Jim House
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| Naissance | XXe siècle |
|---|---|
| Nationalité | Britannique |
| Profession | Historien |
|---|---|
| Employeur | Université de Leeds |
| Intérêts | Histoire de l'Algérie, de la France et du Maroc à l'époque coloniale; histoire de la décolonisation; histoire de l'antiracisme en France |
| Œuvres principales | Paris 1961: Algerians, State Terror, and Memory (avec Neil MacMaster, 2006) |
Jim House (né James R. House) est un historien britannique, spécialiste de l'Algérie, de la France et du Maroc à l'époque coloniale, de la décolonisation et de l'antiracisme en France. Enseignant-chercheur à l'Université de Leeds[1], il est notamment connu pour ses travaux sur le massacre du 17 octobre 1961 menés à bien avec Neil MacMaster[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11].
Jim House effectue des études supérieures de français et d'histoire à l'université de Leeds (Bachelor of Arts, Hons), à Saint-Étienne et à Damas avant de soutenir en 1997 une thèse de doctorat portant sur L'Antiracisme et le discours antiraciste en France de 1900 à nos jours (Antiracism and Antiracist Discourse in France from 1900 to the Present Day)[12]. Il est assistant d'anglais au lycée hôtelier de Talence puis lecteur et chargé de cours à l'Université Paris-XII (UPEC, Créteil) de 1991 à 1995, avant d'être nommé maître de conférence (Lecturer) à l'Université de Leeds en 1995.
En 2006-2007, il co-fonde le Centre d'Études Culturelles Françaises et Francophones de cette université, qu'il dirige également en 2009-2010. Promu Senior Lecturer en 2007, il co-fonde et co-dirige par ailleurs l'Institut d'Études Coloniales et Postcoloniales de l'Université de Leeds en 2008-2009. De 2014 à 2020, il est également responsable de l'École Doctorale du Département d'Études Françaises à Leeds[1].
À l'échelle internationale, il collabore à plusieurs projets scientifiques collectifs et groupes de travail qui ont pour objet d'étude l’histoire politique, sociale et urbaine de la France, de l'Algérie et du Maroc pendant les périodes coloniale et postcoloniale, parmi lesquels : « Encadrement, contrôle, répression dans le monde colonial du XXe siècle » (organisé par Emmanuel Blanchard, Raphaëlle Branche, Sylvie Thénault, IHTP-ENS, Paris, 2002-2008)[1], « Histoire de la mémoire des migrations » (Cité nationale de l’histoire de l’immigration, 2008-2012)[13],[14], « Pour une histoire sociale de l’Algérie colonisée » (Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Paris-1, avec Emmanuel Blanchard et Sylvie Thénault, 2015-2016)[15],[16], « La ville informelle au XXe siècle. Politiques urbaines et administration des populations » (projet lauréat du programme « Émergence(s) » 2016 de la Ville de Paris, 2016-2020)[17].
Il a été chercheur invité au sein de nombreuses institutions dont la Maison méditerranéenne des Sciences de l'Homme, le Centre d'Histoire sociale du XXe siècle de l'Université Paris-I, l'Institut d'Études Avancées de Paris[18], l'Institut universitaire européen[19] et l'Institut d'Études Avancées des Pays-Bas[20].
Domaines de recherche
La thèse de doctorat soutenue par J. House en 1997, Antiracism and Antiracist Discourse in France from 1900 to the Present Day (L'Antiracisme et le discours antiraciste en France de 1900 à nos jours)[12], propose une redéfinition et une re-conceptualisation de l’antiracisme en France. Elle s'appuie sur de nombreuses archives officielles (telles celles de la Préfecture de Police de Paris) et privées (MRAP), sur l'analyse de revues, journaux, tracts et brochures antiracistes, antifascistes et anticoloniaux, et sur des entretiens (histoire orale). Au carrefour de l'histoire, de l'analyse du discours, des sciences politiques et de la sociologie, House démontre la diversité synchronique et diachronique de l’antiracisme. Il met en lumière les interactions et tensions qui se sont fait jour entre, d'une part, ce qu'il appelle « l’antiracisme républicain », né à la fin du XIXe siècle dans le sillage de l'Affaire Dreyfus (bien que l'usage du terme 'antiracisme' lui soit postérieur) et prenant pour cibles principales l'antisémitisme et le fascisme, et, d'autre part, des espaces de contestation de l’antisémitisme et du racisme colonial qui ont émergé à partir des années 20 parallèlement à la structuration de mouvements anticolonialistes. House étudie également l’impact du processus de décolonisation sur le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix (devenu le MRAP) entre 1949 et 1962 et la manière dont cette association a fait évoluer sa définition du racisme : selon lui, pendant cette période, le futur MRAP a tenté d'intégrer le regard critique que portaient nombre de sujets colonisés sur l'État républicain français. En dernier lieu, sa thèse examine la mémoire des crimes racistes telle que les discours antiracistes l'ont mobilisée dans les décennies qui ont suivi 1945.
Outre l’histoire du racisme et de l’antiracisme en France depuis 1900, les travaux de Jim House portent sur l’impact de la colonisation et de la décolonisation en Algérie, au Maroc et en France, et plus particulièrement sur:
- la répression des mobilisations et manifestations anticoloniales au XXe siècle (Algérie, France, Maroc)[2],[3],[4],[5],[11],[21]
- l’histoire politique, sociale et urbaine comparée de l’Algérie et du Maroc sous la colonisation française (mouvements d’indépendance, gouvernance coloniale[22], histoire des quartiers informels dits bidonvilles[23],[24],[25],[26])
- l’histoire et la mémoire de la guerre d’indépendance algérienne et des violences coloniales[2],[27],[28]
- l’histoire des migrations algériennes et marocaines au Maghreb et en France métropolitaine depuis 1900[29],[30],[25]
- les mutations des partis de gauche et mouvements sociaux en France depuis les années 1970[31],[32]