Jean Priorat

traducteur médiéval français de Végèce, auteur d'une mise en vers la traduction de Jean de Meun From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean Priorat est un soldat et poète du XIIIe siècle originaire de la ville impériale de Besançon. Il est connu pour avoir transposé en vers d'ancien français la traduction en prose par Jean de Meung du manuel militaire De re militari de Végèce. Il acheva le poème, intitulé Li abrejance de l'ordre de chevalerie, entre 1284 et 1291, le dédiant à Jean Ier de Chalon-Arlay.

Activité principale
Faits en bref Naissance, Activité principale ...
Jean Priorat
Naissance XIIIe siècle
Besançon
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Ancien français, Franc-comtois ou Francoprovençal

Œuvres principales

  • Li abrejance de l'ordre de chevalerie (v. 1285-90)[1]
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Biographie

Jean est originaire de la ville impériale de Besançon[2]. Son père est Étienne Priorat, un riche bourgeois qui possédait une grande maison à Besançon. Il a une sœur nommée Isabelle et a probablement fait ses études à l'Université de Paris [3]. Son père était décédé le 26 avril 1284, lorsqu'il vendit la maison, tandis que sa sœur y conservait un logement à l'intérieur[4].

Au printemps 1285, il rejoignit la petite armée levée par le comte Othon IV de Bourgogne pour soutenir l'invasion française de l'Aragon. Le comte Othon, pourtant vassal de l'Empire, recherchait la main d'une princesse française. Jean Priorat embarqua avec l'armée bourguignonne à Dole, mais la campagne fut un désastre[3]. Il perdit son cheval et demanda une compensation au comte. Ce dernier lui donna finalement neuf tonneaux de vin en avril ou mai 1286.[5]

C'est peut-être à cause de cette déception, qu'il chercha le patronage de Jean de Chalon-Arlay [6]. C'est très probablement ce dernier qui lui commanda Li abrejance [7]. Alors qu'Othon IV favorisait des liens étroits avec la France, avec laquelle le comté de Bourgogne partageait une langue comme, Jean Priorat était politiquement orienté vers le Saint-Empire romain germanique, auquel il s'associait en tant que citoyen de Besançon.[6]

Travaux

Une page de l'abrejance Li du Priorat

Li abrejance a été écrite entre 1284 et 1291[8], probablement entre 1286 et 1290 [6],[7],[9]. Cette œuvre contient 11 500 vers octosyllabiques [10] ,[11]. Selon Christopher, la langue présente des caractéristiques du dialecte local, le franc-comtois [12], toutefois François Zufferey, y voit plutôt les caractéristiques d'une langue francoprovençal parlée à Besançon[13]. Le titre vient de la première strophe, tandis que l'explicit appelle l'œuvre Li romanz de chevalerie [14]. À trois endroits, Priorat se nomme lui-même, une fois en donnant également son prénom et dans les deux autres cas son lieu de naissance [10] ,[15]. Il a combiné les quatrième et cinquième chapitres de Végèce en un seul, ce qui a conduit certains chercheurs à penser à tort qu'il n'a pas traduit le cinquième chapitre sur la guerre navale[8]. L'historien Christopher Allmand suggère que certains vers ont été inspirés par le manque de préparation des Français pour la bataille des Formigues[7].

L'œuvre de Priorat, Li abrejance, n'est pas une nouvelle traduction de Végèce du latin mais une interprétation relativement fidèle de la traduction en prose et française rédigée par de Jean de Meung[7]. Bien que Priorat ait eu une expérience directe de la guerre, il n'a pas développé substantiellement les idées de Végèce[16]. En effet, comparé aux traductions vernaculaires de Végèce en général, Li abrejance a eu peu d'influence. L'usage d'une langue local (franc-comtois ou francoprovençal) a peut-être limité sa diffusion[17]. Il est conservé dans un seul codex enluminé maintenant numéro 1604 dans le Fonds Français de la Bibliothèque nationale de France à Paris. C'est un exemplaire de 76 feuillets avec un texte sur deux colonnes composées de miniatures au début des chapitres et dans les marges. [10],[11] Les illustrations correspondent au texte adjacent et semble représenter fidèlement l'image que l'on se faisait de la guerre à la fin du XIIIe siècle. Une édition imprimée du texte est parue en 1897[1].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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