John Newland

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John Newland est un acteur et réalisateur américain, né le à Cincinnati dans l'Ohio et mort le à Los Angeles en Californie. Après la Seconde Guerre mondiale, il tente sa chance comme acteur à Hollywood puis bifurque vers la télévision, où il obtient des premiers rôles. Il passe à la réalisation en 1954 et abandonne progressivement sa carrière d'acteur. Réalisateur extrêmement prolifique à la fin des années 1950 et au début des années 1960, actif jusqu'en 1983, il filme de nombreux drames pour des anthologies et contribue à des séries de genre très divers : sitcom (Bachelor Father), soap opera (Peyton Place), série médicale (Le Jeune Docteur Kildare), policière (Sergent Anderson, avec Angie Dickinson), d'espionnage (The Man Who Never Was), d'horreur ou fantastique (Thriller, Le Sixième Sens). John Newland est connu aux États-Unis pour avoir réussi « un exploit très rare dans les annales de la télévision » : avoir réalisé la totalité des épisodes d'une série télévisée, pendant les trois saisons de sa diffusion[1]. Inédite en France, la série s'intitule One Step Beyond et a été pour la première fois diffusée sur le réseau de stations ABC entre 1959 et 1961. C'est une anthologie de quatre-vingt dix-sept épisodes indépendants réunis autour d'une thématique commune : les réactions humaines face aux phénomènes paranormaux. Newland est également connu pour avoir réalisé, dans le cadre de la série Thriller, Pigeons From Hell[2], l'adaptation d'une nouvelle de Robert E. Howard que beaucoup considèrent comme un téléfilm particulièrement terrifiant[3]. Les Pigeons de l'enfer, écrit Stephen King en 1981 dans Anatomie de l'horreur, est « une des meilleures nouvelles d'horreur de ce siècle et un des épisodes préférés des fidèles de Thriller. Et, à en croire certains, le téléfilm le plus terrifiant jamais tourné. Je ne suis pas de cet avis. Mon candidat à cet honneur serait le dernier épisode d'une série aujourd'hui bien oubliée, C'est arrivé à Sunrise [...]. Cette série [...] n'avait à l'origine rien de surnaturel [...]. Mais le dernier épisode diffusé virait carrément au fantastique, puisqu'il s'agissait d'une adaptation [...] de la nouvelle de Robert Bloch J'embrasse ton ombre : à mon humble avis, jamais on n'a vu histoire d'horreur plus insidieuse à la télé - et peut-être même au cinéma. »[4] King oublie de préciser que le réalisateur de I Kiss Your Shadow est le même que celui de Pigeons From Hell. Newland a également filmé des adaptations d'August Derleth et de Manly Wade Wellman. Au cours de sa carrière, il a réalisé près de 130 films fantastiques.

Début de carrière : Chicago, New York, Hollywood

John Newland naît en 1917 à Cincinnati. Ses parents sont gérants de petits hôtels[5]. Après des études secondaires au Walnut Hills High School, il quitte sa famille pour s'installer à Chicago[6]. Là, il commence une carrière d'acteur et de chanteur dans ce que les Américains appellent le vaudeville : il accompagne sur scène la chanteuse et strip-teaseuse Ada Leonard et intègre un groupe vocal, les Vikings[6]. À la fin des années 1930, il s'installe à New York où il joue régulièrement sur les scènes de Broadway et dans des dramatiques radio[7]. Il sert dans l'armée de l'air pendant la Seconde Guerre mondiale[7].

Après sa démobilisation, Newland revient au théâtre et se fait remarquer pour son interprétation dans La Lune dans le fleuve jaune de Denis Johnston[6]. Il signe un contrat avec la Warner Bros. et déménage à Los Angeles, mais Jack Warner considère qu'il n'a pas l'étoffe d'une star de cinéma[6] et il apparaît dans une seule production Warner, sans être crédité : L'Amant sans visage de Vincent Sherman. Après une autre apparition non créditée, cette fois dans une production Twentieth Century Fox, il interprète quelques petits rôles dans des séries B : deux productions de Bernard Small consacrées aux enquêtes de Bulldog Drummond, deux productions de la Eagle-Lion Films (dont La Brigade du suicide d'Anthony Mann) et deux productions de la Republic Pictures. En 1948, il participe à la revue Lend an Ear[6].

