Jean Sénégas
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Jean Joseph Émile Sénégas |
| Nationalité | |
| Activité |
Jean Sénégas ( - ) est un enseignant et un essayiste français, spécialiste du surréalisme et de l'œuvre de Roger Vailland.
Il a notamment publié de nombreux articles et analyses sur l'œuvre de Roger Vailland et préfacé plusieurs de ses ouvrages.
Jean Sénégas a beaucoup travaillé sur l'époque du surréalisme et également l'apport du mouvement simpliste au surréalisme, dont les principaux membres furent Roger Vailland, René Daumal, Pierre Minet et Roger Gilbert-Lecomte.
C'est en particulier lui qui, après de longues recherches, a retrouvé et présenté les dix-huit chroniques cinématographiques inédites de René Daumal[1].
Il anime des colloques et des tables rondes avec René Ballet, Christian Petr et l'association des Amis Roger Vailland.
Il est membre du comité de rédaction des Cahiers Roger Vailland et a dirigé un des derniers numéros des Cahiers Roger Vailland : « le numéro 24-25 des Cahiers Roger Vailland, qui vient de paraître et que l'on doit à la patience et à la finesse d'analyse de Jean Sénégas. »
Plus récemment, il a dirigé et écrit l'avant-propos du cahier Les années de cendre.
Alain Georges Leduc a dit récemment, à propos de son livre publié en Roger Vailland, un homme encombrant , « il existe bien sûr, au sujet de Vailland, la grosse biographie de Courrière, plus les travaux de René Ballet, Christian Petr et de Jean Sénégas... »
En 2009, après le décès de Jacques Chessex il écrit un long article sur le roman de Jacques Chessex, L’Éternel sentit une odeur agréable où Roger Vailland devient personnage de roman, et sur les rapports entre les deux hommes.
Comme essayiste, il a publié de nombreux articles parmi lesquels on peut citer :
- Fragments d'un temps perdu, L'accession à la parole, L'instant de grâce
- Marx et le paradigme de la Révolution, Histoire et utopie...
- Matin et lendemains après une nuit d'amour ratée
- Introduction et commentaire des textes suivants de Roger Vailland : La croisière de l'Eftalia - Le mystère est au coin de la rue ainsi que À la recherche de l'homme heureux
L'écriture de Vailland de Jean Sénégas
Cette étude intitulée Paradoxe sur l'écrivain est parue dans Lecture de Roger Vailland publiée aux éditions Klincksiek en 1987. Roger Vailland aimait beaucoup Diderot où, nous dit Sénégas, il puisait des citations, par exemple l'expression la distinction de soi d'avec soi empruntée au Paradoxe sur le comédien. Pour Vailland, ça ne concernait pas seulement les comédiens mais les héros de Stendhal ou de Baudelaire. Mais curieusement, Vailland ne la met pas en pratique dans son travail d'écrivain[2].
Pour lui, l'écrivain est comme un sportif qui doit être en forme au moment de l'épreuve. Il prône une discipline du corps -chasteté et sobriété- et une discipline de pensée dans le recherche du mot juste, la maîtrise technique demandant une grande vigilance critique. C'est un homme de méthode : « le narrateur de Beau masque ou de 325.000 francs accompagnait les personnages, expliquait les arrière-plans de leurs actions, généralisait. »
Avec La Fête, la donne change, entre la forme et l'éveil s'articule désormais des conditions moins formelles, la chance et la grâce[3]. Mais après le traumatisme de 1956 et la rupture avec le stalinisme, particulièrement avec ses deux derniers romans La Fête et La Truite, la vision de Vailland a largement évolué. Prendre du recul devient pour lui plus compliqué. « La Fête nous dit Jean Sénégas, propose une nouvelle donne [...] elle est l'instrument d'une reconquête de soi. » Aucun repaire, même celui de Meillonnas n'est à l'abri des échos du monde[4].
La forme de l'écrivain est toujours nécessaire, elle demeure toujours un préalable à l'écriture, « Duc se sentit léger comme il ne l'avait pas été depuis plusieurs mois. » Un roman, c'est pour Vailland d'abord quelques images qui frappent son imagination puis décors et personnages se mettent peu à peu en place et le hasard diminue. Pour La Truite par exemple, il précise : « Le soir du bowling, j'avais pensé qu'il était possible qu'une action commençât. » C'est le récit d'un autre personnage Saint-Genis qui finit par déclencher le mécanisme d'écriture, explique Vailland dans La Truite, expliquant par là même sa propre démarche. Il ajoute : « Autant que je comprenne, sa réflexion ne procède pas par association et dissociation de concepts. » Il joue en fait avec les images -les scènes qu'il 'voit'- en les superposant jusqu'à obtenir une image parfaite. C'est ce qu'il appelle "peser un personnage", pour Frédérique son héroïne, « faire le poids de sa singularité. » À partir de ce moment-là, il peut commencer à écrire[5]. Au-delà de la métaphore de la truite, ce qui est important pour Vailland c'est de « la saisir dans sa singularité. » Elle incarne quelque chose de l'ordre de l'impossible, quelque chose qui rejoint ce que Vailland appelle « la totale liberté dans la totale nécessité »[6], la distraction de soi d'avec soi.
Interventions, collaborations
- Rencontres Vailland : A chacun son Vailland, paroles d'écrivain, intervention de Jean Sénégas, 11/2000, Bourg-en-Bresse
- Roger Vailland et le cinéma par Jean Sénégas, revue Le Croquant, 12/1987
- Lecture de Roger Vailland : Paradoxe sur l'écrivain par Jean Sénégas, Éditions Klincksiek, 1990, (ISBN 2-252-2706-1) édité erroné (BNF 35561440)
- La revendication de l'héroïsme, par Jean sénégas, intervention au colloque de l'ENS de Lyon, 2007