Jef Lambeaux

sculpteur belge From Wikipedia, the free encyclopedia

Jef Lambeaux, né le à Anvers et mort le à Bruxelles, est un sculpteur belge.

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 56 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Saint-Gilles (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jozef Maria Thomas LambeauxVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Jef Lambeaux
Biographie
Naissance
Décès
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BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
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Cimetière de Saint-Gilles (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jozef Maria Thomas LambeauxVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Famille

Joseph Marie Thomas, dit Jef, Lambeaux naît à Anvers le d'un père d'origine wallonne et d'une mère flamande, ce qui lui fait dire qu'il se sent « comme un vrai Belge », au même titre que son frère Jules Lambeaux (nl).

Il est le fils de Thomas Antoine Lambeaux, chaudronnier[1], batteur de cuivre (koperslager) né à Anvers[2] le , mort à Anvers le , et de Marie Louise Loneu, née à Anvers[3] le et morte à Anvers le , qui s’étaient mariés à Anvers[4] le 16 .

Le grand-père paternel de Jef Lambeaux était Thomas Joseph Lambeaux junior, chaudronnier, baptisé à Namur (paroisse Saint-Michel)[5] le , domicilié à Anvers en 1807, fils de Thomas Joseph Lambaux (sic) senior, chaudronnier, domicilié à Hougaerden en 1807, et de Marie Anne Copette, de la paroisse Saint-Michel de Namur, morte à Namur (Saint-Michel) le , et qui s'étaient mariés à Namur, paroisse Saint-Michel, le . Ce Thomas Joseph Lambaux senior, né vers 1752, avait épousé en secondes noces Marie Barbe Bodson, dont il était également veuf lorsqu'il mourut à Hougaerden[6] le âgé d'environ 82 ans. Il était également originaire de Namur où il était né, comme fils de Jean Lambaux et de Jeanne Catherine Baufays ou Beaufais.

La grand-mère paternelle de Jef Lambeaux était Anne Elisabeth Plevoets, née à Hasselt, le , fille de Jacques Plevoets, d'une famille de censiers et de forgerons de Saint-Trond et de sa région, et de Marie Hélène Distelmans. Anne Elisabeth Plevoets était veuve en premières noces d'Antoine Markenbach, mort à Anvers en 1797 âgé de 35 ans. Thomas Joseph Lambeaux et Anna Elisabeth Plevoets s'étaient établis à Anvers et s'y marièrent[7] le . Anne Elisabeth Plevoets est morte à Anvers[8], le âgée de 89 ans, et son mari Thomas Joseph Lambaux junior et mort à Anvers[9] le âgé de 78 ans.

Du côté maternel, ses grands-parents étaient d'une part Jean François Loneu, cocher et conducteur de diligences, né le à Attenhoven comme fils illégitime de Jean Mathieu Lonneu et d'Anne Marguerite Vrancken et d'autre part Isabelle Marie Jacqueline Van Bellingen, baptisée le à Contich comme fille de Jacobus Van Bellingen, de la paroisse Notre-Dame d'Anvers, et de Maria Coveliers, de Contich.

Jef Lambeaux épousa le [10] à Vilvorde, où il fut brièvement domicilié, Juliette Marie Christine Wittocx, servante en 1875, née à Berchem le , fille de Benoit Wittocx, ouvrier de sucrerie, mort accidentellement[11] à Hove le et de Jeanne Elisabeth Aerts, morte à Geel le . Lors de leur mariage, ils légitimèrent un fils, déclaré à l’état civil sous le nom d’Emile François Wittocx, qui était né à Saint-Gilles, rue Dethy n° 3 où résidait sa mère, le . Cet enfant avait déjà été légalement reconnu par ses père et mère quelques années auparavant, par acte du . Il fut alors nommé Lambeaux comme son père.

Jef Lambeaux, alors domicilié au n° 49 de l’avenue Brugmann à Saint-Gilles, est mort à Bruxelles, d'un mal qui le rongeait depuis longtemps, le , à 11 heures et demie du soir, au n° 14 de la rue du Grand Cerf, et l’acte de décès précise que le défunt était officier de l’ordre de Léopold, décoré de divers ordres étrangers, et artiste sculpteur[12].

Parcours artistique

Jef Lambeaux étudie à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers en tant qu'élève de Nicaise De Keyser et de Joseph Geefs, mais ils n'auront que peu ou pas d'influence sur son travail ultérieur. Il rejoint un groupe de jeunes artistes dirigé par Jan van Beers. Piet Verhaert et Alexandre Struys appartiennent également à ce groupe. Ils sont connus pour leur comportement excentrique, notamment pour leurs promenades à Anvers vêtus de costumes d'époque[13].

Sa première œuvre Guerre est exposée en 1871. S'ensuit une longue série de groupes humoristiques et pittoresques, tels que Enfants qui dansent, Le nombre porte-bonheur et Un accident (1875). Il part ensuite pour Paris, où il mène une vie misérable. Il y réalise Le Mendiant et Le Baiser (1881), considéré comme son chef-d'œuvre. La sculptrice Art déco Claire Colinet est son élève à Paris[14]. Lors d'une visite en Italie, il est très impressionné par les sculptures de Giambologna. C'est de là que vient sa préférence pour les effets de force et de mouvement dans la figure humaine.