À la fin des années 1940, John Newland renonce à l'espoir d'une carrière hollywoodienne et quitte la Californie[6].

1949-1956 à New York : Dramatiques télévisées

1949-1954 : Acteur

En 1949, New York n'est plus seulement la ville des théâtres et des studios de radio, elle est aussi devenue le lieu où sont produites les dramatiques pour la télévision[8]. Depuis 1947 et le succès de Kraft Television Theatre, les stations des principaux réseaux de télévision américains multiplient les émissions de dramatiques[9]. Appelées "séries d'anthologie"[10], ces émissions (Kraft Television Theatre, The Philco Television Playhouse, Studio One... ) proposent chaque semaine un film autonome d'une cinquantaine de minutes, conçu comme une pièce de théâtre, filmé en studio à l'aide de plusieurs caméras, et diffusé en direct[11].

De retour à New York, John Newland joue dans l'un des derniers épisodes de la deuxième saison de Kraft Television Theatre : Bedelia, l'adaptation du roman que Vera Caspary a écrit après Laura. Il enchaîne avec un premier rôle dans le film qui ouvre la troisième saison de la série : une adaptation de The Man in Half Moon Street[12] - pièce de Barré Lyndon qui avait été adaptée quatre ans plus tôt au cinéma et qui sera à nouveau filmée dix ans plus tard, cette fois par Terence Fisher, sous le titre The Man Who Could Cheat Death. C'est sa première participation à un film fantastique et c'est un succès[12].

Pendant les cinq années suivantes, Newland joue dans plus de quatre-vingt dramatiques. Celles qui durent environ cinquante minutes bénéficient de budgets confortables. Certaines sont des adaptations de romans, de nouvelles ou de pièces célèbres, par exemple Une maison de poupée d'Ibsen adaptée pour Kraft Television Theatre avec Newland dans le rôle de Nils Krogstad, le maître chanteur de Nora Helmer, L'Américain ou L'Élève de Henry James adaptés pour The Philco Television Playhouse, ou Gatsby le magnifique pour Robert Montgomery Presents. Dans cette dernière adaptation, Newland interprète le rôle de Tom Buchanan, le mari de Daisy. Parmi les dramatiques prestigieuses dans lesquelles il joue, il y a aussi des reprises d'anciens succès de Broadway déjà adaptés au cinéma : One Sunday Afternoon de James Hagan (adapté au cinéma sous le titre La Blonde framboise) pour The Prudential Family Playhouse, The Swan de Ferenc Molnár pour Studio One, ou The Gold Diggers de Avery Hopwood (adapté au cinéma sous le titre Chercheuses d'or de 1933) pour Broadway Television Theatre ; des adaptations de romans policiers (Brat Farrar de Josephine Tey adapté pour The Philco Television Playhouse) ; des créations originales de jeunes dramaturges (The Summer Place de James Costigan pour Kraft Television Theatre) ; ou encore des évocations d'hommes illustres. Newland peut ainsi jouer le rôle de D. W. Griffith dans The Birth of the Movies, un biopic produit par Fred Coe pour The Philco Television Playhouse, réalisé par Delbert Mann et placé sous l'autorité de Lilian Gish[13].

Newland joue également dans des dramatiques d'une durée d'environ 25 minutes. Parmi ces programmes, certains sont conçus sur le modèle des programmes d'une cinquantaine de minutes et proposent des films dans des registres et sur des thèmes variés (Colgate Theatre, The Tele-Chevrolet Theatre, Armstrong Circle Theatre, Lux Video Theatre...). D'autres ont une unité thématique ou un registre précis. Ils sont, pour la plupart, conçus sur le modèle des émissions de dramatiques radio populaires dont ils reprennent le titre. You Are There est une série de reconstitutions historiques à vocation pédagogique dans lesquelles les protagonistes sont interviewés par des journalistes ; The Clock, The Trap, Suspense, The Web, Danger sont des séries de thrillers ou d'intrigues criminelles ; Tales of Tomorrow une série de science-fiction ; Lights Out et Inner Sanctum des séries d'angoisse, voire d'horreur. Pour un épisode de You Are There, Newland interprète le rôle de Aaron Burr. Pour deux épisodes de Tales of Tomorrow, il interprète les rôles de Victor Frankenstein et de Dorian Gray. Et, pour Lights Out, celui de Kenneth Ashby dans Grey Reminder, l'adaptation d'une histoire de fantôme écrite par Edith Wharton, "Grain de grenade".

