Jimmy Lai
From Wikipedia, the free encyclopedia
Hong Kong britannique ( -
britannique (depuis )
taïwanaise
| Naissance | |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
黎智英 |
| Nationalités |
chinoise (- Hong Kong britannique ( - britannique (depuis ) taïwanaise |
| Activités |
| Distinction |
|---|
Jimmy Lai, de son vrai nom Lai Chee-ying (chinois simplifié : 黎智英 ; pinyin : , né le ) à Canton, est un homme d'affaires hongkongais de nationalité britannique et taïwanaise. Fondateur de la chaîne de magasins de vêtements Giordano (en), de la société de médias Next Digital (en) (anciennement appelé Next Media), et du journal populaire Apple Daily, sa fortune est estimée en 2008 à 1,2 milliard $[1].
Il est également l'un des principaux contributeurs au camp pro-démocratie de Hong Kong, en particulier au Parti démocratique (en). Ses entreprises sont interdites en Chine, et il est arrêté à plusieurs reprises pour rassemblement illégal à Hong Kong.
Arrêté le , sa libération sous caution lui est refusée et il est placé en détention le . Il est condamné à 14 mois de prison en . En , Lai est condamné à cinq ans et neuf mois de prison pour fraude ; et en , il est condamné à 20 ans de prison pour « collusion avec l'étranger » et « publication séditieuse ».
Fondation de Giordano
Né à Canton, Jimmy Lai est issu d'une famille ayant fait fortune dans le transport maritime. Mais en 1949, les communistes prennent le pouvoir et son père doit fuir à Hong Kong, tandis que sa mère est envoyée dans un camp de travail. À 6 ans, il travaille déjà afin d'acheter du riz puis à 9 ans devient porteur de valise à la gare de Canton. Il se décide à émigrer[2]. À 12 ans, il arrive à Hong Kong, ayant réalisé le trajet à bord d'un bateau comme passager clandestin[3]. À son arrivée, il commence à travailler dans une usine de textile pour 8 HK$ par mois[4].
Il apprend sur le tas et gravit les échelons[2]. Il devient progressivement directeur d'usine[5] et, en 1975, il utilise sa prime de fin d'année sur les actions de Hong Kong pour lever des liquidités et rachète une usine de textile en faillite, Comitex, où il commence à fabriquer des pulls pour des clients tels que J. C. Penney, Montgomery Ward et autres détaillants américains[6].
En récompensant les revendeurs par des incitations financières à Hong Kong, il fait de sa chaîne un détaillant à l'échelle de l'Asie. Giordano compte alors plus de 8 000 employés dans 2 400 boutiques réparties sur 30 pays dans le monde[7].
Publications
Jimmy Lai est le pionnier d'un modèle de publications utilisant le journalisme paparazzi, sur le modèle de USA Today et The Sun[8]. Ses journaux les plus populaires, Next Magazine et Apple Daily, présentent un mélange de tabloïd racé et de nouvelles orientées vers le marché de masse avec beaucoup de couleurs et de graphiques qui attirent une grande variété de lecteurs. Critique à la fois des personnalités politiques, médiatiques et de la pègre de Hong-Kong ainsi que de la politique de Pékin, le journal fait face à de nombreuse reprises à des procès en diffamation[9].
Publications hongkongaises
À la suite des manifestations de la place Tian'anmen de 1989, Jimmy Lai devient un défenseur de la démocratie et un critique du gouvernement de la république populaire de Chine[10]. Il commence à publier Next Magazine (en), qui combine le sensationnalisme des tabloïds avec des reportages politiques et commerciaux percutants. Il fonde ensuite d'autres magazines, dont Sudden Weekly (en) (忽然一週), Eat & Travel Weekly (飲食男女), Trading Express/Auto Express (交易通/搵車快線) et Easy Finder (en) (壹本便利) en direction des jeunes[11].
En 1995, alors que la rétrocession de Hong Kong à la Chine approche, Jimmy Lai fonde Apple Daily, une start-up de journal qu'il finance à hauteur de 100 millions HK$ de sa propre poche[12]. Le tirage du journal passe à 400 000 exemplaires en 1997[13], ce qui en fait le deuxième du territoire parmi 60 autres journaux[14]. Jimmy Lai aspire, selon lui, à maintenir la liberté d'expression à Hong Kong à travers Apple Daily[15]. En plus de promouvoir la démocratie, les publications de Lai attaquent souvent les autres magnats de Hong Kong, en exposant leurs histoires personnelles et leurs relations avec le gouvernement local[16].
En 2003, avant les manifestations pro-démocratie sans précédent de Hong Kong en juillet, la couverture de Next Magazine présente un photomontage montrant le chef de l'exécutif de Hong Kong, Tung Chee-Hwa, recevant une tarte dans la figure. Le magazine exhorte les lecteurs à descendre dans la rue pour distribuer des autocollants Apple Daily appelant à la démission de Tung[17].
