John McMichael

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John McMichael
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Biographie
Naissance
Décès
(à 39 ans)
Lisburn
Nationalité
Activité
Père
John McMichael
Mère
Annie McMichael
Conjoint
Phyllis McMichael
Shirley McDowell
Enfant
Autres informations
Parti politique
Membre de
Grade militaire
Conflit
Distinction
Harveian Oration (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Plaque commémorative.

John McMichael, né le à Lisburn et mort assassiné le dans la même ville, est un loyaliste nord-irlandais ayant été devenu la personnalité la plus éminente et charismatique de l'Ulster Defence Association (UDA) en tant que Commandant adjoint et chef de la UDA South Belfast Brigade. Il fut également le commandant des Ulster Freedom Fighters, le nom de couverture de l'UDA, supervisant une campagne d'assassinat contre les personnalités républicaines éminentes dont les détails figuraient dans une 'liste de courses' tristement célèbre dérivée des documents des forces de sécurité divulgués. L'UDA utilisa le nom de l'UFF lorsqu'elle désirait plaider coupable pour les attaques, lui permettant ainsi de demeurer une organisation paramilitaire légale jusqu'en lorsqu'elle fut proscrite par le gouvernement britannique.

McMichael fut le chef de l'Ulster Democratic Party de 1981 jusqu'à son décès. Il a été tué par un véhicule piégé de l'Armée républicaine irlandaise provisoire.

John McMichael naît au sein d'une famille ouvrière le à Lisburn, dans le comté d'Antrim[1]. Il est élevé dans l'Église d'Irlande.

McMichael, ayant été le propriétaire ainsi que le directeur du pub "Admiral Benbow" à Lisburn, il se fit connaître de l'UDA dans les années 1970 en devenant le commandant de la UDA South Belfast Brigade ainsi qu'un membre de son Conseil Intérieur, où il devint célèbre pour sa croyance en l'identité unique des protestants d'Ulster, ainsi que pour son talent d'organisateur et d'animateur[2]. Il prit la direction de la South Belfast UDA à Sammy Murphy, ayant également dirigé l'unité de Sandy Row. Selon McDonald et Cusack, Murphy sembla avoir été commandant plutôt que général de brigade[3]. Décrit comme le chef le plus "efficace et stratégique", en 1977, McMichael contribua à établir un think tank politique intitulé l'Ulster Political Research Group, et en devint son président[4],[5]. Il contribua aussi à la composition d'un document intitulé Beyond the Religious Divide (Au-delà de la fracture religieuse), encourageant l'indépendance de l'Irlande du Nord ainsi qu'une Déclaration des Droits constitutionnelle-qui conviendrait aux nationalistes ainsi qu'aux unionistes-qui serait l'unique "espoir d'accomplir une Irlande du Nord unie". Il s'agissait de la première étape de l'UDA afin de cheminer, petit à petit, vers la politique[2]. Il fut un défenseur des idées du pédiatre Ian Adamson, qui deviendra ensuite un homme politique unioniste, ayant auto-financé une série d'ouvrages et de brochures concernant les supposées origines anciennes des personnes d'Ulster en tant que groupe ethnique séparé du reste des Irlandais[3].

En 1979, il émergea en tant que personnalité éminente au sein de l'UDA ainsi que membre important le plus charismatique de l'organisation. Selon le Belfast Telegraph, il rédigea une 'liste de courses' de cibles (la plupart étant des membres du Sinn Féin ainsi que d'autres groupes républicains) à éliminer. Les renseignements des individus avaient été fournis à l'UDA par des particuliers au sein des forces de sécurité ayant fait fuiter les renseignements[3]. McMichael tria sa propre brigade sur le volet afin d'accomplir cette tâche et en 1980, un nombre de ces cibles furent abattues[6]. La nouvelle unité de commando, connue en interne au sein de l'UDA sous le nom d'Ulster Defence Force, mena à bien quatre meurtres au cours de l'année 1979, dont trois d'entre eux figuraient sur la 'liste de courses'[3]. McMichael porta ensuite son attention sur les membres des comités d'action relatifs sous les ordres du chef du Parti de l'indépendance irlandaise John Turnley ainsi que l'activiste du Parti socialiste républicain irlandais Miriam Daly, tous deux éminents au sein de ce groupe républicain de défense des droits des prisonniers, furent tués[3]. Rodney McCormick, un membre moins éminent du Parti socialiste républicain irlandais, fut assassiné à Larne peu de temps après, avant que l'équipe de McMichael ne frappe à nouveau, éliminant le républicain irlandais Ronnie Bunting et son ami Noel Lyttle à la maison de Bunting situé à Turf Lodge, le [3].

Cependant, les attaques prirent fin en 1981, à la suite d'une embuscade du Régiment parachutiste après une tentative ratée de l'UFF sur la vie de l'ancienne députée Bernadette Devlin et de son époux, Michael McAliskey, chez eux, à Coalisland, dans le comté de Tyrone, au cours de laquelle l'unité de trois hommes fut capturée et mise en prison. Devlin McAliskey, ayant été blessée par balles neuf fois devant ses enfants, survécut, tout comme son mari[7]. McMichael lui-même fut arrêté en dans le sillage d'une descente de la Police royale de l'Ulster au sein du quartier général de l'UDA. Il fut traduit en justice où il était supposé qu'accompagné de ses hommes, il avait organisé les fusillades de McAliskey[2]. Dans son ouvrage SAS in Ireland, Raymond Murray affirma que les fusillades de McAliskey avait été prémédités dans une salle se situant au-dessus du pub de McMichael, le "Admiral Benbow"[8]. En fin de compte, les accusations portent sur l'implication de McMichael, ainsi que sa possession de renseignements classés secret sous la forme de détails concernant les activistes républicains qui lui ont été divulgués, ont été abandonnées avec des accusations similaires contre les membres arrêtés Sammy McCormick, John McClatchey, Eddie Martin et Bobby McDevitt[3].

