Jen Shyu
musicienne américaine
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Jen Shyu, née le à Peoria dans l'État de l'Illinois, aux États-Unis, est une chanteuse, multi-instrumentiste et danseuse américaine. Elle est connue pour avoir été la sideman du saxophoniste Steve Coleman dans plusieurs de ses projets dont « Five Elements ». Elle se produit régulièrement dans les clubs de New York avec Mat Maneri, David Binney, Miles Okazaki ou encore Anthony Braxton.
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Depuis |
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Steve Coleman and Five Elements (d) |
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(en) www.jenshyu.com |
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Elle est également polyglotte et chante en cinq langues : javanais, indonésien, resuk du Timor oriental, japonais et anglais.
Biographie
Jeunesse
Le père de Jen Shyu, un ingénieur, est originaire de Taïwan et sa mère bibliothécaire vient du Timor oriental[1]. La jeune fille nait aux États-Unis à Peoria, et grandit à Dunlap, une commune rurale de l'Illinois, où vivent peu d'Asiatiques, et où elle est régulièrement confrontée au racisme[2],[1],[3]. Jen Shyu a un frère, prénommé Linus[3].
Elle commence la danse classique à cinq ans, et à huit ans elle commence l'étude du violon et du piano, pour lequel elle développe une grande passion[2],[4]. Elle est une enfant prodige du piano, remportant de nombreux prix, et jouant avec l'orchestre symphonique de Peoria le Premier concerto pour piano de Tchaïkovski à 13 ans[5].
Elle commence le chant à 12 ans. Elle s'intéresse aux comédies musicales, et se familiarise avec le jazz en écoutant les versions des standards de Broadway[2].
Formation et début de carrière
Elle part étudier l'opéra à Stanford dans le but de devenir chanteuse à Broadway[2]. Elle y rencontre le saxophoniste Francis Wong et le pianiste Jon Jang, deux défenseurs de la communauté asiatique dans les musiques improvisées, qui l'encouragent à explorer son héritage culturel et musical[2],[3]. Elle se plonge dans des partitions venues d'une grand-tante taïwanaise, elle y trouvera l'inspiration pour un titre de son premier disque, For Now (2002)[2]. Au fil des années, des bourses lui permettent de voyager à Taïwan, en Indonésie, au Timor oriental ou en Corée du Sud, où elle étudie la musique traditionnelle, comme le pansori corréen ou le sindhenan de Java[2].
Grâce à Dafnis Prieto, elle rencontre Steve Coleman, qui l'invite à sortir du répertoire des standards[2]. À partir de 2003 et pendant huit ans, elle fait partie du groupe Five Elements du saxophoniste[2],[1]. Elle participe notamment aux albums Weaving Symbolics (2006), Harvesting Semblances & Affinities (2010) et Morphogenesis (en) (2017).
La rencontre avec Coleman la pousse à s'installer à New York, un des cœurs du jazz aux États-Unis[3].
Carrière en tant que leadeuse
Petit à petit, Jen Shyu commence à écrire son propre répertoire[2]. elle est dans un premier temps très influencée par son cursus en musique classique, avec un style très écrit, et travaillé dans les rythmes comme dans les formes, ainsi qu'on peut l'entendre sur son album Jade Tongue, paru en 2009[3]. Le morceau The Human Color parle des serviteurs chinois sous contrat kidnappés, qui ont travaillé aux côtés d'Africains réduits en esclavage à Cuba au XIXe siècle, alors colonie portugaise et espagnole[6],[7].
En 2011 parait Synastry chez Pi Recordings, codirigé par Jen Shyu et le contrebassiste Mark Dresser. Elle est ainsi la première femme à sortir un album à son nom sur ce label[5].
Son album Sounds and Cries of the World (2015) est salué par la critique (The New York Times, Mark Dresser, NPR…)[6],[5],[8],[9].
En 2017 parait son album Song of Silver Geese, également acclamé par la critique (The New York Times, DownBeat…)[6],[10],[11].
En 2019, elle a l'honneur de recevoir les bourses Guggenheim et United States Artist Fellowships[6]. Elle prévoit de partir au Japon pendant plusieurs mois pour étudier la musique traditionnelle, la langue et le biwa, mais son séjour est rapidement interrompu par la mort inattendue de son père en [6],[3].
En 2021 sort son album Zero Grasses : Ritual for the Losses, pensé comme un hommage à son père, ainsi qu'aux femmes marginalisées dans le monde[2],[6]. Elle évoque notamment les violences policières envers les Noirs-Américains avec un titre consacré à la mort de Breonna Taylor[2],[3],[12]. La pandémie de Covid-19 bouscule un peu ses plans, l'obligeant à retarder la sortie de l'album et à renoncer à une chorale d'enfants, remplacée par sa propre voix en re-recording[2]. Elle enregistre ce disque au sein de son groupe Jade Tongue, avec Ambrose Akinmusire (trompette) et Mat Maneri (alto), ainsi qu'avec deux vieux compagnons de route, Thomas Morgan (contrebasse) et Dan Weiss (batterie)[2],[13].
