napoléon Ier se retrouve face à une coalition de plusieurs États européens et la France est envahie par le nord et l’est en .

Siège de Belfort

Le , l'armée de bohême[4] franchit les frontières franco-badoise et franco-suisse ; deux jours plus tard, la division Rechberg (de) investit Belfort qui compte alors environ 5 000 habitants. La garnison locale est composée de 1 660 hommes mal équipés[5]; son artillerie est dirigée par le chef de bataillon de La Lombardière. Par ailleurs, les vivres ne sont pas suffisantes pour tenir un siège prolongé. Le général von Rechberg déclenche le bombardement de la place. Tout en poursuivant les tirs d'artillerie, les autres officiers qui lui succéreront lors de ce siège miseront sur une reddition par pénurie de nourriture et d'eau (en coupant l'alimentation des fontaines)[6]. L'hiver est rigoureux et les habitants sous la menace des bombardements. Le cimetière de la ville étant inaccessible, Legrand fera enterrer les corps des 85 soldats, tués lors des affrontements, dans le trou du renard, fossé à gauche de la porte de Brisach[7].

Début avril, les civils se révoltent reprochant à Legrand son entêtement et les réquisitions alimentaires au profit de la garnison. Le , Napoléon abdique et, le , le commandant Legrand ratifie la capitulation de la place avec le lieutenant-maréchal von Drechsel (de), après 113 jours de siège. La garnison quitte la ville pour Paris, avec les honneurs de la guerre[8],[9].

Vie privée

Franc-maçon, Legrand est affilié à la loge belfortaine La Parfaite Harmonie.

Jean Legrand s'est marié, à Saint-Dié, à Marguerite Vautrin[10].

Maire de Belfort

Mis à la retraite, Legrand revient à Belfort en 1816. En 1817, il est nommé maire par les autorités gouvernementales, fonction qu’il va assurer jusqu’à sa mort en 1824. Ancien bonapartiste, il prête allégeance au régime de la Restauration[9].

Complot de la Charbonnerie

En 1821, des libéraux fomentent le complot dit de la Charbonnerie, du nom d'une société secrète antiroyaliste qui veut renverser Louis XVIII. Initiée à Belfort, certains notables locaux en font partie notamment les Blétry et Antonin ainsi que Marc-René Voyer d’Argenson député de l’arrondissement de Belfort.

Les conjurés se réunissent à l’hôtel de l’Ancienne Poste dans la nuit du . Ils envisagent de pousser à la rébellion le 29e régiment de ligne de Belfort afin de marcher sur Colmar et Strasbourg. De là, ils pensent pouvoir étendre la révolte à tout le pays.

Mais la conspiration est éventée. Découverts, les conjurés se dispersent. Voulant se joindre aux insurgés, La Fayette et son fils, arrivés à Lure rebroussent chemin et ne sont pas compromis. Le commandant de la place et le sous-préfet rétablissent l’ordre et font arrêter 23 personnes. Legrand est mis hors de cause.

Hommages

Outre la présence de Legrand sur le monument des Trois Sièges, une rue de Belfort rappelle son souvenir.

Sources partielles

Notes et références

Voir aussi

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