Jean Charles Sicurani (né le à Bône en Algérie et mort le dans le 14earrondissement de Paris) est un militaire, administrateur de la France d'outre-mer, haut fonctionnaire et diplomate français.
Jeunesse et éducation
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Jean Sicurani fait son service militaire d'une durée de trois ans, de 1936 à 1939. La Seconde Guerre mondiale éclatant avant la fin de celui-ci, il est mobilisé avec le grade de sous-lieutenant. Au moment de l'offensive allemande de , il est fait prisonnier lors de la bataille de France le [1]. Il est interné dans un camp de prisonniers de guerre pour officiers, l'oflag IV-D (Haute-Silésie) pendant près de cinq ans.
Captivité
Septembre 1941 - Jean Sicurani (au centre) joue Pauline dans Polyeucte de Corneille.
Les officiers n'étant pas soumis aux travaux forcés, les prisonniers désœuvrés de l'oflag IV-D montèrent une troupe de théâtre extrêmement active. L'atelier de Sicurani réalise plus de 1 500 costumes pour un millier de représentations d'environ 80 pièces différentes, comme Œdipe roi de Cocteau, Knock de Jules Romains, Le Médecin malgré lui de Molière, Polyeucte de Corneille entre autres. Jean Sicurani jouera dans plusieurs des pièces montées par la troupe.
Libération
En raison du bombardement de Dresde, qui a lieu du 13 au , les autorités allemandes font évacuer les prisonniers entre le 17 et le [2]. La majorité d'entre eux, dont Jean Sicurani, sont amenés à l'oflag de Colditz, l'oflag IV-C, ou dans ses environs (Nerchau etc.). Il y restera jusqu'à la libération du camp par les troupes Alliés le 14 ou , soit moins d'un mois avant la fin de la guerre en Europe[2].
Administration coloniale
Indochine
Grâce à sa connaissance de la langue khmère, Sicurani occupe plusieurs postes au Cambodge en tant qu'administrateur des services civiles[1]:
Le Cambodge ayant obtenu son indépendance en 1953, Sicurani est assigné à l'administration de l'Afrique-Occidentale française et occupe de nouveau plusieurs postes en tant qu'administrateur en chef de la France d'outre-mer[1]. Il sera chef du bureau d'études du secrétariat général, puis administrateur-maire et commandant du cercle de Gagnoa, en Côte d'Ivoire; conseiller politique du haut commissaire de l'Afrique-Équatoriale française, haut commissaire auprès de la République soudanaise, puis gouverneur.
Algérie française
Sicurani est nommé préfet de Mostaganem de mars à . A ce poste, il prendra des mesures vigoureuses pour s'opposer au Putsch des généraux à Alger, n'hésitant pas à faire arrêter plusieurs notables partisans de l'Algérie française. A la suite de quoi, il est nommé directeur général des affaires politiques et de l'information à la délégation générale du gouvernement en Algérie jusqu'à l'indépendance de celle-ci[1].
Polynésie française
En sa qualité de directeur de cabinet du Ministre des Armées, Pierre Messmer, Jean Sicurani a été chargé d'assurer en outre la relation avec le ministère chargé des départements et territoires d'outre-mer. Il est nommé gouverneur de Polynésie française en , poste qu'il occupe jusqu'en . C'est une période de transformation profonde pour la Polynésie française avec la construction du Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP). Les retombées économiques du CEP et des essais nucléaires sont très importants. Le gouverneur Sicurani mène une politique de grands travaux et de modernisation ambitieuse: front de mer de Papeete, hôpital de Mamao, lancement de la voie rapide dite Route des plaines, désenclavement des îles avec la multiplication des aerodromes, construction d'une nouvelle assemblée territoriale, d'un palais du gouverneur, de la Maison des jeunes...
Durant ce mandat, il se lie d'amitié avec le sculpteur polynésien Vaiere Mara. Il envoie son chauffeur le chercher pour petit-déjeuner en sa compagnie.