Johanna Naber

historienne et écrivaine féministe néerlandaise From Wikipedia, the free encyclopedia

Johanna Naber, née à Haarlem le et morte à La Haye le , est une autrice féministe néerlandaise et la première historienne du mouvement féministe.

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
La HayeVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
RechlindisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Conseillère municipale d'Amsterdam, Naissance ...
Johanna Naber
Fonction
Conseillère municipale d'Amsterdam
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
La HayeVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
RechlindisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Samuel Adrianus Naber (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Anna Elizabeth l’Honoré (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Elisabeth Rebecca Naber (d)
Jean Charles Naber (d)
Alida Catharina Naber (d)
Samuel Pierre l'Honoré Naber (d)
Henri Adrien Naber (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Liberale Staatspartij „De Vrijheidsbond” (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
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Biographie

Jeunesse et famille

Johanna Wilhelmina Antoinette Naber est née le 25 mars 1859 à Haarlem dans une famille protestante[1][2]. Elle est la deuxième enfant et la fille aînée de Samuel Adrianus Naber (nl) (1828-1913), philologue, et Anna Elizabeth L'Honoré (1830-1915). Parmi ses frères figurent le professeur de droit romain d'Utrecht Jean Charles Naber (en) (1858-1950) et l'historien maritime Samuel Pierre l'Honoré Naber (nl) (1865-1936). Elle souffre d'un handicap physique qui lui rend la marche difficile et lui fait souvent manquer l'école[1].

En 1870, la famille s'installe à Amsterdam où son père est nommé à l'Atheneum Illustre (devenu Université municipale en 1876).

Johanna Naber reste célibataire et s'occupe de ses parents et de la maison jusqu'à leur décès et assiste également ses frères[3]. Elle écrit : « Le poids de la double vocation des femmes, dont on parle si souvent à propos de la femme au foyer, m'a pesé, en tant que femme célibataire, toute ma vie ; il me pèse encore. Ce fardeau n'est certainement pas l'apanage des femmes mariées. Je dois toujours être prête à intervenir, je n'ai jamais de vacances, et je n'ai même pas le droit de laisser entendre que je m'engage occasionnellement dans des activités sociales et littéraires. »[1].

Formation

Elle fréquente une école secondaire de jeunes filles, la Hogere Burgerschool de 1873 à l'obtention de son diplôme en 1876. Cependant, son père ne l'autorise pas à pours[4]uivre des études universitaires. Elle suit alors les cours de l'École nationale des arts appliqués en 1885 où elle apprend la broderie fine et de la première école de cuisine et d'économie domestique d'Amsterdam. Elle obtient aussi un certificat d'institutrice avec une spécialisation en français et en anglais[1][2].

Elle complète sa formation intellectuelle auprès de son père et lors des discussions des nombreux intellectuels qui fréquentent la maison familiale[1] et devient une historienne autodidacte reconnue[4].

Elle travaille de nombreuses années comme régente de l'École de travail et d'apprentissage pour jeunes filles d'Amsterdam[1].

Fin de vie

Johanna Naber décède à l'âge de 82 ans le 30 mai 1941 à La Haye.

Écriture

Les premiers ouvrages de Johanna Naber traitent de la broderie. Dès 1887, elle publie Handleiding bij het kunstnaaldwerk (nl) (littéralement : Instructions pour l'art de la couture), sous le pseudonyme de « Rechlindis ». Avec ce livre, elle remporte un concours organisé par l'association féminine Tesselschade[1].

Elle se tourne rapidement vers des textes historiques et son premier ouvrage historique, Kracht in zwakheid. Het beeld van Angélique Arnauld, abdis van Port-Royal, 1591-1661 (nl) paraît en 1890. Elle écrit de nombreuses biographies de femmes importantes du mouvement féministe et de princesses, dont Elizabeth Wolff-Bekker, Agatha Deken et Jeltje de Bosch Kemper[2]. Elle étudie également des femmes indépendantes des 17e et 18e siècles d'un point de vue féministe[3].

Elle travaille à partir de sources authentiques comme la correspondance et les journaux intimes. Elle obtient plusieurs récompenses pour ses ouvrages[1].

Ses travaux sur les femmes et le mouvement féministe permettent de la considérer comme la première historienne du mouvement féministe néerlandais[1].