Autoportrait en bronze

En 1883, il devient l'un des membres fondateurs du cercle d'artistes Les Vingt, mais il démissionne après la première exposition du cercle, en 1884, en raison de son mécontentement face aux idées trop avant-gardistes du groupe[15].

La fontaine de Brabo (1887) sur la Grand-Place d'Anvers, inspirée des effets de mouvement de l'œuvre de Giambologna, est devenue le symbole officiel de la ville d'Anvers. Il représente Silvius Brabo, le légendaire fondateur d'Anvers. Le socle montre des sirènes, des phoques et d'autres créatures marines, représentés avec une fluidité qui anticipe déjà l'Art nouveau. Jef Lambeaux est alors fait chevalier de l'Ordre de Léopold[16].

Outre les œuvres citées ci-dessous, il réalise un grand nombre de sculptures telles que Le Vol du Nid d'Aigle (1890). Son Ivresse, présentée au Salon de Bruxelles en 1893, lui a valu de nombreuses critiques pour sa représentation sensuelle de la chair humaine. Jean Delville lui a donné le surnom de « Michel-Ange du Caniveau ». Mais l'année suivante, après son exposition à Paris, il reçoit pour cela une décoration de la Légion d'honneur. En 1896, il reçoit la médaille d'or lors de la Grande exposition d'art de Berlin en 1896.

Son œuvre Le Triomphe de la femme (1901) provoque un grand émoi dans les milieux catholiques à l'Exposition universelle de 1905 à Liège. Le gigantesque haut-relief Les Passions humaines (1889-1894), esquisse minutieusement détaillée exposée en 1889, témoigne d'une grande sensualité et d'un panache baroque. L'image a été critiquée au début parce qu'elle ne montrait que du mouvement, mais en fait peu de sentiment intérieur.

Il réalise également un grand nombre de portraits en buste, comme ceux d'Hendrik Conscience[17], d'Henri de Braekeleer et du bourgmestre de Bruxelles, Charles Buls[18]. Ses nombreuses autres œuvres représentent également des nymphes, des sylves, des bacchantes et des centaures. Sa Nymphe du Bocq (ou Déesse du Bocq) est restée dans les caves de l'hôtel de ville de Saint-Gilles jusqu'en 1976, car jugée « trop indécente » au xixe siècle. Maintenant, elle se dresse sur la place devant l'hôtel de ville. L'œuvre Le Faune mordu, commandée pour le Parc de la Boverie à Liège, fait un autre scandale. Il a été renvoyé, mais s'est cassé en cours de route. Le gouvernement a fourni une nouvelle copie.

Il se lie d'amitié avec le peintre Alfred Bastien et ils vivent même ensemble pendant un certain temps. Bastien a également été le modèle de la statue en l'honneur du maître d'œuvre Pieter Appelmans (en) (à droite de la cathédrale d'Anvers), inaugurée en 1935[19].

Vers la fin de sa vie, ses œuvres deviennent plutôt une répétition au sens de ses œuvres antérieures. Ayant accédé au succès, il a continué sur sa compétence technique sans autre innovation. Au cours de sa carrière, il a reçu jusqu'à vingt commandes d'œuvres monumentales dans l'espace public.

Il devient membre de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts[20]. Il est également mentionné comme membre de la franc-maçonnerie.

Son atelier était situé rue de Savoie (détruit en 1898), puis au no 104 de la rue Antoine Bréart (détruit en 1977) à Saint-Gilles (Bruxelles).

Œuvres

Lambeaux se disait réaliste et nullement symboliste. Ses pièces en marbre ne sont ni poétiques ni philosophiques. Il voulait juste montrer le mouvement et le panache de ses modèles de manière éclectique. C'était typique de Lambeaux. Il voulait faire appel à l'œil plutôt qu'à l'intellect. La sculpture en bronze le représentant lui-même le dépeint comme un poète maudit, ce qu'il n'était en aucun cas.

Il a notamment réalisé Le Faune mordu montré lors des expositions universelles de Bruxelles (1897) et Paris (1900) mais qui fut le centre d'une polémique sur les nus à l'Exposition universelle de 1905 à Liège où cette œuvre fut recouverte d'un voile.

Une autre œuvre majeure : Les Passions humaines (1886), un haut-relief de marbre qui a été intégré dans le pavillon de Victor Horta du Parc du Cinquantenaire, pour laquelle il a reçu une médaille d’honneur lors de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. Il a été nommé membre de l’Académie royale de Belgique en 1903. Depuis 1899, le relief des Passions humaines a fait l’objet d’éloges et de critiques[21].

Principales œuvres

Élèves

Il animait régulièrement un groupe d'artistes composé de jeunes peintres et sculpteurs à Saint-Gilles (Bruxelles).

Distinctions

Musée

La commune de Saint-Gilles lui avait promis un musée en 1898, s'il laissait suffisamment d'œuvres au musée. Mais il n'a jamais été construit. Ces pièces ont été entreposées chez un voisin mais ont été détruites par un bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale. En 2006, une association « ASBL Musée Jef Lambeaux » a été créée pour favoriser la construction d'un musée pour Jef Lambeaux.

Galerie

Notes et références

Voir aussi

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