John Turtle Wood
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Cet article est une ébauche concernant un architecte britannique.
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Rossall School (en) |
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John Turtle Wood (–) est un architecte, ingénieur et archéologue anglais né à Hackney, découvreur du temple d'Artémis à Éphèse.
Formation
Il est le fils de John Wood originaire du Shropshire et d'Elizabeth Turtle, son épouse. Il fait ses études à Rossall School à Fleetwood, puis étudie l'architecture avec des précepteurs à Cambridge et Venise. Il exerce son métier d'architecte à Londres de 1853, l'année où il épouse sa cousine Henrietta Elizabeth Wood, à 1858.
Le temple d'Artémis à Éphèse
En 1858, Wood reçoit une commande pour la construction des gares du chemin de fer de Smyrne à Aydın en Turquie. Là, il se passionne pour le temple d'Artémis à Éphèse qui avait disparu depuis cinq siècles. Il n'a aucune qualification spécifique, à part son enthousiasme. En 1863, il obtient que l'ambassadeur britannique à Constantinople négocie un firman l'autorisant à entreprendre des fouilles, mais aussi à exporter toutes les antiquités qu'il trouverait[1]. En Turquie depuis 1858, Wood n'a pas lu le livre de Falkener, mais il a émis une hypothèse assez semblable : réussir à identifier un monument pour conjecturer ensuite la position du temple. Il considère aussi, en tant qu'architecte, que Chersiphron avait dû choisir un plateau peu élevé, comme celui se trouvant à l'ouest de la ville pour y installer son bâtiment[2]. Au printemps 1863, il engage cinq ouvriers qui venaient d'être licenciés de son chantier de chemin de fer pour vérifier ses hypothèses. Il continue cependant à résider à Smyrne plutôt que sur place. Aussi, il devait faire le trajet aller-retour tous les jours. Il a une heure et demie de marche entre son logement et la gare puis trois heures et demie de train pour couvrir les quatre-vingts kilomètres de Smyrne à Ayasoluk. Il creuse avec ses hommes pendant cinq à six heures, les plus chaudes de la journée, avant d'entamer le voyage du retour. En juin, ses ouvriers refusent de poursuivre les fouilles pendant l'été. Il ne réussit à les convaincre. Le travail reprend en septembre. Il avait alors loué un appartement à Ayasoluk, dans un tel état de délabrement qu'il n'a pas à payer de loyer. Il explore les abords du Grand Gymnase, que sa source principale Richard Chandler considère comme le temple. Il creuse aussi au niveau du port antique. Il semble qu'il ait creusé un peu au hasard. Il met seulement quelques inscriptions au jour[3]. Il a ainsi creusé à ses frais soixante-quinze trous assez profonds sur le plateau au sud-ouest d'Ayasoluk[1].
Au début de 1864, il se tourne vers le British Museum à qui il écrit pour demander £100 de financement[1]. Sa lettre reçoit un accueil favorable : Charles Newton, conservateur du Département des Antiquités grecques et romaines au British Museum, avait découvert le mausolée d'Halicarnasse dans des conditions un peu similaires alors qu'il était Vice-Consul de Grande-Bretagne à Lesbos. Il ne voit donc pas d'un mauvais œil cette démarche. De plus, qu'un agent du British Museum découvre une seconde Merveille du Monde n'est pas pour déplaire à ses directeurs[3]. Wood obtient son financement. Comme le travail a repris sur la voie ferrée, il retourne à Smyrne et ne pouvait se rendre sur le chantier tous les jours. Il engage un contremaître qui supervise une quarantaine d'ouvriers. Ils dégagent l'odéon sous plus de dix mètres de terre. De très nombreuses inscriptions sont mises au jour. Cependant, cela ne convient pas à Wood qui ne désire que le temple. Il passe ses soirées avec son épouse à reconstituer les puzzles des inscriptions, espérant y découvrir des indices. Il commence à devenir célèbre et les voyageurs inscrivent son chantier de fouilles parmi les étapes de leur périple. Il est même victime d'un tentative d'assassinat[4].