La 'liste de courses' de McMichael a été divulguée dans la presse peu de temps après la tentative d'assassinat ratée contre McAliskey, ayant apparemment été divulguée par ses opposants internes au sein de l'UDA[3]. Michael Farrell a été nommé comme étant la prochaine cible, bien qu'il déménagea à Dublin avant que l'attaque n'eut lieu[3]. L'Armée républicaine irlandaise répondit à ces révélations en tuant deux personnalités unionistes éminentes, à savoir James Stronge, ainsi que son père Norman Stronge[3].

McMichael reviendra sur cette idée plus tard et, du milieu à la fin des années 1980, Michael Stone travaillera directement sous ses ordres en tant qu'homme armé solitaire chargé d'assassiner de supposés républicains[3].

Politique électorale

McMichael soutint les idées du républicain Daniel Gerard Morrison au sujet de l'Armalite et la stratégie des urnes, et eut l'impression que l'UDA devrait elle aussi fonder un parti politique destiné à cette fin. Par conséquent, à la suite du meurtre de Robert Bradford, il se présenta en tant que candidat de l'Ulster Democratic Party lors des élections partielles de Belfast Sud de 1982, pour le siège de Bradford à Belfast Sud et mena la campagne de l'ULDP la plus médiatisée jamais vue, appelant à une stratégie à long terme d'une indépendance négociée de l'Irlande du Nord. Malgré les craintes des unionistes traditionnels que McMichael pourrait diviser leur vote, ce dernier ne récolta que 576 voix. L'incapacité de McMichael à faire des progrès dans le vote populaire a conduit l'UDA à abandonner largement la politique électorale en dehors de quelques incursions locales occasionnelles pendant plus d'une décennie[3].

À la suite de l'échec de sa stratégie politique, McMichael retourna à son travail avec l'UDA et, à la suite de la signature de l'Anglo-Irish Agreement, il rédigea un autre document, s'intitulant Common Sense: Northern Ireland – An Agreed Process, exposant les grandes lignes des projets d'un futur pacte d'élite en Irlande du Nord[2]. Sous les conseils de David Trimble, qui, à l'époque, était professeur de droit à l'Université Queen's de Belfast, le document a tenté d'établir un cadre juridique pour un système de partage du pouvoir sous loi britannique[3]. L'article a bien été accueilli par certains politiques y compris le chef du Parti social-démocrate et travailliste John Hume ainsi que le Secrétaire d'État pour l'Irlande du Nord Tom King[9].

McMichael et le commandant suprême de l'UDA, Andy Tyrie, mirent en place un groupe d'élite d'hommes soigneusement sélectionnés au sein de l'UDA ; cette unité, appelée « Ulster Defence Force » (UDF), fut formée dans le but de rendre l'organisation capable de faire face à toute situation « apocalyptique » (tel qu'une guerre civile), pouvant se produire en conséquence de l'Anglo-Irish Agreement. La devise du groupe était Sans Peur, et les hommes furent entraînés par d'anciens soldats britanniques[2]. McMichael aurait également été accusé d'une campagne de bombardements de l'UDA / UFF devant être menée contre l'Irlande[3]. Finalement, vaine fut la campagne envisagée. Les quatre bombes incendiaires placées dans le centre-ville de Dublin en échouèrent à infliger beaucoup de dégâts. McMichael lui-même attribua l'échec au manque d'expertise en matière de bombardement au sein de l'UDA[3].

McMichael siégea au comité exécutif des Ulster Clubs ainsi qu'à son comité de sécurité[2]. En , il ordonna au Chef du renseignement de l'UDA, Brian Nelson, de se rendre en Afrique du Sud dans le but d'enquêter sur la possibilité d'obtenir des armes en proposant un échange d'armes. Nelson, qui était un agent du renseignement militaire britannique recruté par la Force Research Unit, fit le voyage[10]. Lorsqu'il revint de son voyage, il fit part de ses découvertes à McMichael, ayant déjà reçu les compte-rendus concernant l'attitude déplorable de Nelson en Afrique du Sud[2].

Quatre ans plus tôt, McMichael espéra susciter le soutien des catholiques pour Beyond the Religious Divide, ayant déclaré

« Nous continuerons simplement ce que nous avions réalisé l'an passé. Il deviendra de plus en plus évident que l'UDA adopte une ligne très stable, que nous ne serions pas disposé à rentrer dans le rang des politiques sectaires. Cela prendra du temps. Les gens oublient que nous devons aussi vendre l'idée aux protestants. »[1]

Paul Arthur, professeur de politique à l'Université d'Ulster, le qualifia de "penseur futé"[11]. Le journaliste britannique Peter Taylor, ayant rencontré McMichael, le décrivit comme ayant été "éloquent et robuste", et son fils, Gary, déclara à propos de son père :

« Je pense qu'il a été reconnu que mon père n'était pas un ange. Il fut le chef d'une organisation paramilitaire. Peut-être qu'il était allé là-bas, avait fait ça et avait acheté le t-shirt. Il était une personne respectée au sein de la communauté loyaliste et ses références sont extrêmement nombreuses. Les gens perçurent mon père comme quelqu'un prétendant que le loyalisme était de faire la guerre contre les militants républicains et n'en avait pas honte. Au même moment, il contribuait également à essayer de pousser non seulement le loyalisme mais tout le monde au-delà du conflit. »[2]

Assassinat

Références

Liens externes

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