Jean Warin (résistant)

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Décès
Nom de naissance
Jean Jules Laurent WarinVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
WalterVoir et modifier les données sur Wikidata
Jean Warin
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean Jules Laurent WarinVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
WalterVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Anne-Marie Pariselle
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
Lycée Ronsard (d)
Lycée Michelet de VanvesVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Conflit
Lieux de détention
Distinctions

Jean Warin, né le à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et mort le dans le camp de concentration de Neuengamme (Allemagne), est un professeur agrégé de lettres et un résistant français[1].

Un intellectuel réformé contre son gré

En 1936, Jean Warin est reçu 8e à l'agrégation de lettres[2], en même temps que sa future épouse Anne-Marie Pariselle (elle-même reçue 1re à l'agrégation féminine de lettres[3]) avec laquelle il se marie à Besançon le . Animé par des valeurs humanistes, il prépare une thèse sur Périclès et la démocratie athénienne[4]. Il est affecté pour ses premières années dans l'enseignement à Marseille (1936-1937) puis à Lyon où naît son premier fils François Warin. Il obtient ensuite un congé pour préparer l'École d'Athènes et vit à Beauvais où sa femme a été affectée.

Quand la guerre éclate le , il se replie avec sa famille à Montpellier où il enseigne avec sa femme. Mobilisé fin , il est affecté dans le Génie, détaché à Versailles peloton E.O.R., puis admis au peloton E.A.R. De santé fragile, atteint d'hémoptysie, il se bat pour ne pas être réformé définitivement et obtient d'être réformé de manière temporaire le . Il retourne alors à Montpellier avec sa famille.

Premiers faits de résistance (1940-1941)

Après la signature de l'armistice le , il enseigne au lycée Ronsard à Vendôme[5], où il fait la connaissance de Jean Gosset, professeur de philosophie[6]. Les deux hommes deviennent amis et font plus tard partie du réseau Cohors-Asturies[7]. Jean Warin accueille ses élèves en classe en retournant le portrait du maréchal Pétain[8]. Il écrit et diffuse un journal clandestin dont le titre est Notre patrie à la tonalité péguyste[9].

Début , la Kommandantur établit une liste de fonctionnaires qui doivent faire des rondes nocturnes pour empêcher la pose d’affiches clandestines et essayer de découvrir les auteurs de ces affichages. Jean Warin refuse d’obtempérer aux ordres allemands : « Je n’obéis pas à ces gens-là »[10],[11]. Il est arrêté, présenté devant la Feldgendarmerie. Condamné à six mois de prison, il est incarcéré à Blois. Il est libéré en .

Le réseau Cohors-Asturies (1942-1943)

Libéré de prison, Jean Warin est nommé à Orléans pour la fin de l’année scolaire 1941-1942. Il est ensuite affecté au lycée Michelet à Vanves[12]. Il entre alors dans la Résistance, affilié au réseau Cohors-Asturies, « agent P2, en qualité de chargé de mission de 3e classe, à compter du  », responsable pour les régions orléanaise et parisienne. Enseignant le jour, il participe à des missions opérationnelles le soir : évasions, parachutages, renseignement.

C’est sous le nom de résistant de Walter[13] qu’il apparaît dans un rapport rédigé à Londres par Jean Gosset, sous les ordres duquel il travaille, fin . Il continue à imprimer secrètement dans son domicile à Bourg-la-Reine et à diffuser clandestinement le journal Notre patrie. Il est arrêté une première fois le et relâché faute de preuves le .

Arrestation, déportation et mort (1944)

Arrêté une nouvelle fois le , il est incarcéré à Fresnes le , puis à Compiègne le , d’où il est déporté le par le convoi I.250 à destination du camp de concentration de Neuengamme[14]. Il y meurt d'épuisement le [15], sept jours avant Jean Gosset, devenu chef du réseau Cohors-Asturies, le .

Il a bénéficié par deux fois, en , puis en , d’un congé pour raison de santé. Il subit la veille de son départ pour l’Allemagne un pneumothorax. On peut donc imaginer dans quel état de délabrement physique il a quitté Compiègne pour Neuengamme. Son corps est brûlé dans le crématoire du camp. Sa femme Anne-Marie Pariselle n'apprend son décès qu'en [10].

Distinctions

Jean Warin est récipiendaire, à titre posthume, des décorations suivantes :

Hommages

Monument aux morts du lycée Louis-le-Grand.

Son action résistante est saluée dans la Revue des études grecques[17] et dans la revue Esprit parue en [9].

Une bibliothèque Warin est inaugurée au lycée Michelet à Vanves le [18].

Son portait fait partie du « parcours de mémoire » réalisé par la ville de Vendôme rendant hommage à ses résistants avec ceux de Jean Emond et Jean Gosset[5] et son nom est inscrit sur le monument aux morts du lycée Louis-le-Grand où il a été élève en khâgne.

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

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