John Tawell
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| John Tawell | |
John Tawell | |
| Titre | Affaire John Tawell |
|---|---|
| Fait reproché | Homicide (Féminicide) |
| Chefs d'accusation | Assassinat |
| Pays | |
| Ville | Slough |
| Nature de l'arme | Poison |
| Date | 1er janvier 1845 |
| Nombre de victimes | 1 (Sarah Hart) |
| Jugement | |
| Statut | condamnation à mort |
| Tribunal | Cour de la Couronne |
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John Tawell (né vers 1784 et mort le ) est un meurtrier britannique, reconnu comme l'assassin de Sarah Hart, sa maîtresse, qu'il empoisonna le en utilisant de l'acide prussique, acheté le jour même.
Selon de nombreuses sources, il fut première personne à être arrêtée grâce à la technologie des télécommunications. Son arrestation est restée dans les annales judiciaires en raison des circonstances, notamment avec l'installation du télégraphe électrique dont l'usage permit aux enquêteurs de transmettre son signalement et permettre rapidement son arrestation.
John Tawell est né dans le comté de Norfolk (Royaume-Uni) vers 1784. Son père, Thomas exerçait la profession de commerçant.
John commença à travailler en 1798 dans une épicerie à Pakefield qui appartenait à une veuve membre des Quakers ». Celle-ci encouragea John à adhérer à cette communauté et c'est probablement par opportunisme que ce jeune homme accepta de fréquenter ces réunions, car de nombreux Quakers prospéraient dans les affaires à cette époque.
En 1804, John s'installa à Londres où il trouva un emploi dans une draperie appartenant à un quaker nommé Jansen. Cet employeur découvrit ensuite que John avait une liaison avec sa femme de chambre, prénommé Mary, qui se retrouva enceinte. M. Jansen les congédia tous deux, mais John ayant pris la décision d'épouser Mary, il fut autorisé à réintégrer son travail et la communauté religieuse. Le couple eut ensuite deux fils et John trouva un nouvel emploi dans une pharmacie, un emploi toujours en rapport avec la communauté quaker.
En 1814, Tawell fut arrêté alors qu'il tentait d'écouler un billet de dix livres sterling tiré sur la banque Smith (en). La contrefaçon était un crime capital, comme c'était le cas pour de nombreux délits à l'époque. John put cependant échapper à cette sentence car la banque Smith était gérée par des quakers lesquels s'opposaient fermement et ouvertement à la peine de mort pour des raisons religieuses. Grâce à leurs témoignages et l'influence de cette banque la peine de John fut commuée en déportation par le tribunal. Il fut déporté en Australie comme bagnard. Il passa les premières années à travailler sur des navires charbonniers avant que son expérience en pharmacie ne lui permette d'être muté dans un hôpital.
En 1819, il put demander une grâce conditionnelle pour bonne conduite. Cela fit de lui un homme libre, à l'exception de l'interdiction de retourner en Angleterre avant la fin de sa peine. Une grâce définitive et complète lui fut accordée en 1820. Il se lança dans le commerce de médicaments et put, en 1823, faire venir Mary et ses deux fils en Australie. Puis, en 1829, il prit la décision de retourner en Angleterre[1].
Arrestation et procès
Revenu dans son pays natal, John Tawell dut faire face aux décès de ses deux enfants, en 1833 et en 1838, puis de son épouse Mary qui, malgré l'appui d'une soignante dénommée Sarah Hart, mourut la même année.
Trois ans plus tard, Tawell rencontra et épousa une veuve quaker, Misses Cutforth puis installa Sarah Hart, potentiellement source de problèmes, dans un cottage à Salt Hill, près de Slough. Celle-ci, devenue entre-temps sa maitresse, se révélait au fil du temps plutôt encombrante. Il prit une décision lourde de conséquence qui fera l'objet de nombreux articles dans la presse anglaise de l'époque et toujours relatée sur le site web de la police des transports britanniques[2].
Le crime
Le , John Tawell acheta 7 ml d'acide cyanhydrique sensé soigner les varices. Il prit le train pour la ville de Slough et alla rendre visite à Sarah.
Durant sa visite, John Tawell réussit à distraire sa maitresse suffisamment longtemps pour verser l'acide dans sa bière. Peu après, sa voisine, Madame Ashley, entendit de forts gémissements à travers le mur mitoyen. Mme Ashley vit ensuite Tawell quitter la maison et alla voir si Sarah Hart allait bien. Elle la trouva se tordant de douleur sur le sol, la bouche écumante. La voisine donna dès lors l'alerte, mais la jeune femme mourut avant l'arrivée du médecin. Tawell prit la fuite en direction de la gare de Slough (en), ouverte en 1838 afin de prendre le train de 19 h 42 pour Londres.
La poursuite


Le révérend E.T. Champnes, prévenu par la voisine, Mme Ashley, parvint à prévenir très rapidement la police en donnant un signalement détaillé de Tawell. Il précisa également que celui-ci avait regagné la gare afin d'y prendre un train. Le révérend prévint le chef de gare qui fit envoyer le message suivant à Paddington par le télégraphe électrique installé récemment[3] :
« A murder has just been committed at Salt Hill and the suspected murderer was seen to take a first class ticket to London by the train that left Slough at 7.42pm. He is in the garb of a Kwaker [sic] with a brown great coat on which reaches his feet. He is in the last compartment of the second first-class carriage. »
« Un meurtre vient d'être commis à Salt Hill et le suspect a été vu prenant un billet de première classe pour Londres à bord du train quittant Slough à 19h42. Il est vêtu comme un Quaker, avec un long manteau marron qui lui descend jusqu'aux pieds. Il se trouve dans le dernier compartiment du deuxième wagon de première classe. »
Le message fut transmis correctement à la gare de Paddington et remis au sergent de service William Williams qui réussit à repérer le suspect à la descente du train. Après avoir suivi Tawell dans différents lieux, Williams rendit visite à l'inspecteur Wiggins de la police métropolitaine, au commissariat de Paddington Green et ils purent dès le lendemain retrouver Tawell dans le café Jérusalem et procéder à son arrestation.
Le procès

Le procès s'ouvrit le au tribunal Aylesbury Crown Court (en) dans le comté d'Aylesbury, sous la présidence du juge Baron Parke. Le tribunal apprit que l'autopsie avait révélé que la cause du décès de Sarah Hart était un empoisonnement à l'acide cyanhydrique.
C'est l'avocat et homme politique britannique Fitzroy Kelly (1796 - 1880) qui assurera la défense de John Tawell et tenta de prouver que cet empoisonnement était lié à l'ingestion de pépins de pommes qui contiennent naturellement l'acide cyanhydrique mais l'argument ne convainquit pas les juges et le jury, qui déclarèrent Tawell coupable. Pour la deuxième fois de sa vie, l'homme fut condamné à mort. Il fit des aveux complets à un prêtre avant d'être pendu vendredi à 8 heures du matin[4].