Féminisme

Exposition nationale du travail des femmes

L'implication de Johanna Naber dans le mouvement des femmes commence en 1896, quand elle pose sa candidature pour organiser l'Exposition nationale du travail des femmes, qui doit se tenir en 1898 à l'occasion de l'intronisation de la reine Wilhelmine. Elle est rédactrice du magazine de l'exposition, Vrouwenarbeid[1].

Le comité d'organisation de l'Exposition lui décerne la médaille d'or en remerciement de son travail. Celle-ci lui est remise par la reine Wilhelmine[1].

Dix ans plus tard, elle publie un livre commémoratif à ce sujet : Na tien jaren, 1898-1908. Herdenking der Nationale Tentoonstelling van Vrouwenarbeid (nl) (Dix ans plus tard, 1898-1908. Commémoration de l'Exposition nationale du travail des femmes)[1][5].

Engagements féministes

Johanna Naber participe à a réunion fondatrice en 1904Ell de l'Alliance internationale pour le suffrage des femmes avec Aletta Jacobs et quatre autre Néerlandaises . Elle devient deuxième secrétaire adjointe du premier conseil d'administration de l'Alliance[4] [2] et co-organise le congrès que l'alliance tient au Concertgebouw d'Amsterdam en 1908[1][4]. En 1914, elle fonde la revue De Nederlandsche Vrouwengids , qui publie des articles sur diverses questions relatives aux femmes[1]. De 1917 à 1922, elle est présidente du Nationale Vrouwenraad (nl) (Conseil national des femmes)[2] et, à partir de là, elle s'implique également au sein du Conseil international des femmes[1].

Johanna Naber estime que la vie des femmes ne doit pas être centrée uniquement sur le mariage et la maternité mais qu'elles doivent assurer des responsabilités dans la société[3]. Elle milite pour un meilleur accès des femmes à l'emploi. En 1910, elle organise l'opposition à un projet de loi de Theo Heemskerk qui prévoir le licenciement des employées dès leur mariage. Grâce à son action, le projet est retiré[1].

Droit de vote des femmes

Elle devient membre de la Vereeniging voor Vrouwenkiesrecht (Association pour le suffrage des femmes, VvVK) lors de sa fondation en 1894, intègre plus tard le conseil d'administration et le présidente jusqu'en 1903 (à l'exception de l'année 1895)[2]. De 1901 à 1913 elle en préside aussi le Comité de presse[1].

Elle mène campagne à travers le pays, donnant des conférences et organisant des réunions pour faire connaître l'association et ne manque pas de s'attirer des attaques personnelles[2][3].

Après l'adoption du suffrage féminin en 1919 et de l'égalité politique entre les femmes et les hommes en 1922, Johanna Naber pense que le mouvement féministe n'est plus nécessaire. Son optimisme ne dure pas. Durant les années 1930, le travail rémunéré des femmes est sérieusement remis en cause. Le ministre Carl Romme (nl) tente de faire interdire à la quasi-totalité des femmes mariées d'exercer un travail rémunéré. Il s'attire les moqueries de Johanna Naber dans sa brochure Wat dukt u van den modernen jonge man? (1938) qui est distribuée dans les manifestations[1].

Dans les années 1930, elle revient sur sa position. En 1910, elle avait déjà lutté contre un projet de loi visant à exclure les femmes mariées du travail rémunéré, et cette lutte s'avère à nouveau indispensable.

Autres engagements sociaux

En 1918, Johanna Naber, bien que sans diplôme universitaire, devient la première femme à siéger au conseil d'administration de la Société de littérature néerlandaise (nl)[1].

En 1923, elle est élue au conseil municipal d'Amsterdam pour le Vrijheidsbond (nl), un parti libéral. Auparavant, elle fait intégrer au manifeste du parti sa revendication pour une « pleine égalité politique, civile et économique pour les femmes »[1][2].

Elle est également membre de la Société provinciale d'Utrecht, de la Société historique et membre honoraire de l'Association des femmes ayant fait des études supérieures (VVAO)[1].

En 1935, elle est nommée membre honoraire de l'Association néerlandaise pour les intérêts des femmes et l'égalité des droits civiques (Nederlandse Vereniging voor Vrouwenbelangen en Gelijk Staatsburgerschap)[6].