En 2006, Sudden Weekly et Next Magazine se hissent premier et second en termes de diffusion sur le marché des magazines de Hong Kong[18]. Apple Daily devient le deuxième journal de Hong Kong[18].
En 2020, Jimmy Lai lance une version en anglais de Apple Daily.
En , Jimmy Lai et deux autres dirigeants du groupe sont inculpés pour fraude car le bail des locaux d'Apple Daily n'est pas celui pour lesquels les locaux sont effectivement utilisés[19]. Dans cette affaire, il est condamné à cinq ans et neuf mois de prison en [20]. En , sa peine est annulée en appel[21].
Publications taïwanaises
Jimmy Lai lance des versions taïwanaises de Next Magazine en 2001 et de Apple Daily en 2003, affrontant des rivaux bien établis qui font beaucoup d'efforts pour le contrecarrer. Des éditeurs concurrents font pression sur les annonceurs pour le boycotter et sur les distributeurs pour ne pas le livrer à domicile. Ses bureaux de Taiwan sont vandalisés à de nombreuses reprises[22]. Au fur et à mesure que les publications attirent davantage de lecteurs, les boycotts publicitaires prennent fin[18].
En , Jimmy Lai lance Sharp Daily (en) (Shuang Bao en mandarin), un quotidien gratuit ciblant les travailleurs journaliers de Taipei[23]. La compagnie lance également Me! Magazine à Taïwan[24].
En créant Apple Daily, le journal le plus populaire de Taiwan, ainsi que le magazine, Next Magazine, les publications osées de Jimmy Lai sont jugées comme ayant eu un grand impact sur la culture médiatique du pays jusque-là considérée comme au ralenti[25].
Problèmes avec les autorités chinoises

Les publications de Jimmy Lai restent interdites en Chine communiste depuis leur création[5]. L'interdiction fait suite à sa chronique de 1994, dans laquelle il déclare que Li Peng, Premier ministre de la république populaire de Chine, considéré comme l'auteur de la répression de la place Tian'anmen, va « mourir »[26]. Il décrit également le Parti communiste chinois comme un « monopole qui facture une prime pour un service médiocre »[27]. Le gouvernement chinois riposte en fermant les magasins Giordano, ce qui l'incite à vendre l'entreprise qu'il avait fondée pour la sauver[5]. En plus de voir ses publications interdites en Chine, les annonceurs refusent dorénavant de placer des publicités pour Apple Daily, afin d'éviter des représailles du gouvernement chinois[28],[29].
Jimmy Lai est fréquemment en butte à l'hostilité des nombreux magnats soutenus par Pékin, notamment à des tentatives pour forcer ses fournisseurs à boycotter ses entreprises. Les principaux promoteurs immobiliers et les grandes entreprises de Hong Kong ne font de publicité que dans les publications dont il n'est pas propriétaire[30]. Il doit également affronter une vive opposition pour figurer à la Bourse de Hong Kong, que Lai esquive par une prise de contrôle inversée (en). Il réussit à inscrire la société en 1999 en acquérant le groupe Paramount Publishing en octobre de la même année[31],[32].
Autres entreprises
Pendant la bulle Internet de la fin des années 1990, Jimmy Lai fonde adMart, un site de vente livrant à domicile[33]. L'entreprise élargit sa gamme de produits au-delà de l'alimentaire, en incluant de l'électronique et des fournitures de bureau, mais doit fermer après avoir perdu entre 100 et 150 millions HK$[34]. Jimmy Lai attribue cet échec à une trop grande confiance et à l'absence d'une stratégie commerciale viable[35].
En 2011, Next Media aurait vendu 70 % des parts de la filiale de Next Media Colored World Holdings (CWH, créée aux îles Vierges britanniques) à Sum Tat Ventures (STV, également créée aux îles Vierges britanniques), une société privée détenue à 100 % par Jimmy Lai[36]. La valeur de CWH est estimée à 6,1 millions US$. STV paye 100 millions US$ en espèces pour 70% du capital de CWH. En 2013, STV verse 20 millions US$ supplémentaires en espèces pour les 30 % restants de CWH[37]. CWH vend ses actifs et cesse ses activités en 2011. Au total, STV a payé 120 millions US$ en espèces pour CWH. Sur le formulaire de divulgation du formulaire 3B de Lai, STV est répertorié comme ayant la même adresse de correspondance que Next Media à Hong Kong[38].
Vers la fin 2013, Jimmy Lai dépense environ 73 millions US$ (ou 2,3 milliards NT$) pour acheter une participation de 2 % (~17 millions d'actions) du fabricant d'électronique taïwanais HTC[39].