En 1952, Newland participe à un projet d'Herbert Swope Jr., le producteur (et réalisateur occasionnel) de Lights Out. Swope le connaît : c'est lui qui l'a dirigé dans l'adaptation de "Grain de grenade", la nouvelle d'Edith Wharton. Le producteur souhaite revenir à une forme feuilletonesque, en suivant les mêmes personnages d'épisode en épisode. Il choisit d'adapter les récits de Sax Rohmer consacrés à Fu Manchu, avec la participation de Sax Rohmer lui-même à l'écriture des scénarios, une réalisation de William Cameron Menzies, John Carradine dans le rôle titre, Rita Gam dans celui de Fah Lo Suee, Cedric Hardwicke dans celui de Nayland Smith, et John Newland dans celui du docteur Petrie[14]. Le pilote, The Zayat Kiss, est filmé en avril[15] mais n'est pas diffusé, et le projet est finalement abandonné[16].

La troupe d'acteurs montée par Robert Montgomery pour jouer dans les dramatiques de Robert Montgomery Presents réalisées pendant l'été. De gauche à droite : Elizabeth Montgomery, Vaughn Taylor, Margaret Hayes et John Newland. Photo promotionnelle, NBC Television, vers 1952.

Cette même année, Newland intègre la troupe montée par Robert Montgomery. Montgomery est la première vedette hollywoodienne à s'intéresser aux dramatiques télévisées[17]. Depuis , il produit et anime l'émission Robert Montgomery Presents. Les films qui y sont diffusés ont suffisamment de succès pour que la série soit poursuivie pendant sept ans[18], le temps de huit saisons. Pour les dramatiques programmées en été[17], Montgomery monte une troupe. Elle est constituée de John Newland et de trois autres acteurs : Margaret Hayes, Elizabeth Montgomery et Vaughn Taylor[18].

Le 5 février 1953, Robert Montgomery Presents reçoit le Primetime Emmy Award de la meilleure série dramatique.

1954-1956 : Passage à la réalisation

En , John Newland débute comme réalisateur en dirigeant deux épisodes de American Inventory - une série à vocation pédagogique portant « sur des gens qui, avec leurs moyens modestes, ont contribué à l'amélioration de la société américaine : médecins, avocats, professeurs... »[19]. Mais c'est à partir de 1955, dans le cadre de Robert Montgomery Presents, qu'il est vraiment reconnu comme réalisateur. Pendant trois ans, il dirige dix-huit dramatiques pour l'émission (parmi lesquelles deux adaptations de nouvelles de Robert M. Coates : In a Foreign City et The Man Who Vanished). Durant cette période, Newland continue d'apparaître comme acteur dans les films de la série, mais plus rarement qu'entre 1952 et 1954.

L'une de ses réalisations, The Long Way Home, est adaptée d'un article publié dans le magazine Life : le témoignage d'un publicitaire, Burton J. Rowles, qui a été victime d'une crise cardiaque dans un train de banlieue alors qu'il revenait du travail[20]. Le scénario en est écrit par Rowles lui-même, ainsi que par le journaliste de Life qui a recueilli son témoignage : Robert Wallace[21]. Dès sa diffusion en , la dramatique est très bien accueillie. Le critique anonyme du magazine Broadcasting-Telecasting fait l'éloge des acteurs mais aussi, bien qu'il ne le nomme pas, du réalisateur : par son « utilisation habile des ombres, du split screen et du décor spartiate de l'hôpital », ce dernier a su mettre en valeur le jeu « chaleureux » de John Beal et faire le portrait, simple mais angoissant, d'un homme qui frôle la mort[22]. C'est, ajoute le critique, « ce que la télévision peut faire de mieux en matière de documentaire »[22]. The Long Way Home reçoit en le prix Sylvania pour le meilleur "programme télévisé d'intérêt humain"[23].