Archives internationales du féminisme

Grâce à ses propres recherches historiques, Johanna Naber prend conscience de l'importance de préserver et de diffuser des documents historiques tels que des lettres et des journaux intimes. Au sein du Conseil national des femmes, en 900, elle initie une bibliographie des pubications nationales et internationales sur le féminisme[2] [4].

Avec Rosa Manus et Willemijn Posthumus-van der Goot, elle fonde en 1935 les Archives internationales du mouvement féministe, gérées plus tard par Atria (nl), un institut de recherche sur l'émancipation et l'histoire des femmes[2].

Postérité

Le Prix Johanna Naber (nl) est décerné chaque année par Atria et la plateforme VVG pour l'histoire des femmes, à la meilleure thèse de fin d'études dans le domaine de l'histoire des femmes ou du genre[7].

Le archives de Johanna Naber sont conservées par Atria[6].

Publications (sélection)

L'œuvre écrite de Johanna Naber comprend plus de 40 livres et plus de 300 articles[2].

Travaux d'aiguille

  • (nl) publié sous le nom de Rechlindis, Handleiding bij het kunstnaaldwerk Manuel de travaux d'aiguille »], Haarlem, Erven Bohn,
  • (nl) De borduurkunst L'art de la broderie »], Groningen, J.B. Wolters,
  • (nl) Oude en nieuwe kantwerken Dentelles anciennes et modernes »], Haarlem, Kleinmann,

Biographies

  • (nl) Kracht in zwakheid. Het beeld van Angélique Arnauld, abdis van Port-Royal, 1591-1661; De laatste tijden van Port-Royal. 1661-1711 La force dans la faiblesse. L'image d'Angélique Arnauld, abbesse de Port-Royal (1591-1661) ; les derniers jours de Port-Royal (1661-1711). »], Amsterdam, E.W. Egeling, 1890-1892
  • (nl) Naast de kroon. Renata van Frankrijk À côté de la couronne. Renée de France »], Haarlem, H.D. Tjeenk Willink,
  • (nl) Prinsessen van Oranje en hare dochters in Frankrijk La princesse d'Orange et ses filles en France »], Haarlem, Tjeenk Willink,
  • (nl) Elizabeth Wolff-Bekker 1738-1804 en Agatha Deken 1741-1804, Haarlem, De Erven F. Bohn,
  • (nl) Het leven en werken van Jeltje de Bosch Kemper, Haarlem, Tjeenk Willink,
  • (nl) Margaretha Wynanda Maclaine Pont, Haarlem, Tjeenk Willink,

Sur le féminisme

  • (nl) De fout der moderne vrouw. La faute de la femme moderne »] (ill. Johanna Naber),
  • (nl) De vrouw in het openbare leven La femme dans la vie publique »],
  • (nl) Wat heeft het feminisme der Nederlandsche vrouw gebracht? Wat mag het daarom van deze verwachten? Qu'a apporté le féminisme à la femme néerlandaise ? Qu'est-ce qu'il peut donc attendre d'elle ? »],
  • (nl) Wat de tegenstelling 1813-1913 op onze tentoonstelling den vrouwen van Nederland te zeggen heeft. Rede uitgesproken op 3 mei 1913, in de congreszaal van de tentoonstelling "De vrouw 1813-1913". Ce que le contraste 1813-1913 révèle aux femmes des Pays-Bas lors de notre exposition. Discours prononcé le 3 mai 1913 dans la salle des congrès de l'exposition « La Femme 1813-1913 ». »], Groningen, G. Römelingh,

Bibliographie

  • (nl) Maria Grever, Strijd tegen de stilte: Johanna Naber (1859-1941) en de vrouwenstem in geschiedenis Lutte contre le silence. Johanna Naber (1859-1941) et la voix féminine dans l'histoire »], Uitgeverij Verloren, , 427 p. (lire en ligne)
  • (nl) Cora Vreede-de Stuers, Johanna W.A. Naber, 25.3.1859 - 25.5.1941. Bibliografie, Amsterdam, 1985
  • (nl) Angenita C. Klooster, Korte levensschets van Johanna W.A. Naber, Utrecht, 1957

Références

Voir aussi

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