Jean Torlais
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Jean Henri Louis Marie Torlais, né à La Rochelle le et mort à Soisy-sur-Seine le [1] est un médecin français, historien des sciences.
Arrêté à la Libération en , on reproche à ce médecin d’avoir collaborer en dénonçant un de ses confrères et résistant, Octave Bigois, avant de s’installer dans sa propriété. Il lui est également reproché d’avoir facilité le départ forcé d’un jeune Rochelais pour le STO (Service du travail obligatoire) en Allemagne, alors que ce dernier était blessé. Enfin, il a écrit dans un journal qui soutenait Pétain et était ouvertement antisémite.
À La Rochelle, son nom a été donné à une rue en 2011. Toutefois, au vu du passé collaborationniste de Jean Torlais, la municipalité s'apprête à procéder à un changement de nom.
Il fait ses études médicales à Poitiers et à Bordeaux. Il exerce en tant que médecin dans sa ville natale de 1921 à 1947, puis s'installe à Paris en 1949 pour y exercer jusqu'à sa mort. Il est historien des sciences amateur et écrit des biographies de savants comme Jean Antoine Nollet ou Réaumur, qui étaient bien mal connus avant lui.
Il écrit également dans L’Atlantique, journal vichyste ouvertement antisémite[2].
À la Libération, Jean Torlais est arrêté pour faits de collaboration. Le , il est condamné par la chambre civique de La Rochelle pour atteinte à la sûreté extérieure de l'État – il lui est notamment reproché d'avoir dénoncé un de ses confrères, le Dr Octave Bigois, comme gaulliste afin de s'installer dans sa propriété – avant de bénéficier d'une amnistie en 1951.
Hommage et critiques
En 2011, ignorant son passé collaborationniste, le Conseil municipal de La Rochelle lui rend hommage en donnant son nom à une rue du quartier de Chef-de-Baie[2].
En 2022, l'historien local Xavier de Ronne effectue des recherches et alerte sur l'hommage rendu à Jean Torlais[3]. En 2023, il écrit une lettre à Jean-François Fountaine, le maire de l'époque. En , le journal Sud Ouest rend l'affaire publique et une commission de travail est mise en place. Toutefois, elle se prononce contre le changement de nom. La municipalité estime que l'amnistie et un manque de preuve suffit à blanchir Jean Torlais et interdit de mentionner son passé collaborationniste. Michel Goldberg, chercheur de l’université de La Rochelle, approfondit les recherches historiques et découvre les écrits dans le journal pétainiste[2].
Le , le maire Jean-François Fountaine démissionne et est remplacé par Thibaut Guiraud. Une seconde commission est réunie en , en présence de Michel Goldberg et de Xavier de Ronne. Le , la municipalité valide le changement de dénomination de la rue Jean-Torlais, et proposera de l’entériner au prochain conseil municipal en . Le nom proposé en remplacement n’a pas encore été communiqué[2].