Joost de Blank
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Joost de Blank, né le à Rotterdam et mort le à Westminster[1], est un prélat anglican britannique d’origine néerlandaise. Il occupe le siège archiépiscopal du Cap, en Afrique du Sud, de 1957 à 1963[2]. Sa vigoureuse et constante opposition aux politiques ségrégationnistes du gouvernement sud-africain, notamment au système institutionnel de l’apartheid, lui vaut dans la presse et l’opinion publique contemporaines le surnom de « fléau de l’apartheid »[3].
Angleterre
Joost de Blank naît le à Rotterdam, aux Pays-Bas. Il acquiert la nationalité britannique durant son enfance, en 1921[1]. Il effectue sa scolarité secondaire à la Merchant Taylors’ School, puis entreprend des études supérieures au King’s College de l’université de Londres. Il poursuit sa formation académique au Queens’ College de l’université de Cambridge.
Après avoir accompli son cursus de théologie au Ridley Hall de l’Université de Cambridge, accède à la prêtrise en 1932[4]. Il inaugure son ministère pastoral en occupant la fonction de vicaire dans la paroisse de Bath. Par la suite, il exerce ses charges ecclésiastiques successivement à Forest Gate, dans le diocèse de Londres, puis à Greenhill, au sein de la municipalité de Harrow. Durant la Seconde Guerre mondiale, il sert en qualité d’aumônier militaire[1].
En 1952, Joost de Blank se voit confier la charge épiscopale de Stepney, au sein du diocèse de Londres[1], qu’il occupe jusqu’à sa translation vers Le Cap. Durant son ministère à Stepney, l’évêque se rend auprès de Ruth Ellis, incarcérée et condamnée à la peine capitale pour le meurtre de David Blakeley. À la veille de son exécution par pendaison, en 1955, elle lui fait cette déclaration : « Il est clair pour moi que je n'étais pas celle qui lui a tiré dessus. Quand je me suis vue avec le revolver, j'ai su que j'étais quelqu'un d'autre. » Ces propos sont ultérieurement publiés par l’édition vespérale du quotidien londonien The Star, qui en assure la diffusion publique.
Afrique du Sud
Il accède au siège archépiscopal du Cap en 1957, succédant à Geoffrey Clayton. Dès son intronisation, il adopte une position doctrinale ferme en refusant de prononcer tout homélie dans les lieux de culte appliquant une ségrégation raciale. Son opposition se cristallise notamment contre l’article 29 du projet de loi d’amendement sur les populations autochtones, disposition législative qui octroyait aux autorités civiles le pouvoir d’exclure les personnes non-blanches des églises de la province anglicane.
En 1960, Joost de Blank somme l’Église réformée néerlandaise d’Afrique du Sud (NGK) de désavouer officiellement l’apartheid. Simultanément, il exprime sa réprobation lors des commémorations du jubilé sud-africain, alléguant que la conjoncture commande l’opprobre plutôt que la célébration. En 1963, l’altération de sa santé consécutive à un accident vasculaire cérébral lui enjoint de résigner sa charge au Cap pour regagner le Royaume-Uni. Pourvu d'une canonie à l’abbaye de Westminster[1], il y exerce ses fonctions jusqu'à son décès, survenu le . Ses restes reposent désormais au sein de la nécropole de l’abbaye[5].