Jeunesse Blanquiste

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Fondation
Août 1891
Pays
Effectif
Environ une vingtaine
Jeunesse blanquiste
Histoire
Fondation
Août 1891
Cadre
Type
Pays
Organisation
Effectif
Environ une vingtaine
Président d'honneur
Secrétaire général
Auguste Bigot
Organisme affilié
Comité central socialiste révolutionnaire, Parti Républicain Socialiste Français
Idéologie

La Jeunesse blanquiste (JB) est une organisation de jeunesse de tendance blanquiste fondée en 1891.

Fondation (1891)

Officiellement fondée en , la Jeunesse Blanquiste (JB) est dès ses débuts soutenue par le Comité central socialiste révolutionnaire (CCSR) et par Henri Rochefort dans une lettre datée du  :

« Cher ami, vous avez mille fois raison de compter sur moi dans l’œuvre de régénération et d'assainissement que vous entreprenez. Dans ma vie tourmentée, c'est toujours parmi les jeunes que j'ai trouvé la force dont j'avais besoin. Nous vous aiderons bien volontiers à l’Intransigeant ».

Établie d'abord dans le 13e arrondissement de Paris, la JB étend rapidement son champ d'intervention aux 1er, 2ème, 3ème, 11ème et 20ème arrondissements de Paris[1] et se dote d'une vingtaine de militants réguliers et d'environ une cinquantaine de sympathisants qui assistent aux réunions. Aussi, assez rapidement, une section centrale de la JB de Paris est constituée, avec pour objectif de contrôler les annonces et l'activité des autres sections[1].

Premières orientations politiques (1891-1894)

Se distinguant des autres groupes de jeunesse, la JB souhaite élaborer un socialisme à base nationale ancré dans la tradition révolutionnaire. Du Boulangisme à l'Affaire Dreyfus, elle sera de toutes les manifestations, de tous les défilés contre l'armée, pour la patrie républicaine ; c'est elle qui publie la dernière feuille rochefortiste en 1899 qui s'intitule Journal mensuel, organe du comité central socialiste révolutionnaire de la JB, fondée par Auguste Blanqui[1]. Farouchement attachée à la mémoire de Auguste Blanqui, la JB n'évoque l'idéologie de ce dernier que par l'utilisation réitérée de la formule « Ni Dieu ni maître » et participe fréquemment aux commémorations aux cimetière du Père-Lachaise et aux banquets organisés à l'occasion de l'anniversaire de la Commune de Paris[1].

Professant des positions antimilitaristes et patriotiques, les membres de la JB participent à différentes manifestations où les conscrits sont appelés à faire leur « devoir en cas de guerre avec l'étranger » mais de « refuse[r] de marcher contre vos frères, comme on le fait faire actuellement à la troupe dans le Nord pour défendre les capitalistes »[1].

Évolutions : nationalisme et antidreyfusisme (1894)

Les ambiguïtés de la JB disparaissent en 1894, date à laquelle la un Bulletin de la Jeunesse blanquiste sera lancé visant à clarifier la ligne du groupe : celui-ci met l'accent sur la nécessité de promouvoir une « éducation matérialiste et révolutionnaire » et de « purifier » la République parlementaire[1]. En 1895, Adolphe Fretel, André Colzy, Masson, Ducout, Boucharnin multiplient les activités de ce qui est devenu en janvier de cette années le groupe central de la jeunesse blanquiste de Paris : des conférences sont organisées avec le plus souvent comme orateur Henri Rochefort, Henri Place et Paulin-Méry. Se manifestent également les activités de la JB par création, au 72, rue Quincampoix, d'une bibliothèque et d'un local permanent[1].

En pleine Affaire Dreyfus, la JB s'engage dans une campagne pour la défense de la nation et de la République avec par exemple un manifeste paru dans L'Intransigeant en  :

« Citoyens et amis, en se faisant le complice des défenseurs de Dreyfus, le gouvernement actuel met en péril la France et la République. La situation est pleine de d'imprévu ; les évènements, en s'aggravant, peuvent se précipiter : c'est pourquoi nous avons le devoir de faire appel aux sentiments de dignité propre à notre race, pour déjouer toutes les intrigues qui pourraient surgir »[2].

L'historienne Yolande Cohen explique que, « [v]oyant dans l'armée l'instrument indispensable de régénération sociale et nationale, la JB ne pardonne guère à la République d'en avoir souillé l'image. Dès lors, elle troquera l'ancien antimilitarisme blanquiste pour défendre l'idée, radicale selon elle, d'une révolution nationale »[1]. Toujours selon Yolande Cohen, réfutant les interprétations de Zeev Sternhell et de Jolyon Howorth, celle-ci explique :

« Peut-on dire pour autant qu'elle (la JB) incarne cette combinaison particulière qu'est le socialisme nationaliste et qu'elle est l'ancêtre du national-socialisme à la française ? Elle a plutôt oscillé entre les deux, abandonnant le socialisme pour le nationalisme quand les circonstances lui semblaient plus favorables. Plus républicaine que nationaliste d'ailleurs, ses déclarations fracassantes visent avant tout à améliorer la République, qui a trahi. La JB compte certainement parmi ces groupes aux revirements spectaculaires, annonciateurs en ce sens de la débâcle idéologique qui marquera la décennie suivante »[1].

Quant à l'historien Bertrand Joly, il portera un jugement sévère sur la JB :

« En somme, la Jeunesse blanquiste n'a jamais eu ni effectifs, ni programme, ni meneur, ni presse, ni influence. Elle n'a jamais compté en quoi que ce soit et l'on pourrait légitimement s'interroger sur la nécessité ici de lui autant d'attention »[3].

Publications

Notes et références

Bibliographie

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