Jean Simon Berthélemy

peintre français From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean-Simon Le Bouteux, dit Berthélemy[1],[2], né le à Laon et mort le à Paris, est un peintre français, membre de l'Institut.

Naissance
Nom de naissance
Jean-Simon Le BouteuxVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Académicien Académie royale de peinture et de sculpture, 26 juillet 1777 - 8 août 1793 ...
Jean-Simon Berthélemy
Fonction
Académicien
Académie royale de peinture et de sculpture
-
Biographie
Naissance
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Nom de naissance
Jean-Simon Le BouteuxVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Alexandre coupant le nœud gordien (1764), Paris, École nationale supérieure des beaux-arts
Assomption de la Vierge, cathédrale Notre-Dame de Laon.
Tomyris, reine des Massagètes, fait tremper le chef de Cyrus dans un vase de sang, 1766, Musée des Beaux-Arts de Nîmes

Jean-Simon Berthélemy est le fils d’un sculpteur sur bois, travaillant à l’abbaye Saint-Martin de Laon[3], qui lui fit apprendre le dessin lorsqu’il constata les dispositions qu’il montrait pour les arts[3]. Son parrain fut le sculpteur autrichien Simon Pfaff de Pfaffenhoffen. Berthélemy fit des progrès rapides et son père essaya alors de l’initier à son art[3]. Simon se mit au travail pour satisfaire au désir de son père mais, dès que ce dernier avait le dos tourné, il quittait le ciseau pour ses crayons, et s’amusait à copier les dessins que lui traçait son père, au lieu de les sculpter[3]. Bientôt le jeune Berthélemy n’eut plus rien à apprendre des maîtres de sa ville natale et, son père lui-même se reconnaissant impuissant à lui donner des leçons, il l’envoya à Paris chez son frère, sculpteur comme lui, où le peintre Noël Hallé qui l’admit au nombre de ses élèves[3].

Après avoir remporté plusieurs médailles dans les divers concours de l’Académie, il obtint, en 1764, le deuxième grand prix, sur le sujet de Cléobis et Biton conduisant leur mère au temple de Junon[3]. En 1766, les religieux de Vauclerc, pour lesquels son père avait travaillé, lui commandèrent une Assomption, ouvrage rapporté, à l’époque de la Révolution, à Laon, et placé dans la cathédrale[3]. L’année suivante, en 1767, il remporta le premier grand prix pour son tableau d’Alexandre coupant le nœud gordien. Au commencement de 1770, il livra aux bénédictins de l’abbaye Saint-Jean de Laon une Décollation de saint Jean[3].

Ceci lui ouvre les portes de l’École royale des élèves protégés et le traditionnel séjour à l’Académie de France à Rome (1771-1774) qu’il effectue avec son camarade Ménageot. À son retour de Rome, il fut agréé, le , à l’Académie royale de peinture sur un tableau représentant le Siège de Calais[4]. Quatre ans plus tard, le , il fut reçu avec Apollon qui ordonne au Sommeil et à la Mort de rendre le corps de Sarpédon à sa famille comme morceau de réception[3].

Portrait d’homme avec le buste de Denis Diderot (1784), Staatliche Kunsthalle Karlsruhe.
portrait du chevalier Marrier de l'Isle (1779), Paris, collection privée
Denis Diderot (1784), Paris, musée Carnavalet.

De 1775 à 1789, il expose régulièrement au Salon des tableaux commandés par la manufacture des Gobelins, œuvres à sujets antiques ou médiévaux, comme le Siège de Calais (1779 ; Laon, musée municipal).

Diderot critiqua plus d’une fois son genre entre la grâce délicate et les contours incertains de Boucher, et le style d’une école plus moderne, qui plaçait des statues peintes dans ses compositions pour imiter l’antique, lui reprochant la froideur, l’embarras des groupes et l’ignorance des effets de la lumière. Il se prêtera cependant plus tard à la réalisation de son portrait par l’artiste[5].

En revanche, Berthélemy réussissait assez souvent dans le genre des plafonds[3]. Il a ainsi exécuté, en 1786, au château de Fontainebleau, dans les appartements de la reine, l’un représentant le Lever de l’Aurore et l’autre, Minerve présidant les sciences et les arts ; le Livre et les attributs de la Loi, le Triomphe de la Philosophie et l’Apothéose de Napoléon[6] au palais du Luxembourg (1799-1805) ; Prométhée animant sa statue [7] au palais du Louvre en 1802[3]. Peintre habile dans la perspective, il possédait très bien les connaissances nécessaires pour produire l’illusion convenable à ces sortes d’ouvrages. Il est sollicité par une nombreuse clientèle privée. Un seul décor existe encore de nos jours, celui de l’hôtel Saint-Florentin, à Paris, daté de 1769.

Quand la Révolution éclata, il eut toutes les peines du monde à se faire payer une Assomption qu’il venait de terminer l’abbaye du Sauvoir-sous-Laon sur le point d’être fermée par le décret de suppression des maisons religieuses de la Constituante, alors que sa mère et sa sœur incombaient à sa charge[3]. Favorable à la Révolution à ses débats, s’en écarta et se tient à l’écart de la vie artistique, lorsqu’il en vit les excès[3]. La seule fonction officielle sera celle de dessinateur des costumes de l’Opéra de 1791 à 1807.

En 1796, lors de la campagne d’Italie, il fut nommé, avec le son ami sculpteur Moitte, et les savants Monge[8], Berthollet, Thouin et Labillardière, tous quatre membres de l’Institut, à la suite du général Bonaparte au sein de la Commission des sciences et des arts chargée notamment de sélectionner les œuvres d’art pouvant être transportées en France[3]. À son retour de cette mission, il fut nommé, avec Moitte, administrateur du Muséum central des arts[3].

Nommé professeur à l’École des beaux-arts de Paris le , première nomination, il aura pour successeur Gérard[9].

En 1808, Denon, alors directeur du musée Napoléon, lui confia l’exécution d’un tableau destiné à la galerie de Diane, sur le sujet de Bonaparte, général en chef de l’armée d’Égypte, accompagné de son état-major et de quelques membres de l’Institut, visitant, après avoir passé l’isthme de Suez, les Fontaines de Moïse[10]. Cette toile figura avec honneur à l’exposition de 1808, où l’Empereur lui ayant dit, avec étonnement, en la voyant : « Je croyais que vous ne peigniez que des coupoles ? », il se troubla, ne sut que répondre et se convainquit qu’il avait encouru la disgrâce de Napoléon[3].

Si Jean Simon Berthélemy est un peintre d’histoire et de plafond, c’est aussi un fin portraitiste. Il laissa à la postérité le dernier portrait de Denis Diderot, peint peu de temps avant la mort du philosophe en 1784, conservé au musée Carnavalet à Paris. Berthelemy a terminé son existence dans le logement qu’il occupait, depuis 1806, au palais des Quatre-Nations, époque de la translation des académies dans cet édifice[3].

Œuvres dans les collections publiques

Notes et références

Annexes

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