Le succès de cette dramatique permet à Newland d'en tourner une version pour le cinéma, produite par la société indépendante qui produit la série télévisée Inner Sanctum, Galahad Productions[24]. Le tournage commence en [25]. John Beal et Rosemary Murphy, l'actrice qui interprétait l'infirmière dans la dramatique, reprennent leur rôle. Le film sort en sous le titre That Night! et est également très bien accueilli. Selon Bosley Crowther, le critique du New York Times, « ce n'est pas un film particulièrement réjouissant. C'est même sacrément triste. Cela nous pousse à réfléchir, à respirer profondément et à sortir lentement de la salle à la fin de la séance. Mais c'est constamment captivant, passionnant. »[26] D'autres critiques font l'éloge des séquences tournées en extérieur, à New York[25]. Distribué en Argentine, en Afrique du Sud, en Italie, au Royaume-Uni[27] et en France (mais uniquement en province, sous les titres Nuit d'angoisse et Mariage en détresse[28]), That Night! est nommé pour le BAFTA du meilleur film non britannique en 1958, et Augusta Dabney pour le BAFTA de la meilleure actrice étrangère. Son interprétation de l'épouse du héros (une femme « sotte mais bien intentionnée »[26]) avait également été remarquée par Bosley Crowther.

Fin , Galahad Productions met en chantier un second long métrage de Newland : The Violators[29]. Il sort en , sans rencontrer le même succès critique. Il est distribué en Argentine, en Afrique du Sud, et en France[30] (mais uniquement en province, sous le titre Ils ont violé la loi[31]). That Night!, dira plus tard Newland, « aurait dû changer ma carrière. Mais même pour les bonnes critiques, il s'agissait d'un "petit film". Et à cette époque, aucun grand distributeur ne s'occupait des films d'art et essai (art films). C'est pour cela que The Violators, qui était encore plus réussi, n'a pas non plus eu d'incidence sur ma vie professionnelle. »[6] Dans la seconde moitié des années 1950, Newland est donc bien devenu un réalisateur, mais il restera un réalisateur de télévision.

1956-1983 à Hollywood : des dramatiques aux téléfilms

1956-1958 : Collaboration avec Loretta Young

Au début de l'année 1956, John Newland joue dans deux épisodes de la troisième saison de The Loretta Young Show, et au printemps Loretta Young l'engage pour la quatrième saison[32]. Il participera à l'émission à la fois comme acteur et comme réalisateur jusqu'à la huitième saison. « John, écrira la fille de l'actrice, était sans aucun doute le partenaire de jeu préféré de ma mère »[33].

The Loretta Young Show est une série d'anthologie différente de celles auxquelles Newland a participé jusqu'à présent : les programmes de l'émission ne sont pas filmés à New York mais à Hollywood[34] et ne sont pas diffusés en direct[35], ils sont conçus et travaillés comme des films de cinéma et non comme des pièces de théâtre. Loretta Young n'est pas la première vedette hollywoodienne qui fasse de la télévision à la manière dont on fait du cinéma. Depuis 1951, Lucille Ball joue dans I Love Lucy, une sitcom qu'elle produit et qui est travaillée comme peut l'être un film de cinéma. Mais tandis qu'elle interprète le personnage de Lucy à chaque épisode, Loretta Young, dans son émission, interprète un nouveau personnage chaque semaine, dans un registre plus ou moins différent. En 1954, écrit Bernard F. Dick, un biographe de l'actrice, « je m'intéressais uniquement à la télévision en direct. J'adorais Studio One, Robert Montgomery Presents, des émissions qui apportaient le théâtre dans notre salon. J'adorais même les répliques oubliées, les acteurs qui bafouillent ou les micros dans le champ - tous les aléas du direct qui renforcent l'impression d'immédiateté. La télévision filmée [...] c'était le cinéma, mais la télévision en direct c'était le théâtre. Ma mère regardait I Love Lucy et The Loretta Young Show. Pas moi. [...] [Jusqu'au moment où] je me suis décidé à en regarder un épisode avec elle. »[36]

Les deux interprètes principaux de la série Monsieur et Madame détective :Phyllis Kirk dans le rôle de Nora Charles et Peter Lawford dans celui de Nick. John Newland a réalisé en 1958 cinq épisodes de la deuxième saison de la série. Il avait joué avec Phyllis Kirk dans deux dramatiques de Robert Montgomery Presents : Richard Said No (1954) et The Great Gatsby (1955). Photo promotionnelle, 1957.