Œuvre scénique
Jen Shyu conçoit et interprète plusieurs spectacles musicaux pour la scène, qu'elle appelle « drames musicaux rituels multilingues », et qui mélangent plusieurs disciplines : danse, récit narratif, théâtre et chant en cinq langues (javanais, indonésien, resuk du Timor oriental, japonais et anglais), même si elle en parle d'une d'une douzaine[6],[1]. Elle joue également de plusieurs instruments : du biwa japonais, du yueqin taïwanais et du piano[6]
Ses deux premiers spectacles sont Solo Rites : Seven Breaths en 2014, dirigé par le réalisateur indonésien Garin Nugroho et Nine Doors en 2017[6],[5].
En 2018, Mat Maneri et Lucian Ban écrivent une relecture de l'opéra Œdipe (1931) de Georges Enesco, entre musique de chambre et jazz contemporain, Œdipe Redux. La création mondiale a lieu le à l'Opéra de Lyon, auditorium unterground[14]. Jen Shyu y est entourée de Mat Maneri (alto), Lucian Ban (en) (piano), Theo Bleckmann (voix), Louis Sclavis (clarinette et clarinette basse), Ralph Alessi (en) (trompette), John Hebert (contrebasse) et Tom Rainey (batterie). Un album reprenant le répertoire parait en 2023 (Oedipe Redux, Sunnyside)[15].
Une partie du répertoire de Zero Grasses est donnée sur scène en au National Sawdust à Brooklyn, à la suite d'une commande de John Zorn[6]. Après la sortie de l'album, une version scénique est également créée à Brooklyn[3]/
Prix et distinctions
Jen Shyu a remporté de nombreux prix et des bourses de création[5],[6],[1] :
- 2014 : Doris Duke Impact Award
- 2014 : bourses Fulbright
- 2016 : Doris Duke Artist Award
- 2019 : bourse Guggenheim
- 2019 : United States Artist Fellowships
Discographie
En tant que leader
- 2002 : For Now, Jen Shyu Quartet
- 2009 : Jade Tongue (Chiuyen Music, autoproduit)
- 2011 : Synastry, avec (Pi Recordings) (Pi Recordings)
- 2015 : Sounds and Cries of the World, Jen Shyu & Jade Tongue (Pi Recordings)
- 2017 : Song of Silver Geese (Pi Recordings)
- 2021 : Zero Grasses : Ritual for the Losses, Jen Shyu & Jade Tongue (Pi Recordings)
En tant que sideman
Avec Steve Coleman
- 2005 : Steve Coleman & Five Elements, Lucidarium (Label Bleu)
- 2006 : Steve Coleman & Five Elements, Weaving Symbolics (Label Bleu)
- 2010 : Steve Coleman & Five Elements, Harvesting Semblances & Affinities (Pi Recordings)
- 2011 : Steve Coleman & Five Elements, The Mancy Of Sound (Pi Recordings)
- 2015 : Steve Coleman And The Council of Balance, Synovial Joints (Pi Recordings)
- 2017 : Steve Coleman's Natal Eclipse, Morphogenesis (en), (Pi Recordings)
Avec Miles Okazaki
- 2009 : Generations (Sunnyside Records)
- 2024 : Miniature America (Cygnus Recordings)
Avec Anthony Braxton
- 2011 : Anthony Braxton, Trillium E (New Braxton House)
- 2016 : Anthony Braxton, Trillium J (New Braxton House)
Autres participations
- 2001 : Soko Arts Festival 2001 (Asian Improv Records)
- 2002 : Lewis Jordan Quartet More Travels of a Zen Baptist
- 2002 : Doug Yokoyama Quartet Thanks For Stopping By
- 2008 : Corner Stone Cues, Corner Stone Cues Presents Eton Path
- 2009 : Positive Catastrophe, Garabatos Volume One (Cuneiform Records)
- 2012 : Linda Oh, Initial Here (Greenleaf Music)
- 2013 : Aya Nishina, Flora (Tzadik)
- 2015 : SLM Ensemble, Source (Liminal Music)
- 2015 : John Hébert, Rambling Confessions (Sunnyside)
- 2016 : Dan Weiss, Sixteen: Drummers Suite (Pi Recordings)
- 2017 : David Binney, The Time Verses (Criss Cross Jazz)
- 2018 : Bobby Previte, Rhapsody (RareNoise Records)
- 2021 : Jennifer Koh, Alone Together (Cedille Records)
- 2023 : Olivia De Prato, Panorama (New Focus Recordings)
- 2023 : Lucian Ban, Mat Maneri, Oedipe Redux (Based on George Enescu's Oedipe Opera) (Sunnyside)
- 2024 : Caroline Davis, Portals, Vol. 2: Returning (Intakt Records)