John Brisben Walker
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John Brisben Walker ( – ) est un éditeur de magazine, un innovateur dans le domaine agricole, un promoteur immobilier et un entrepreneur dans la construction automobile américain. Il a mené une vie à la façon d'un « homme de la Renaissance », dont la carrière a embrassé l'armée, le journalisme d'investigation, les transports pionniers et le développement immobilier de masse.
Walker naît le dans la maison de campagne de ses parents, située sur la rivière Monongahela [1], près de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Son grand-père possède sur cette rivière un chantier naval réputé pour avoir construit le bateau à quille utilisé par l'expédition de Lewis et Clark, bien que cela soit contesté[2],[3].
Après un rapide cursus à Georgetown College au Kentucky, Walker intègre West Point en 1865. En 1866, il est traduit en cour martiale pour avoir déserté son poste de sentinelle dans la caserne des cadets. Relevé de ses fonctions, il est suspendu dix semaines et perd un semestre[4],[5]. En 1868, il comparaît de nouveau en cour martiale, cette fois pour avoir prolongé de sept à dix-sept jours sa permission du Nouvel An[4],[5]. Il est condamné et il quitte l'Académie militaire sans obtenir son diplôme.
Carrière
Chine, envoyé des États-Unis
Peu de temps après, il trouve une place pour accompagner J. Ross Browne, le nouvel envoyé des États-Unis, en Chine[6].
Virginie-Occidentale, promoteur immobilier
En 1870, Walker arrive à Charleston, en Virginie-Occidentale et fonde un hebdomadaire, le Charleston Herald. En 1871, il épouse Emilie Strother.

Lorsque la capitale de la Virginie-Occidentale a été transférée de Wheeling à Charleston, Walker saisit l'opportunité[1] et acquiert des terrains. Il les désigne comme le « lotissement JB Walker de la ville de Charleston »[7],[8]. Il l'aménage en quartier urbain.
Les plans originaux de Walker, sans grandes modifications, restent ceux de cette partie de la ville[9]. Il fait fortune avant de tout perdre lors de la panique de 1873, lorsque plusieurs compagnies ferroviaires font faillite, entraînant la faillite des banques qui les avaient financées[8].
Washington, D.C., journaliste de presse
Après l'échec de son entreprise immobilière, Walker est sollicité par le rédacteur en chef du Cincinnati Commercial-Gazette pour écrire des articles sur les potentiels de l'Ouest. Il devient ensuite rédacteur en chef du Pittsburgh Telegraph, puis il est embauché en 1876 comme rédacteur en chef du Washington Chronicle[6],[10]. Il vit à Washington, D.C. jusqu'en 1879[11]. Il est ensuite nommé par le Département de l'Agriculture des États-Unis commissaire chargé d'évaluer le potentiel agricole des régions arides de l'Ouest[12].
Colorado, producteur de luzerne
Walker s'installe avec sa famille au Colorado et se lance dans l'agriculture. Il achète 650 hectares au nord de Denver, qu'il irrigue pour cultiver de la luzerne[13]. En dix ans, avec sa ferme Berkeley[14],[10] il devient le plus grand producteur de luzerne du Colorado, récoltant près de 3 000 tonnes par an et disposant de près de 320 kilomètres de canaux d'irrigation principaux et secondaires[15]. Grâce à ces bénéfices[16] il se tourne vers la promotion immobilière .
New Jersey, acquéreur de The Cosmopolitan

En 1888, Walker reprend ses activités journalistiques. Il vend sa ferme de Berkeley et, en 1889, rachète, pour $ 360 000, The Cosmopolitan, un magazine mensuel insolvable dont le tirage s'élève à 16 000 exemplaires[17]. Il transforme cette modeste revue littéraire, en le premier magazine généraliste américain, s'en servant pour promouvoir un programme progressiste et réformateur auprès d'un public instruit issu de la classe moyenne[18].
État de New York, Mobile Company of America
En 1894, Walker et sa famille s'installent à Irvington, New York, à une trentaine de kilomètres de Manhattan, et qui abrite alors nombre des personnes parmi les plus fortunées du pays. Il fait aussitôt construire un nouveau siège pour son magazine, désormais florissant : le Cosmopolitan Building. Aujourd'hui encore, cet édifice de trois étages en pierre de style néoclassique, demeure le plus grand bâtiment d'Irvington[19].

Passionné de technologie et visionnaire[20], Walker est fasciné par les innovations des modes de transport. Il s'intéresse aux projets d'aviation des frères Wright[12] et aux voitures à vapeur construites par les frères Stanley. En 1899 Walker rachète la société Stanley Brothers et les brevets pour $ 250 000 dollars[21],[22],[23] et s'associe pour quelques mois à Amzi L. Barber, un pionnier de l'industrie de l'asphalte.