Bien que les films de The Loretta Young Show soient réalisés d'une manière plus sophistiquée que ceux de Robert Montgomery Presents, l'actrice n'hésite pas à confier la réalisation de vingt-six d'entre eux à Newland. Ce dernier n'apparaissait pas comme acteur dans les programmes qu'il réalisait pour Robert Montgomery. Mais dans sept des programmes qu'il réalise pour Loretta Young, il joue le rôle masculin principal. D'où la gratitude que Newland éprouvera pour l'actrice[33] : c'est grâce à elle s'il est devenu, pour les téléspectateurs, un acteur vedette du petit écran et, pour les producteurs hollywoodiens de fiction télévisée, un réalisateur fiable. S'il continue de participer à The Loretta Young Show, comme réalisateur jusqu'en 1959 et comme acteur jusqu'en 1960, il se voit confier, à partir de 1958, la réalisation d'épisodes d'autres séries produites à Hollywood (la sitcom Bachelor Father et Monsieur et Madame détective, une série policière reprenant un couple de personnages créé par Dashiell Hammett : Nick et Nora Charles)[37]. C'est à cette époque qu'il s'installe à Los Angeles[7] et cesse définitivement de participer aux dramatiques produites à New York.

1959-1962 : Séries fantastiques ou horrifiques

One Step Beyond

En 1959, John Newland s'associe avec les scénaristes et producteurs Merwin Gerard et Collier Young, ainsi qu'avec le scénariste Larry Marcus dans le but de créer une nouvelle série télévisée[38]. Newland a déjà collaboré avec Gerard en réalisant Aftermath, une dramatique écrite par ce dernier pour Robert Montgomery Presents[39]. De leur côté, Young et Marcus ont collaboré notamment sur des épisodes de la série On Trial (écrits par Marcus, produits par Young), ainsi qu'au scénario d'un film de cinéma, Bigamie d'Ida Lupino[40] (Young, qui fut un temps l'époux de l'actrice, a produit les six films qu'elle a réalisés entre 1949 et 1953 et a contribué à l'écriture de quatre d'entre eux : Faire face, Outrage, Le Voyage de la peur et Bigamie).

Gerard a l'idée de faire une série d'anthologie qui se focaliserait sur la parapsychologie[41]. Newland, Young et Marcus acceptent sa proposition pour deux raisons. D'abord, c'est un sujet rarement abordé à la télévision. Et, surtout, c'est un sujet qu'on peut traiter d'une manière réaliste, en s'appuyant sur des cas documentés comme ceux qui sont recueillis dans les archives de l'American Society for Psychical Research[41]. Une fois le sujet choisi, il faut encore trouver un sponsor et un réseau de stations de télévision qui acceptent de financer puis de diffuser la série. Or le sujet, évoquant « tout un monde d'idées inhabituelles, voire terrifiantes »[41], risque de rebuter les sponsors. Pour prévenir le risque, ils décident d'associer la série à un visage familier, « amical et accueillant »[41] : le visage de John Newland. Newland devra donc non seulement réaliser chaque épisode, mais aussi le présenter : « Bien que l'un des objectifs de la nouvelle série soit indiscutablement de donner la chair de poule au spectateur, il faut que la terreur suscitée reste tolérable, et Newland, avec sa physionomie à la fois souriante et sérieuse, peut introduire ce sentiment d'horreur et le rendre acceptable auprès des téléspectateurs. »[41] L'équipe produit The Bride Possessed, un pilote présenté et réalisé par Newland, éclairé par Russell Metty, et accompagné d'une musique d'Harry Lubin (le compositeur du thème de The Loretta Young Show). Le pilote convainc un sponsor : Alcoa, une entreprise spécialisée dans la production d'aluminium. Et la présence du sponsor permet de convaincre un réseau : ABC. Lors de sa première diffusion, la série est titrée Alcoa Presents[42].

Filmographie

Références

Liens externes

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