De 1866 à 1868, grâce à une nouvelle avance du British Museum, Wood fait fouiller la zone du théâtre. En 1868, ses découvertes sont embarquées sur le H.M.S Terrible. L'investissement du musée porte ses fruits. Cependant, les difficultés commencent à s'accumuler. À cause de la malaria, endémique dans les marais autour du site, la santé de Wood se détériore. Il retourne en Angleterre à l'été 1867. Il a des problèmes pour recruter depuis qu'un de ses ouvriers a été assassiné et tous les autres arrêtés le temps de l'enquête qui n'aboutit pas. Il est victime de nouvelles tentatives d'assassinat. Les brigands s'en prirent à son chantier. Il tombe dans un de ses trous. Les paysans locaux protestent contre ces mêmes trous qui rendent leurs terres impropres à la culture et ils demandent une augmentation des compensations financières. La demande la plus élevée est de £50 que Wood réussit à ramener à £3. Enfin, ses estampages d'inscriptions sont attaqués par des souris[4].
La campagne de 1867 sur le théâtre a cependant mis au jour une inscription concernant les statuettes d'or et d'argent données au temple par le riche Romain C. Vibius Salutaris. Elle décrit les statuettes et leur itinéraire depuis la ville jusqu'au temple par la Porte de Magnésie. Utiliser cette porte pour retrouver le temple avait été l'idée de Falkener. Toute la saison 1868 est consacrée au dégagement de la route. Après une quarantaine de mètres, il parvient à un embranchement. Wood continue à dégager les deux branches vers Magnésie et vers Ayasoluk. Là, au bout de 150 mètres, il découvre la stoa, que Philostrate d'Athènes disait mesurer 1 stade (600 pieds). Fin mai, à court d'argent, il suspend le chantier et retourne en Angleterre[5].
Le British Museum lui renouvelle sa confiance et son financement. La campagne 1869 progresse de près d'un kilomètre en direction d'Ayasoluk. Des tombes sont mises au jour. Au pied de la colline d'Ayasoluk, une route large de quinze mètres et bordée de sarcophages de marbre blanc est dégagée. Les fouilles doivent s'interrompre car les paysans refusent que leurs champs d'orge, presque mûrs, soient touchés. Wood décide de s'attaquer à une oliveraie, mais son firman est arrivé à expiration. Il fait un rapide aller-retour à Constantinople et réussit à le renouveler. Lorsque ses ouvriers creusent entre les oliviers, ils dégagent un épais mur de pierres très massives. Mais, ils refusent de creuser plus avant sans être payés et les fonds de Wood sont épuisés. Il obtient une rallonge du British Museum qui précise que ce serait la dernière si le temple n'était pas découvert[5]. Le mur peut être dégagé. Deux inscriptions sont révélées. Elles désignent le mur comme étant celui qu'Auguste a fait construire autour du temple. Le British Museum lui accorde alors les fonds pour acheter l'intégralité du terrain[6].
Le il met le temple au jour, sous six mètres de sable et surtout sous la nappe phréatique qui est remontée depuis l'Antiquité. L'année suivante, plus de 100 m3 sont enlevés (le tas de gravats pose problème en 1904 lors d'une nouvelle campagne de fouilles). Une mosaïque, six fûts de colonne, un chapiteau et une base sont dégagés. En , lors de la nouvelle campagne de fouilles, il faut d'abord assécher le chantier inondé. Au bout de dix jours, une partie de la frise des Amazones est dégagée. Le fragment pèse onze tonnes. La route cède sous le poids lors de son départ pour Londres[6].
De 1872 à 1874, plus de 3 700 mètres cubes de terre avaient été enlevés pour plus de £6 000 avec pour résultat plus de 60 tonnes de sculptures transportées d'Asie mineure à Londres[7].
Fin de carrière
En 1874, Wood est en très mauvaise santé. Il quitte donc le site et rentre à Londres où il donne quelques conférences et publie ses Discoveries at Ephesus. Il fait aussi quelques tableaux exposés à la Royal Academy.
En 1874, il est élu membre du Royal Institute of British Architects, et en 1875 membre de la Society of Antiquaries. Le gouvernement britannique lui accorde une pension de £200 pour les services qu'il a rendu avec ses découvertes.
Notes et références
Annexes
Bibliographie
- Wood J.Turtle (1890) Modern discoveries on the site of ancient Ephesus, London Religious Tract Society
- Wood, John Turtle (1877) Discoveries at Ephesus: including the site and remains of the great temple of Diana Londres, Longmans.
- (en) Richard Stoneman, Land of Lost Gods. The Search for Classical Greece, Hutchinson, Londres, 1987. (ISBN 0-09-167140-X)
- (en) « Obituary : Mr. J. T. Wood », dans The Builder, , p. 267 (lire en ligne)