John Newbery
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John Newbery (baptisé le - ) est un éditeur britannique, le premier à faire de la littérature enfantine une branche durable et profitable de l'édition littéraire. Il soutient par ailleurs et publie les œuvres de Christopher Smart, Oliver Goldsmith et Samuel Johnson.
C'est en hommage à ses réalisations dans le domaine de l'édition enfantine qu'a été créée la John Newbery Medal, distinction américaine qui récompense chaque année les auteurs ayant le plus fait pour la littérature enfantine américaine.
John Newbery est né en 1713 à Waltham St Lawrence, dans le Berkshire, en Angleterre. Fils d'un fermier local, il est mis en apprentissage chez un imprimeur de la région à l'âge de seize ans. En 1737, son maître, William Carnan, meurt, en laissant l'affaire à son frère, Charles Carnan, et à John Newbery. Deux années plus tard, il épouse la veuve de William Carnan, Mary[1].
Carrière d'éditeur
À Reading
Dès 1740, il a commencé à publier des livres à Reading, dans le Berkshire ; ses deux premières publications sont une édition des ouvrages de Richard Allestree, The Whole Duty of Man (Tout le devoir de l'homme) et Miscellaneous Works Serious and Humerous [sic] in Verse and Prose (Divers travaux sérieux et humérustiques [sic] en vers et en prose).
Londres et A Little Pretty Pocket-Book
En 1743, John Newbery quitte Reading, laissant John Carnan, son beau-fils, chargé de ses affaires sur place, et va s'établir à Londres. Le premier livre qu'il y publie est A Little Pretty Pocket-Book (Un joli petit livre de poche)[2]. Ce livre a parfois été appelé « le premier livre pour enfant ». Même si d'autres livres pour enfants avaient été publiés précédemment, avec ceux de Thomas Boreman et Thomas et Mary Cooper, A Little Pretty Pocket-Book inaugure le début d'une longue lignée de livres pour enfants, qui rencontrent un grand succès.
Il présente déjà en effet toutes les caractéristiques qui signeront son style de littérature enfantine : John Newbery emprunte certaines techniques à d'autres éditeurs, telles que le fait de relier les livres en papier floral hollandais, et de faire de la publicité pour ses autres productions dans les histoires qu'il écrit ou qu'il commandite[3]. La maison d'édition de John Newbery publie des contes pour enfants, des abécédaires, des romans pour enfants, et des périodiques pour enfants. Ses livres pour enfants constituent environ le cinquième des quelque cinq cents livres qu'il publie[1].
Autres succès

Édition de 1888, par Miloughlin Bros.
John Newbery, semble-t-il, loue les services d'auteurs pour écrire ses livres, tout en en écrivant lui-même. Les spécialistes pensent que Oliver Goldsmith ou Giles et Griffith Jones[4] écrivent l'un des livres les plus populaires de John Newbery, The History of Little Goody Two-Shoes (L'Histoire de la gentille petite Deux-Chaussures[N 1])[N 2]. C'est le livre de John Newbery qui rencontre le plus grand succès, puisqu'il sera édité et réédité 29 fois entre 1765 et 1800[4].
John Newbery publie aussi une série de livres écrits par Tom Telescope, qui connaît un énorme succès, avec sept éditions différentes rien qu'entre 1761 et 1787[4]. Ces ouvrages se fondaient sur la science émergente de l'époque, et consistaient en une série de conférences donnée par un garçon, Tom Telescope. Le plus fameux d'entre eux s'appelle The Newtonian System of Philosophy Adapted to the Capacities of Young Gentlemen and Ladies (Le Système philosophique de Newton mis à la portée des jeunes gentilshommes et des jeunes dames).
La Poudre fébrifuge du Dr James
Cependant, John Newbery obtient la plus grande part de sa fortune grâce à son brevet et ses ventes de sa Poudre fébrifuge du Dr James (Dr. James's Fever Powder), médicament remarquable qui, dit-il, guérit la goutte, les rhumatismes, les écrouelles, le scorbut, la lèpre et les maladies du bétail.
Ce remède doit une part de son succès à la publicité qu'il lui fait dans ses livres. Ainsi, dans The History of Little Goody Two-Shoes[1], le père de l'héroïne meurt parce qu'il avait été saisi « d'une violente fièvre dans un endroit où on ne pouvait pas mettre la Poudre fébrifuge du Dr James »[4].