Il fonde la Mobile Company of America[24] et en mars 1900, la première voiture à vapeur de Walker sous le nom de « Mobile » est prête à être commercialisée[25].
Près de son usine de North Tarrytown, Walker entreprend un projet résidentiel, baptisé Philipse Manor, mais celui-ci ne se concrétise pas et la Philipse Manor Land Company de Walker fait faillite. La Mobile Company of America connaît le même sort car les voitures à vapeur se révèlent inférieures aux véhicules à moteur à combustion interne. Lourdement endetté, Walker doit vendre le lotissement Philipse Manor à William Abraham Bell, qui avait investi dans son entreprise automobile[26]. Ce dernier poursuit la construction résidentielle à Philipse Manor et construit la gare ferroviaire (inscrite au Registre national des lieux historiques)[27]. Les riches New-Yorkais, séduits, achètent des résidences à Philipse Manor.
En 1905, Walker vend The Cosmopolitan à William Randolph Hearst pour une somme dont le montant est estimé entre $ 400 000 et $ 1 000 000.
Retour au Colorado

À son retour au Colorado avec Ethel Richmond, sa deuxième femme, Walker fait fructifier des biens immobiliers qu'il avait auparavant acquis autour de Morrison, une ville proche de Denver[13]. Il avait, pour la plupart, acheté des terrains non aménagés ou des lots lotis à des fins spéculatives, finissant par posséder environ 4 000 acres autour de la ville, y compris le mont Falcon et le mont Morrison voisin, qui surplombe la ville de Morrison et abrite un amphithéâtre géologique naturel aujourd'hui connu sous le nom d'amphithéâtre de Red Rocks[12].
Au sommet du mont Falcon, Walker fait construire un château de pierre conçu par Jacques Benedict pour y vivre avec Ethel et sa famille. Avec l'aide de son fils aîné, John Jr., il aménage l'amphithéâtre de Red Rocks, rêvant d'en faire un lieu de musique de renommée mondiale[13],[28].
Walker a imaginé Morrison comme une destination touristique attractive[13], mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale contrecarre ce projet. Militant pacifiste de la première heure, il organise en 1912 un congrès mondial réunissant une centaine d'hommes éminents afin de tenter d'influencer l'opinion publique contre la guerre[29]. Après le début du conflit, il devient un fervent défenseur de la paix et un opposant à l'entrée en guerre des États-Unis et à toute aide aux belligérants. Il préside notamment l'association des Amis de la Paix[10] une organisation soutenue par de nombreuses sociétés germano-américaines.
Ruine financière
En 1916, Ethel Richmond meurt[30] et Walker l'enterre au pied du mont Falcon. En avril 1918, la foudre provoque un incendie qui détruit le manoir que Walker avait fait construire au sommet du mont Falcon. Six mois plus tard, en octobre 1918, dans une maison lui appartenant à Denver, Walker, alors âgé de 71 ans, épouse Iris Calderhead, une suffragette de 25 ans, fervente militante envoyée de Washington par Alice Paul pour organiser la campagne du Colorado pour la National Woman Suffrage Association[31] .
Les diverses entreprises immobilières de Walker au Colorado sont affectées par la Première Guerre mondiale et périclitent après la fin du conflit. L'instauration du premier impôt fédéral sur le revenu aux États-Unis en 1913 contribue probablement aussi à ses difficultés financières. Entre 1918 et 1925, une série de ventes, de saisies immobilières et de ventes aux enchères pour non-paiement d'impôts ont lieu, si bien qu'en 1925, Walker doit vendre une partie importante du parc Red Rocks et de la région du mont Morrison à un tiers [12].
La situation financière désastreuse de Walker est révélée en 1926 lorsque son projet d'inaugurer un service d'autobus entre Denver et Mount Falcon est rejeté par la Commission des services publics de l'État au motif qu'il était « incapable de prouver qu'il disposait des ressources financières nécessaires pour assurer le service. ». De 1924 à 1927, Walker séjourne au Texas pour promouvoir la construction de routes durables en latérite grâce à une machine qu'il a inventée. Le procédé permet d'extraire l'eau de l'argile afin d'éviter le gel en hiver ; une méthode qu'il jugeait bien moins coûteuse que les autres[12].
Vie privée
Le Rocky Mountain News décrit Walker comme suit : « D'origine écossaise-irlandaise virile, il était beau, lunatique, agité, connu pour son esprit pétillant et son esprit brillant et original. »[1].
La première épouse de Walker, Emily Strother, mère de huit de ses enfants, Emily, lui survit quatre ans. Elle meurt en janvier 1935[32]. Sa relation avec sa prétendue seconde épouse, Ethel Richmond, reste incertaine. En 1910, alors que Walker est encore légalement marié à Emily Strother, Ethel Richmond et ses quatre enfants, tous désignés comme « Walker », vivent dans une maison de Shore Road à Brooklyn, avec le père de Walker. En 1918, six mois après la mort d'Ethel Richmond, Walker se marie avec Iris Calderhead.
Après une longue maladie, Walker meurt le dans une maison de Brooklyn, à New York, avec Iris Calderhead à ses côtés[6],[10].
John Brisben Walker a eu douze enfants de ses deux premiers mariages, dont neuf garçons. Il n'a pas d'enfants de sa troisième épouse.
Enfants d'Emily Strother : Wilfred Walker (mort jeune), John Brisben Walker Jr. (1870–1941), David S. Walker (1874–?), James Randolph Walker (1879–1942), Justin Clement Walker (1881–?), Harold Strother Walker (1883–1919), Ethel Strother Walker Sweetser (1887–1957), Gerald Walker (1890–1945).
Enfants d'Ethel Richmond : John Ruthven Walker (1896–1943), Herbert Lee Walker (1898–1964), Ethel Richmond Walker (vers 1900-?), Nathalia (Nathalie) Richmond Walker (1903–1998).